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Bijlage XIII.
De Prinses over de Republiek en Engeland, December 1783. (Public Record Office, Londen).

[The inclosed Paper will describe her political sentiments better than anything I can say, though it does not quite apply to the present Situation of the Republic; it was drawn up by herself in December 1783 and has never been
[p. 410]
seen by anybody but by the Person to whom she gave it, and who gave it to me. - Harris aan Lord Carmarthen, 17 December 1784].

.... Le langage de l'Angleterre et de ses amis zelés, qui confond sans cesse le parti du Stadhouder avec celui de l'Angleterre, et les réunit comme n'ayant qu'un seul et même intérêt, doit révolter toute Nation tant soit peu jalouse de sa Liberté et de son Indépendance, il heurte de front le parti actuellement prépondérant, et a peut-être éloigné du Prince bien des amis de la Constitution, mais sages et modérés, qui reconnoissent les avantages d'un Gouvernement Stadhouderien, mais que ne veulent pas que ce soit un lien qui les rende dependant d'une Puissance étrangère, et qui ne veulent être ni paroître les Esclaves de l'Angleterre. Ainsi à moins que l'Angleterre ne veuille accélerer la ruine du Prince et de sa maison, ils ne doivent pour le présent témoigner aucun Intérêt aux affaires du Prince, mais paroître indifférent à tout ce qui le regarde, et en général à tout ce qui concerne les affaires intérieures de la République.

On ne peut trop insister sur la nécessité d'une pareille conduite et sur l'impossibilité où le Prince se trouve de rendre le moindre service à l'Angleterre dans les circonstances actuelles; mais ce qu'on doit observer en même temps, c'est que d'un côté la situation locale des deux Païs, les intérêts de leur Commerce, quelque Rapport dans le Gouvernement et de l'autre côté le système de la Cour de France qui nous cajole tant qu'Elle a besoin de nous, mais qui ne suit pas des principes qui à la longue peuvent gagner de la confiance et de l'estime, nous raprocheront insensiblement de l'Angleterre, et moins l'Angleterre voudra forcer la chose, plus tôt elle aura lieu. Elle le devra au Tems, aux Fautes de la France, et à la sagesse de sa propre conduite. Ne vouloir avancer que pas à pas est le plus sûr moyen pour remettre en équilibre la balance, qui maintenant penche si considérablement du côté de la France; et il est permis à tout bon patriote d'y contribuer....

Un point très essentiel seroit d'envoïer ici au plus tôt possible un ambassadeur. Et il seroit bon que pour en imposer au peuple, et à un certain ordre de personnes, il pût effacer par sa Magnificence celle de l'ambassadeur de France; et comme il faut sans doute commencer par regagner l'estime quand on l'a perdue avant de prétendre à de la confiance et à de l'amitié, un homme doux et liant, dont le personel se feroit aimer, rameneroit insensiblement les Esprits, surtout si son langage avoit une certaine Dignité; l'exemple de M. de la Vauguion et de M. de York suffit il me semble, pour prouver cette assertion et que la hauteur ne vaut rien ici. Cependant je voudrois aussi peu que cet Ambassadeur fut bas et rampant, comme M. de la Vauguion l'a été vis à vis des Patriotes. Il y a un milieu à observer.

Il importeroit présentement à connoitre au juste les vraies Relations de l'Angleterre avec les autres Puissances. Seroit-il impossible d'engager l'Angleterre, après la Paix, d'interposer ses bons offices auprès de l'Empereur afin de mettre des bornes aux vastes desseins qu'il semble manifester;

[p. 411]

et si l'on y voioit jour, l'Angleterre devroit faire cela sans exiger que nous contractions quelque Traité avec Elle et l'Empereur, par ce que, à cette condition, le parti prépondérant préfereroit plutôt de tout abandonner à l'Empereur; et le Prince ne peut absolument y paroitre le moins du monde. - Ceci n'est qu'une idée vague qu'il faudroit mûrir auparavant si l'on vouloit en faire usage.

Il seroit aussi très essentiel de savoir, comment l'Angleterre est avec la Prusse: s'il y a quelque apparence d'un Raprochement entre les deux Puissances....

Que l'Angleterre se montre toujours juste et équitable envers la République; - qu'Elle n'exige rien de contraire aux Intérêts de cette dernière, et le Prince ne craindra pas de se montrer son ami s'il regagne son crédit: maintenant il ne peut rien, et depuis la guerre il est impossible qu'il se montre le partisan de l'Anglettere, qui ne peut ni ne doit l'exiger. Du reste l'Angleterre ne doit jamais oublier, à l'égard du Stadhouder, que son Devoir doit lui être plus cher que toute autre considération, et ne jamais rien exiger qui l'écarte le moins du monde de ce que l'Honneur et le Devoir lui prescrit, ce qui le forceroit à se jetter entre les bras de la France.

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