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Bijlagen bij hoofdstuk III.

1. - Hertzberg aan Frederik de Groote1).

Potsdam, 9 aout 1784.

Sire!

Je crois devoir très humblement rapporter à Votre Majesté que le prétendu Major Helldorff, qui est venu avec Grothausen de la Hollande, mais duquel celui-ci paroit ensuite s'être séparé par méfiance ou légèreté, m'a fait tant à Berlin qu'ici par écrit des ouvertures sur lesquelles je me suis bien gardé de m'expliquer avec lui comme avec un homme sans aveu, mais qui peuvent pourtant servir à découvrir les sentiments et lés vuës des Aristocrates Hollandois. Il m'a donc dit:

1o.que les prétendus Patriotes Hollandois, les Sieurs van Berkel et Gijzelaar, souhaitoient seulement de savoir si Votre Majesté ne protegeroit pas le Duc Louis; que dans ce cas, ils n'agiroient aucunement contre le Prince d'Orange.
2o.qu'ils souhaitoient plutôt eux-mêmes, que Votre Majesté envoyat en Hollande une personne de confiance, qui puisse non seulement faire entendre raison au Prince d'Orange et lui former un Conseil et un Systeme, mais rétablir aussi l'union et la confiance entre le Prince et les Etats. Il semble que cette idée pourroit être bonne, si la République demandoit elle-même à Votre Majesté une pareille mission, ce qui feroit disparoitre l'ombrage, que sans cela l'Empereur et d'autres Puissances de l'Europe pourroient en concevoir.
3o.qu'ils souhaitoient de savoir, si Votre Majesté approuveroit que la République tachat de prendre à leur solde 10 à 12 mille hommes de Hesse et de Bronsvic, pour se mettre en état de défense contre l'Empereur, et que la concorde étant une fois rétablie dans la République, le parti dominant ne désiroit rien davantage que de s'allier avec Votre Majesté et la France.

J'ai simplement répondu au Sieur Helldorff, qu'on ne pouvoit pas s'ex-

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pliquer sur des objets de cette importance avec une personne non authorisée comme lui, et que Messieurs les Hollandois n'avoient qu'à s'adresser au Ministre de Votre Majesté à la Haye.

Il me semble que ces frondeurs Hollandois ont peur de Votre Majesté et qu'ils n'ont envoyé ces émissaires que comme des Enfans perdus, pour aprofondir Ses veritables dispositions; qu'ils se sont pourtant plus ouvert à Helldorff qu'à Grothaus qui veut faire le Negociateur neutre et qui ne me tient que des propos vagues.

S'il m'est permis de dire mon foible sentiment, ou ne peut mieux faire que de les laisser dans l'incertitude et de les renvoyer au Sieur de Thulemeier, pour qu'ils soyent obligés de s'ouvrir d'une manière plus claire et plus sûre.

J'espère que Votre Majesté approuvera que je Lui fasse ce rapport, pour ne Lui laisser rien ignorer de ce qui me revient sur cette matière.

Antwoord van den Koning.

- Heldorf est un Drole chassé de l'armée pour sa mauvaise conduite au quel on ne peut ajouter foy. Si les Hollandois veulent savoir mes sentimens, qu'ils s'adressent au ministre que j'ai à la Haye. Non certainement je ne soutiendrai pas le Duc Louis, mais je ne déclarerai rien aux Hollandois qui ont si étrangement abusé des bons conseils que je leur ai donnés.

federic.

2. - De Prinses aan Frederik de Groote, 14 October 17841).

.... Le Rhingrave de Salm a eu le talent de gagner la confiance de plusieurs des principaux chefs de la Cabale de Hollande, quoi qu'il soit très bien intentionné pour les intérêts du Prince et de Sa Maison; les pensionnaires des villes, bons jurisconsultes, et ayant une connoissance parfaite de la constitution du Gonvernement, ne sont nullement de grands hommes ni de profonds politiques, encore moins possèdent-ils les connoissances nécessaires pour régler la partie militaire; favorisés par les circonstances et dirigés par la France, ils ont acquis une prépondérance à laquelle eux-mêmes ne pouvoient s'attendre dans le commencement; tous les mécontents du gouvernement établi se sont joints à eux....

Schets van de verlegenheid waarin de driemannen verkeeren, omdat zij tegen den Keizer de dreigende taal niet voeren durven die zij gebruikt hebben zoolang het Engeland gold. Zij moeten nu óf de natie, óf Frankrijk ontzien.

Ils donnent jusqu'à présent la préférence à la Nation, en osant tenir tête au chargé d'affaires de France; toutes les delibérations au sujet de l'Empereur se traitent jusqu' ici avec un accord, une union dont ou n'avoit plus l'idée. Dans de telles circonstances M. de Salm a fait connoissance avec les Pensionnaires des Villes de Hollande, et a été recherché par eux pour négocier des troupes auxiliaires; le Prince a approuvé cette idée; il a desiré que M. de Salm continuât à traiter avec ces Messieurs,

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et il a rendu compte au Prince des progrès qu'il faisoit peu à peu sur leur esprit; il étoit le seul ici, auquel on put penser pour une telle négociation, tant vis à vis de la Cabale, qu'en Allemagne. M. de Salm est depuis longtems au service de l'Etat, et se trouve maintenant colonel propriétaire d'un Regiment dont le Prince vient de le gratifier; il est bien vu de beaucoup de nos Régens, mais sa qualité d'étranger et l'ensemble de sa position ne permettoit pas qu'il fut mêlé dans les affaires; il ne paroissoit d'aucun parti, et quoique le Prince en fit un certain cas, il n'étoit cependant pas admis à aucune intimité avec lui. Toutes ces circonstances si favorables pour le Rhingrave étoient encore fortifiées par les sujets de plaintes personnels qu'il a de l'Empereur, et les désagrémens réels que les procédes du Duc Louis lui ont fait essuyer. M. de Salm est entre en plein dans les idées du Prince et il a eu en même tems l'art de ménager ces esprits soupçonneux et les a amenés à désirer eux-mêmes l'augmentation de l'armée, à proposer au Prince la levée des auxiliaires, et à s'en reposer sur lui sur la manière de les négocier; c'est de concert avec la Cabale que le Prince a proposé à la besoigne secrette des Etats-Généraux d'envoyer sous main des personnes de confiance en Allemagne pour négocier des trouppes; le Prince en a d'abord reçu l'autorisation et c'est en conséquence de cela que le Rhingrave de Salm se rendra incessamment auprès de Votre Majesté; si Elle daigne le recevoir avec un peu de bonté et lui faire donner quelque direction par raport à sa commission, j'ose L'assurer que cela fera le plus grand effet pour nos intérêts dans ce païs.

Qu'il me soit encore permis de fixer un moment Son attention sur le personnel de M. de Salm, je ne puis nier que je ne craigne non sans raison que malgré son esprit et son talent, son zèle et la vivacité de son imagination ne l'emportent quelquefois et ne lui fassent concevoir trop d'epérance de ramener la Cabale dont il pourroit bien finir par être la dupe; ceci n'est pas du tout à craindre par raport à l'objet de sa mission, mais il porte ses vuës plus loin; d'ailleur il n'a pas une idée exacte de notre constitution si compliquée et il oublie quelquefois que la Cabale ne se borne pas à ces peu d'individus mais qu'elle a jeté de profondes racines dans toutes les provinces; qu'ainsi en enchainant les esprits de ces Pensionnaires, ce seroit affoiblir le parti, mais non pas le détruire; quoiqu'il est certain que la souree du mal est en Hollande, et qu'en divisant le parti on gagneroit déjà beaucoup. Au reste je n' hazarde ici que mon jugement particulier, qui peut être erroné, mais si j'ose dire mon opinion je croirois que le Rhingrave doit être menagé, flatté; qu'il peut nous être fort utile; qu'il a des droits déjà à notre reconnoissance, mais qu'il faut le diriger, le guider, l'éclairer, et qu'on ne peut lui accorder qu'une confiance limitée par la sagesse et la prudence nécessaires.

3. - Van der Hoop aan von Schöning, 21 October 17841).

- Il est

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à peésent décidé que le Rhin Grave de Salm sera envoyé par le Prince en Allemagne pour négocier des trouppes auxiliaires et pour solliciter le secours et appui de Sa Majesté pour l'exécution de cette négociation. Il me paroit fort nécessaire de vous mettre au fait des circonstances de cette affaire: Le Général Dumoulin lui a fait faire connaissance avec les principaux Conseillers Pensionnaires de la Hollande dans la vuë de l'employer au succès du but susdit. Il a fort habilement dirigé cette négociation de façon qu'il leur a fait sentir qu'ils ne pouvoient rien faire sans S.A.S. et que cette négociation devroit être dirigée par S.A.S. Ces Messieurs sent entrés dans ces Idées, et il a trouvé moyen d'arranger une conférence entre le Prince d'Orange, van Berkel et Gijzelaer, dont le but principal étoit la négociatien susdite, et une augmentation dans l'armée. Le premier but a réussi. Le Prince a été autorisé sur sa proposition à la besogne secrette, d'entamer cette négociatien, et d'employer pour cela une ou plusieurs Personnes. Le second but n'a pas réussi dans cette conférence, mais est maintenant remis sur le tapis, ei devenu depuis Vendredi un objet de délibération. Le Rhin Grave qui est sûrement un homme de beaucoup d'esprit, qui parle parfaitement bien quoique avec un peu trop d'art, a étendu ses vuës, et croit voir la possibilité, sinon à une reconciliation, du moins à une harmonie dans les affaires entre S.A. et ces Messieurs. Nous ne pouvons pas trop bien pénétrer encore, comment ces Messieurs pensent au sujet du Rhin Grave de Salm, mais celui-ci se flatte de pouvoir leur donner des Impulsions favorables aux intérêts du Prince et à la tranquilité. Il va même plus loin, et il croit qu'il peut les engager à tout. Je le considère comme un homme de beaucoup de talens, mais je ne le connois pas encore assez, surtout pas par expérience, pour oser lui donner toute ma confiance. Il connoit assez bien les sources des disputes internes, et il a quelques idées pour remédier aux maux, mais je crois qu'il a trop bonne opinion de van Berkel et Gijzelaer, et qu'il les envisage non seulement comme des personnes qu'on doit ménager, mais dont même on pourroit tirer parti en travaillant avec eux. Il ne connoit pas assez justement le fort et le foible de nos circonstances pour lui donner une confiance sans bornes, mais surement on peut le faire agir avec quelque succes sur l'esprit de ces Conseillers Pensionnaires. Il continue aussi à négocier avec eux, et il est fort possible qu'il les engage encore à quelques conférences avec S.A.S. qui auroient pour but, autant que j'ai pu le pénétrer, un mémoire contenant plusieurs points d'arrangement dans l'administration des affaires; mais ils seront contens, à ce qu'il dit, que le Prince fasse examiner ces points, et diriger les conférences avec eux par une personne tierce. Par toutes ces incertitudes sur le caractère vrai du Rhin Grave de Salm il est impossible qu'il soit informé au juste de votre position, et vous êtes prié d'informer M. de Hertzberg qu'il n'est pas dans la confiance intime de nos circonstances, quoiqu'il en connoit beaucoup, mais je doute si dans ses vuës il n'a pas plus d'intérêt à ménager les Conseillers Pensionnaires de la Hollande que S.A.S.

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4. - De Prinses aan Hertzberg, 1 November 17841).

(Lettre ostensible.)

Introductie van Salm.

.... La mission de Schöning lui est entièrement inconnue; je vous prie, Monsieur, de le traiter en conséquenee. Il se soumettra à vos directions, si vous voulez bien les lui donner.

Un point bien intéressant c'est que les Chefs des la Cabale lui ont manifesté le désir que le Roi voulut envoyer ici (lorsque les tems seront plus calmes au dehors) un ministre de confiance, pour traiter entre le Prince - et eux; M. de Salm là-dessus leur a demandé s'il y avoit une personne à laquelle ils donneroient la préférence; ces Messieurs vous ont nommé; je n'ai pas besoin d'ajouter combien cet incident, manié habilement et dirigé par vois soins, pourroit devenir heureux pour nous.

P.S. (secret). Nous avons un besoin urgent de vos soins et nous y comptons. J'ai écrit la vérité au Roi par raport au personel de M. de Salm; j'ai dit le bon et le mauvais. M. de Salm doit absolument être menage par nous et peut être très utile, mais il est loin de la perfection; d'un autre côté je crain qu'un extérieur affecté ne prévienne le Roi contre lui....

5. - Van der Hoop aan von Schöning, 8 November 17842).

- Le Rhin Grave de Salm est parti cette nuit. Il a dit d'avoir obtenu de MM. van Berkel et Gijzelaer de solliciter le Roi pour envoyer M. de Hertzberg ici comme Ministre dans les différends internes. C'est sûrement un aveu de grande conséquence. Mais il me paroit très nécessaire que M. de Hertzberg demande cet aveu par écrit, soit de ces Messieurs même, soit du Rhin Grave de Salm. Ce dernier a une imagination excessive, et voit la réussite d'abord qu'il forme l'idée de quelque projet. Par là il s'égare souvent, de plus parce que l'idée avantageuse qu'il a de soi-même remporte quelquefois. Priez au reste M. de Hertzberg de le diriger avec toute l'exactitude que les circonstances peuvent permettre, et surtout les conversations qu'il peut avoir avec le Roi, tant sur les objets principaux de sa commission, que sur la seconde partie, sa négociation pour la tranquilité interne par l'interposition de Sa Majesté. J'avoue que sur ce sujet je soupçonne qu'il a plus l'aveu de Gijzelaer que de van Berkel, si même ses désirs et son imagination ne l'ont trop emporté.

Il tâchera peut-être aussi d'engager le Roi à approuver que S.A.R. soit publiquement admise dans les affaires, tandis que nous préférerions beaucoup qu'il pressoit seulement le fond excellent de S.A.S. mais le défaut de développement, parce qu'il n'a pas le secours nécessaire et adapté à son caractère, et nous osons espérer qu'un tel secours pourroit tout corriger, sans convoler à cet autre remède dangereux à plusieurs égards, l'admission publique de S.A.R. dans les affaires. Nous prions instamment

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M. de Hertzberg de bien mûrement peser les vuës et les projets du Rhin Grave de Salm.

6. - Hertzberg aan de Prinses, berlijn 26 November 17841).

Salm heeft niet gezegd dat de patriotten Hertzberg's overkomst begeerden:

.... il a seulement toujours parlé d'un ministre de confiance et de poids. J'ai pourtant appris de M. de Reede2), que c'étoit son intention de me l'insinuer lui-même....

Le Comte de Salm m'a fait entendre qu'il croyoit être nécessaire que le ministre du Roi ne vienne en Hollande que quand lui sera. de retour, puisqu'il croyoit seul avoir les moyens les plus propres à moyenner une conciliation .... Cette proposition de M. de Salm m'a fait naitre le soupçon que cet officier peut viser à s'emparer de la direction principale de la mission et de la médiation du Roi, ce qui n'a pourtant rien à dire si elle est confiée à un homme qui sait agir par lui-même.

J'ai fait observer à M. le Comte de Salm que quand il s'agiroit d'exécuter cette mission, il seroit nécessaire de trouver des moyens pour que le Roi en fut requis en quelque façon par la République, pour que Sa dignité ne soit pas compromise par un refus; et qu'on ne pouvoit pas s'en rapporter aux propos vagues des deux Pensionnaires. Le Comte de Salm avoua que ces deux Messieurs n'étoient pas assez les maîtres de leur parti pour pouvoir assurer et autoriser une telle démarche publique. H paroit par là qu'il n'est pas tout à fait sûr de son fait....

7. - Hertzberg aan de Prinses, berlijn 6 Januari 17853).

Salm is nu meer openhartig en verzekert dat beide partijen in de Republiek hem, Hertzberg, daar wenschen.

Il s'exprime d'ailleurs d'une manière qu'on doit le croire entièrement porté pour les intérêts de la Sérénissime Maison d'Orange, et que ce n'est que pour la servir qu'il entretient des liaisons avec l'autre parti. Je ne manque pas d'être sur mes gardes avec lui....

8. - Frederik de Groote aan Thulemeyer, berlijn 5 Februari 17854).

- Le Rhingrave de Salm vient de repartir pour la Haye. Il a fait profession ici d'un dévouement sincère au Stadhouderat, et il a donné les assurances les plus fortes qu'il feroit usage de ses connexions avec le parti aristocratique5) pour moyenner, s'il étoit possible, la réunion des

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partis, et surtout l'établissement d'un conseil impartial par lequel, en le suivant, le Prince d'Orange pourroit regagner et conserver son influence. Tous tacherez d'observer comment et avec quel succes il executera ces promesses.

9. - De Prins van Pruisen aan de Prinses1).- Ce 2 fevrier 1785.

Ma très chere soeur. Le Rhingrave de Salm étant sur son départ, je le charge de cette lettre, espérant qu'elle vous trouvera en bonne santé.

.... Vous n'ignorez certainement pas, ma chere soeur, combien la saine partie ' du public désire que vous soiez à la tête des affaires qui y gagneroient infiniment; je loue votre délicatesse et votre moderation à cet égard, et je suis sûr que vous ne voudriez vous en mêler imédiatement qu'à la dernière extremité, par égard pour le Prince; mais permettez chere soeur que je vous supplie de ne pas attendre par trop de modération que les choses se gatent tout à fait et de songer que le bien-être de vos enfans en dépend et le bien général; ainsi si vous sentez que le danger augmente, rendez-vous aux prières que l'on vous fera certainement de prendre part aux affaires, et cela pourroit se faire avec tant de ménagement que le Prince ne s'en trouveroit pas choqué. J'écris comme mon coeur le sent, reste à Votre sagesse à suivre le parti que Vous croirez le meilleur; vous êtes bien plus à portée d'en juger que moi.

10. - De Prinses aan den Prins van Pruisen2).

- Le Rhingrave me remit votre lettre, mon cher frère. Je reconnois votre amitié dans les conseils que vous me donnez, toutefois je n'ai pas la présomption de m'imaginer que nous serions sauvés si j'entrois directement dans les affaires; quand même j'aurois les qualités que vrotre prévention en ma faveur me suppose, je ne pourrois m'en flatter, ceci est l'exacte vérité; soyez cependant bien persuadé que je ne me refuserois à rien dont il puisse résulter quelque bien soit pour le païs soit pour ma familie, mais il est essentiel pour que je réussisse que j'avance lentement, il l'est que je ne me brouille point avec le Prince; un schisme dans notre domestique seroit le coup de grâce pour la maison, dans un moment où j'aurai plus de loisir je suis prête à vous le prouver si vous le souhaitez.

Le Rhingrave nous revient comme il est parti, il est fort content de-son voyage, il forme nombre de projets pour nous tirer de peine, je ne les connois qu'imparfaitement, quand j'y verrai plus clair vous en serez informé.

11. - De Prinses aan Frederik de Groote3). - La Haye 21 fevrier 1785.

- Il est de mon devoir de confier à Votre Majesté qui me comble

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de bonté, la position infiniment délicate et épineuse où je me trouve; je La supplie très liumblement de m'en garder le secret le plus absolu, et de vouloir bien me dire ce qu' Elle en pense. Le Rhingrave de Salm depuis son retour s'évertue à me convaincre de la vivacité de son zèle à nous tirer de peine, et du danger imminent où nous nous trouvons par les machinations de nos Ennemis, qui vont à rien moins qu'au renversement total de la Constitution; il pretend que l'unique moyen de prévenir le coup c'est que j'entre directement dans les affaires; pour parvenir à ce but il propose trois moyens, ou bien que le Prince consente de bonne grâce à remettre la tractation des affaires entre mes mains, ou qu'il y soit eutrainé insensiblement par les circonstances, ou enfin que je m'en empare haut à la main. Je crois de bonne foi que le Rhingrave cherche la gloire de sauver ce païs des combustions intestines et de nous rendre quelque service signalé, mais son zèle ne l'entraine-t-il pas trop loin? en a-t-il bien les moyens et les connoissances requises? et le danger est-il bien aussi pressant qu'il le représente, qu'il faille user de moyens violens si les autres rencontrent de difficultés et ne sont pas assez prompts? ce sont des questions qui viennent naturellement à l'esprit et auxquelles il n'est pas aisé de répondre, mais le Rhingrave est très avide de gloire, c'est ce qui est certain; il veut jouer un rôle, il peut faire quelque bien et beaucoup de mal, c'est ce qui l'est aussi; je crois ses intentions bonnes jusqu'ici, il faut donc modérer son ardeur et s'il est possible la bien diriger, mais non pas l'étouffer et rejetter ses soins; c'est ce qui rend mon rôle d'une si extrême difficulté. Quant au remède sur le quel seul il fonde tout son plan, j'ose dire hardiment qu'il ne suffiroit pas; je ne veux point faire parade d'une modestie qui pourroit paroitre déplacée, quoiqu'elle repose sur la conviction intime où je suis que je ne réunie point les talens qu'on m'attribue, mais je veux pour un moment supposer en effet que je les possède, alors encore je ne pourrai faire le bien que je devrois pouvoir opérer, par une raison fort simple: c'est que je manquerai des secours nécessaires tant que le ministère de la République ne sera pas mieux composé. Ces considérations ne m'empêcheront pas toutefois de travailler au bien qu'il dépendra de moi d'effectuer, et je ne me refuserai point non plus à mettre en oeuvre les deux premiers moyens et surtout le second que le Rhingrave a proposé, mais quant au dernier, je ne puis jamais y venir, non seulement parce qu'il seroit contraire à mon devoir, mais aussi par l'intime conviction qu'un schisme dans notre domestique seroit le coup de grâce de la maison, et que le but de nos Ennemis est de nous ruiner l'un par l'autre; je ne puis nier que j'ai beaucoup gagné dans la confiance du Prince; si je fais des progrès lents, ils sont d'autaut plus sûrs, et il n'est pas de ces caractères qui se laissent subjuguer par la violence; il se cabre pour lors, et on n'en obtient rien. Si au bout d'un certain temps ou vouloit m'obliger à en venir à cette extremité, j'ose supplier V.M. de me permettre d'employer Son Nom pour me refuser à des démarches qui sous le spécieux prétexte de sauver la maison, accélereroient sa perte. Mon cher Oncle me permettra de l'informer du

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plan et des négociations ultérieures du Rhingrave à mesure qu'il me les développera, ainsi que de tout ce qui concerne cette importante affaire.

wilhelmine.

12. - Frederik de Groote aan de Prinses1). - Ce 5 mars 1785.

- Ma très chère Nièce. Comme cette lettre n'est que pour vous seule ma chère Enfant, je puis vous écrire toute liberté et comme je pense sur vos affaires. J'ai toujours considéré votre Prince comme un homme frivole et léger, qui est entièrement incapable d'affaires sérieuses, et qui par conséquent est obligé de recourir à quelqu'un pour le conduire. Son ancien Tuteur s'est chargé avec prédilection de cet Emploi, qu'il à geré jusqu'au guet à pens du César Joseph. Maintenant je vois comme je vous l'ai marqué, que votre Prince est entouré d'étourdis et de scribes très imprudens, qui lui font faire des démarches déplacées, ou qui sous son nom publient des sottises. Je suis donc convaincu que si cela continue, ce Prince se perdra non seulement lui, mais toute sa familie, et foi d'honneur, je n'imagine pas d'autre remède à ces malheurs futurs qu'en Vous, ma chère Enfant. Vous avez de la Sagesse et de la modération requise pour mener avec douceur les affaires de la République, et je vous exhorte pour le bien de votre mari, pour le bien de vos Enfants, et pour l'avantage de la République de vous insinuer dans les affaires, et de seconder le Stadt-houder dans un emploi qu'il n'est pas en état de remplir. Jamais je ne vous conseillerois d'avoir recours à la force, c'est un moyen odieux, mais je crois que par des intrigues de Cour, il sera possible d'écarter du Prince les polissons que le gros Louis y a mis comme ses créatures, et d'avoir pour les affaires des secretaires moins brutes que ceux qui travaillent à toutes les pièces Stadthouderiennes qui paroissent en public, et qui par parenthèse, lui font un tort indicible. Et quant à Vous ma chère Enfant, je suis de l'opinion que Vous pouvez imperceptiblement gagner la main pour vous meler des affaires en traitant vous-même avec ceux des Etats qui s'adresseront à vous. Allez à votre but, mais évitez l'éclat. A l'égard de votre Rhingrave, ce que je puis vous en dire, c'est qu'il ne manque pas d'esprit. Son caractère moral m'est inconnu, mais je lui ai assez parlé pour m'appercevoir qu'il est entièrement porté pour la France. Maintenant tout Hollandois doit l'être, car votre République est perdue si elle s'écarte de la seule Puissance qui l'assiste et la protège.

federic.

13. - De Prinses aan Frederik de Groote2).- Ce 14 mars 1785.

- Il n'est que trop vrai qu'une très mauvaise éducation a empeché l'entier développement des heureuses dispositions que le Prince avoit reçues de la

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nature, et qu'elle a laissé un libre cours à des penchans, à des habitudes qui lui ont faites et lui font encore le plus grand tort, mais on se tromperoit très fort si de là on alloit conclure que le Prince manque de talens et que se livrant de préférence à des amusemens frivoles, il abandonne aisément le maniement des affaires à quiconque a l'art de s'en emparer et se trouve à même de pouvoir les diriger; rien n'est plus difficile au contraire; à la continue il se laisse quelquefois entrainer, mais l'éxcessive méfiance que le Duc a su lui inspirer contre tout le genre humain met obstacle à une confiance plénière, et cette méfiance se réveille, quelques précautions que l'on prenne, à la moindre apparence que l'on a l'intention de le diriger; il vous échappe au moment oú vous croyez le tenir. Le Duc l'avoit subjugué par une habitude contractée dès l'enfance, personne n'a les mêmes droits ni les mêmes moyens, il faut tacher d'y suppléer par une conduite entièrement sage. Les insinuations et l'exemple du Duc souvent en opposition avec les qualités naturelles du Prince ont formé de son caractère un ensemble qui nous offre chaque jour des contradictions très singulières et qu'on a peine à se persuader si on ne voit pas les choses de très prés. Son coeur est bon, son jugement fort droit, sa mémoire étonnante, le fond de ses principes pur, il conçoit les objets très promptement et lorsqu'il est de sens froid il raisonne souvent ou ne peut pas mieux sur les affaires et sur lui-même, convenant de touts ses défauts; le penchant au soupçon et à la méfiance est à mes yeux celui qui nous fait le plus de tort: il empeche fréquemment l'effet des bons conscils, et lui fait contracter la malheureuse habitude de vouloir tout faire par lui-même; or comme cela est impossible, il en résulte des désordres inévitables; de là ces inconséquences, ces démarches précipitées dans un tems, trop tardives dans un autre, et aussi ces soupçons odieux que nos ennemis débitent et que les apparences ont justifiés, comme s'il étoit capable de trahir sa patrie et de manquer à ses premiers devoirs envers elle, tandis que je suis convaincuë d'après l'étude que j'ai faite de son caractère et une suite d'observations, qu'il s'opposera toujours avec horreur et la plus grande fermeté à toute proposition quelconque qui lui paroitroit préjudiciable aux intérêts de la République et à son devoir. Cette fermeté que j'admire lorsqu'elle se montre dans la répugnance à ce qu'il doit à l'Etat, se change en opiniâtreté lorsqu'on touche à ses anciens préjugés, profondément enracinés; on ne peut les heurter de front sans le révolter entièrement. Comme le Prince tient beaucoup aux usages établis et à ce qui est vraiment constitutionel (encore un principe louable), personne n'a autant d'influence sur son esprit que ceux qui par leur emplacement ont le radical en main pour lui parier d'affaires; il a naturellement une sorte de déférence pour eux; de là j'oserois hardiment tirer la conséquenee que si le ministère de la République étoit bien composé, les choses pourroient se redresser. Cette vérité se trouve aussi énoncée dans un écrit dont le Rhingrave nous a fait la lecture, au Prince et à moi, de la part de l'opposition; cette pièce dressée avec art ne contient du reste que des mots, mais elle pose en fait qu'un bon ministère peut sauver la patrie, et rendre au Stadhoudérat son

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lustre; quoique le Prince ne s'attende pas lui-même à grand' chose de cette négociation du Rhingrave, il s'est prêté (pour être à l'abri du reproche qu'il se refuse au rétablissement de l'harmonie) à lui donner une réponse à ce papier de l'opposition qu'il leur lira de sa part; elle est conçue en termes généraux et montre la disposition du Prince à délibérer et à se concerter avec tous les membres de l'Etat sur ce qui regarde le bien public, et son désir que les vacatures dans le ministère soyent remplies par des personnes intègres et capables; il ajoute qu'il souhaite que les places importantes de Secretaire du Conseil d'Etat et de fiscal de l'amirauté de la Meuse soyent remplies de cette manière. On parle d'y placer les esprits violens de l'opposition; en ce cas mon rôle deviendra au-dessus de mes forces. Le nouveau Trésorier-Général est une fort bonne acquisition, mais cela ne suffit pas s'il reste isolé.

14. - De Prinses aan Hertzberg, 9 Maart 17851). -

De Rijngraaf heeft haar en den Prins een stuk voorgelezen waarin de oppositie haar staatkunde ontvouwt.

Cette pièce est habilement dressée; elle roule principalement sur deux vérïtés: 1o. que les affaires vont mal; 2o. que le vrai remède est un bon ministère, mais comme tout dépend du choix des personnes qui doivent composer ce ministère, le Rhingrave assure qu'ils y placeront les têtes chaudes qui ont le pouvoir en main; qu'ainsi notre seule ressource est de gagner ceux-ci; jugez par consequent de notre situation .... Le Prince a promis de répondre par écrit à cette pièce dont il n'étoit permis au Rhingrave que de nous faire la lecture. J'avois remis cette lettre d'un jour à l'autre dans l'espérance de pouvoir vous dire le succes de cette réponse dont beaucoup de choses dépendent, mais jusqu'ici le Prince ne peut se déterminer sur les termes; la démarche lui coûte et je tremble quelquefois qu'il ne s'y refuse.... Le Prince avoue qu'il y a des personnes qui veulent me rendre suspecte dans son esprit, en m'attribuant le projet de m'emparer de l'autorité et de le mettre de côté; il me rend justice, mais dans un caractère porté à la méfianee, de telles insinuations laissent toujours des traces....

15. - De Prinses aan Hertzberg. - 11 april 17852).

- Le Rhingrave est toujours inquiet et veut jouer un rôle; il me paroit cependant que ses actions baissent un peu; il a trouvé l'écrit du Prince destiné à être communiqué à la Cabale, en termes trop généraux; il dit qu' il ne pourroit entrer en négociation sur cette baze, ainsi cela en est resté là, mais il voudra toujours avoir la gloire de réunir les partis. - Une tête chaude qui a une grande influence dans l'opposition vient d'être nommé fiscal ramirauté de la Meuse; c'est un homme obscur mais de beaucoup

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d'esprit qui s'est poussé par l'intrigue et par ses talens; on assure qu'il est susceptible d'être ramené sur le bon chemin; nous ne negligerons rien pour cela; de la réussite bien des choses dépendront; il a assé bien commencé sa nouvelle carrière; le Prince lui a parfaitement bien parlé, et il a plus fait, en l'admettant à son Département de la Marine, ce qui doit flatter son amour propre.

Nadat blzz. 114 en 115 afgedrukt waren, vond ik op het Rijksarchief in een portefeuille waarin door Jhr. Mr. J.K.J. de Jonge vele jaren geleden een aantal stukken zijn bijeengebracht uit verschillende bundels der verzameling Dumont-Pigalle genomen, het volgende afschrift van een brief, kennelijk geschreven uit Berlijn door den gezant der Republiek A.W. baron van Reede. De hand die de copie vervaardigd heeft komt in de verzameling Dumont-Pigalle nergens elders voor, en in den uitvoerigen catalogus, in 1801 door Dumont-Pigalle den zoon van de nagelaten papieren zijns vaders opgemaakt, is het stuk niet verantwoord. Ik vermoed dan ook dat De Jonge het uit een andere verzameling zal hebben genomen omstreeks 1857, toen hij een aantal stukken ter opheldering van de geschiedenis van den patriottentijd gereed gelegd heeft om in de nimmer verschenen volgende jaargangen van Bakhuizen's tijdschrift Het Nederlandsche Rijks-Archief uit te geven of te bespreken. Aan welk adres de memorie verzonden mag zijn geweest weet ik niet te zeggen; misschien dat uit het huisarchief der familie Van Reede hieromtrent nog iets aan het licht kan worden gebracht, alsmede omtrent de gevolgen die de memorie mag hebben gehad, en de stukken die verder tusschen den gezant en sommige leiders der patriotsche partij in Holland moet zijn gewisseld (vgl. Bijlage III, 16 en 30). Daar de onbekende geadresseerde evenwel slechts dienen moest om het ontvangene aan De Gijselaar en Pieter Paulus over te leggen, mogen wij Van Reede's geschrift veilig als een memorie, aan dezen beiden gericht, beschouwen. Voor de kennis van Van Reede's karakter is zij van waarde: hij tracht het eigenbelang van De Gijselaar en Pieter Paulus te prikkelen, en spreekt hun wat naar den mond. Dit zal hij ook Hertzberg gedaan hebben; wij kunnen slechts het gezond oordeel der Prinses roemen, die aanstonds onderscheidde van welk gehalte het ‘dévouement’ was dat zij verzocht werd in Van Reede te erkennen (zie Bijlage III, 16).

15a. - A.W. van Reede aan een ongenoemde. - 10 Mei 17851).

- Si mon Ami Van der Goes2) a convaincu ses Amis, que la méfiance que l'on me témoignoit pouvoit être injuste, s'il en est résulté entre eux et moi quelques relations, ne sont elles pas trop nouvelles, pour que je puisse croire, que sur un léger apperçu de mon individu, sur un témoignage que son amitié peut avoir exagéré, ces mêmes personnes passeront

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tout d'un coup d'un sentiment opposé à l'autre, et qu'à la première sommation que je leur ferai, je les trouverai disposées à m'accorder cette confiance sans réserve (nécessaire dans les affaires, et surtout dans celles que je voudrois traiter avec eux), qui est la suite d'une étude longue et réfléchie d'un Charactère?

J'ai lieu de craindre qu'oui; tant que Van der Goes étoit à la Haye, je pouvois faire à la vérité proposer par lui mes idées, il y donnoit l'appui et les explications nécessaires. On lui répondoit plus franchement peut-être qu'on n'eût voulu s'expliquer vis à vis de moi, et il en resultoit qu'insensiblement cette confiance pouvoit s'établir.

Aujourd'hui qu'il part, toutes mes espérances de ce côté-là sont évanouies, et comme dans ce moment un voyage en Hollande, qui seul pourroit servir à cimenter mes nouvelles Relations, et à faire prendre de moi l'opinion que je crois mériter et que je désire qu'on en aye, est une chose à laquelle les circonstances me défendent de penser, il semble que tout espoir de voir naître cette confiance est, si non éteinte, du moins très éloignée.

Dans d'autres momens, j'attendrois du tems des circonstances plus favorables, et convaincu que la confiance se gagne, mais ne s'emporte pas d'assaut, je n'essayerois pas de l'emporter de haute lutte.

Mais aujourd'hui que je crois que tout Délai seroit nuisible, 1o. au désir ardent que j'ai de servir ma patrie, 2o. aux moyens d'utilité que je crois entrevoir pour elle; c'est à dire que comme je ne puis concourir au Bien Public et employer les moyens que je crois propres à cela, qu'autant que je pourrai établir au préalable un degré d'intimité et de confiance suffisante entre Messieurs De Gijzelaar, Pieter Paulus, et moi; je dois ou renoncer à mon plus cher désir, ou bien chercher les moyens d'établir cette confiance. Je ne me dissimule point, combien cette tache est pénible; je sens parfaitement ce que la Prudence dicte dans le choix de ses Amis, et dans le degré d'intimité qu'on leur accorde, et d'après cela mon Entreprise m'effraye.

Mais pourquoi, animé d'un but louable, ayant la Vérité dans le coeur, pourquoi devrois-je désespérer de persuader? Il me semble que quand on est animé par un bon motif, il est permis d'en chercher l'exécution, et que les obstacles ne doivent pas arrêter.

Cela m'a déterminé à mettre mes idées sur le papier, ayant l'occasion de les faire passer par une main sûre. Quioque je dise déjà, beaucoup de choses, le peu de tems que j'ai ne me permet pas de tout dire, et d'y mettre l'ordre que j'aurois désiré.

J'ai cru, autant pour motiver ma Proposition, que pour donner une Idée de mes sentimens politiques, devoir en faire précéder un court exposé; il suffira pour faire juger si mes Notions sont justes ou fausses, et ce sera le premier pas à la confiance.

La Franchise avec laquelle je m'énonce, sera le second.

Le troisième résultera de l'intérêt que je dois prendre à l'exécution du Plan que je propose; j'aurois beau avoir la réputation de désintéressement

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la mieux établie, on croira difficilement qu'un généreux sacrifice me fit perdre absolument de vue tout Intérêt personnel; mais quand j'avoue avoir autant d'avantage a la réussite d'une chose quelconque que je puis en faire espérer à ceux à qui je la propose, alors je crois, que s'ils reconnoissent ceci, que cela doit merveilleusement servir à les porter à me croire, et à les persuader que ma fortune étant commune à la leur, je suis aussi lié à eux par les liens les plus forts.

J'entre en matière....

Une Vérité palpable, c'est que les Dissensions qui déchirent la République lui font un mal reël, et qu'il est à désirer qu'on trouve au plutot un terme d'accommodement. Le Roi qui a été sollicité1) d'y concourir, a déclaré qne ce ne seroit qu' après que nos Affaires avec l'Empereur seroient terminées qu'il voudroit s'en mêler, et il persiste dans ce Dessein. On ne suppose pas que celles-ci puissent mener à une Guerre, car alors le besoin d'une Paix inférieure deviendroit plus pressant encore.

On part du principe que la Paix est prochaine, qui ratifiée, le Roi devienne Médiateur entre les deux partis, et envoye en son nom on suppose Monsieur de Hertzberg.

Il se présente ici deux questions. Est-il indifférent pour le Bien Général, l'est-il pour celui de quelques particuliers, que M. de Hertzberg trouve à son arrivée des Relations formées, que quelques esprits soient bien disposes en sa faveur, et que lui-même leur porte le même sentiment?

Considérons d'abord la première question.

Naturellement un Ministre du Roi de Prusse ne doit pas paroitre un homme absolument neutre, et quoique celui-ci soit un homme franc, intègre, cependant il est naturel qu'il sera vu de meilleur oeuil de l'un des partis que de l'autre; si avec cela une Chaleur qui lui est naturelle, mal interprétée, passoit pour despotisme, cela ne nuiroit-il pas au Rôle de Mèdiateur? et si nonobstant ceci il parvenoit à trouver un terme d'accommodement, n'y auroit-il pas à caindre que cette Paix que la Conviction du mal que la Durée des Dissensions occasionne auroit pour ainsi dire nécessitée, n'eût pas le Charactère qu'elle devroit avoir? Résulteroit-il d'un Arrangement pareil, cet Accord, cette Harmonie nécessaire pour le bien de l'Etat, pour celui de ses Membres?

La Crainte que j'en ai peut m'égarer, mais plus je trouve de Difficultés à déterminer les Moyens d'abord d'une Pacification, ensuite de lui donner le Charactère de sincérité et d'utilité requise, plus je crois sentir que le seul moyen qui peut y conduire, c'est de faire naître avant l'Epoque des Négociations à cet effet, une relation, une manièrc de liaison entre M. de Hertzberg et MM. De Gijzelaar et Pieter Paulus, qui les prépare à de la confiance. Il y a des choses que l'on sent mieux qu'on ne peut les rendre. Celle-ci est de ce genre, mais il n'y a personne qui n'ait senti la différence de la sensation qu'on éprouve, quand il voit pour la prémière

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fois une personne avec qui il doit traiter, ou s'il a déjà quelques Connoissances à son sujet.

Dans le second Cas on accueille avec un air plus riant; on est plus disposé à la Franchise.

Il me semble qu'au moyen de ces démarches préparatoires M. de Hertzberg pourroit parier à M.M. Pieter Paulus et Gijzelaar plus confidamment qu'à d'autres, qu'il leur paroitroit un Médiateur plus neutre qu'aux autres et que par là conséquemment M. de Hertzberg trouvant dans ces Messieurs des Gens prévenus en sa faveur, pourroit aussi plus compter sur eux pour faire recevoir des propositions, qui sans cela éprouveroient des difficultés.

Sans entrer dans d'autres Détails, je crois par ceci avoir prouvé, combien ces Relations procureroient de facilité pour la Négociation, parce qu'en établissant la confiance entre les Négociateurs, elle en feroit rejaillir sur la Négociation, et revêtiroit par là l'accommodement d'un charactère de Vérité et de Solidité qui ne pourroit que contribuer au Bien Général. Quant au Bien particulier, il est permis de s'en occuper, dès qu'il ne nuit pas au Bien Public, et bien plus quand il y concourt.

Revêtus de Charges distinguées, en passe de pouvoir en obtenir d'autres, MM. Gijzelaar et Pieter Paulus conviendront je pense, que quelque crédit qu'ils puissent avoir par eux et leurs amis, que cependant leur désir de concourir au plus grand Bien de leur Patrie est souvent gêné par des circonstances étrangères. Si une réunion de partis porte moins d'obstacles à concourir au Bien Général, il n'en résulte pas que tous les individus des deux partis doivent y trouver un avantage égal. Cela paroit même impossible. Pourquoi se refuser à l'influence que le Médiateur doit nécessairement avoir, quand il aura achevé son Ouvrage, pour établir l'un plus avantageusement que l'autre dans l'esprit du parti opposé? Certainement M. de Hertzberg, s'il avoit travaillé confidemment avec ces Messieurs, si la liaison que d'avance je voudrois contribuer à former sans que d'autres que lui, ces Messieurs, mon ami Goesje et moi en eussions connoissance, si cette liaison dis-je s'établissoit, et que M. de Hertzberg dut en parti ses succès aux bons offices de ces deux Messieurs, il ne pourroit qu' être disposé à de la Reconnoissance, et seroit le premier à détruire des préjugés qui pourroient peut-être s'être élevés contre eux, et à contribuer à les mettre aussi bien dans l'esprit de ceux qui ne les connoissent peut-être pas, qu'ils le sont auprès de ceux qui savent les apprécier. Il me semble qu'il résulteroit de ceci un avantage particulier pour eux très intéressant, et qui influeroit ensuite encore sur le Bien Public, parceque si comme je l'ai dit plus haut, des Relations intimes avec cette cour conviennent au système de la République rien ne pourra mieux les établir, les consolider qu'une bonne Intelligence, qu'un accord parfait entre quelques Membres du Gouvernement, et un Ministre presque tous deux dans la même Cathégorie, car si ces membres peuvent acquérir avec le tems une plus grande influence, ce Ministre en aura aussi une bien plus considérable sous un autre règne. C'est ici le cas de dire qu'on fait tort quand on croit qu'il soutient M. de Thulemeyer; dans le fait en cela il ne peut rien, et qui

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connoit cette cour le sait comme moi1). Je ne dirai par delicatesse rien de plus sur les avantages particuliere que mon plan offre, quoique je suis convaincu que quand ils concourent comme ceux-ci au Bien Public, on peut parfaitement les analiser, je dis plus, y faire attention et se laisser guider par eux.

Comme chacun tient à ses idées, je me permets de croire que j'ai passablement établi les miennes, et d'en conclure qu'il est essentiel soit que M. de Hertzberg aille en Hollande, soit qu'on y envoye un autre et que d'ici il conduise la Négociation; que l'on établisse une baze de connoissance, de confiance, de Politesse, que cimentent les Relations ultérieures que ces Messieurs auront ensemble, et qui facilite leurs Négociations.

Tel est le plan que j'ai formé depuis bien longtems. Les circonstances pour le développer m'ont manqué; à force de chercher à les faire naître, je commence à les croire plus favorables. La réponse et la conduite de MM. Pieter Paulus et Gijzelaar en décideront.

Seul, sans presqu'aucune relation dans l'origine avec M. de Hertzberg et avec eux, j'ai conçu une idée qui peut paroitre extravagante au premier aperçu; sans aucun titre, revêtu d'un Charactère Public qui m'enjoint la plus grande Circonspection, comment entamer une pareille Négociation? Je me suis fié sur la bonté de ma Cause, j'ai compté auprès de M. de Hertzberg sur l'opinion qu'il avoit de ma Droiture et de mon attachement pour ma Patrie; je me suis flatte ensuite qu'un Exposé vrai de mes sentimens, de mon plan, da ma conduite, le témoignage de mon ami Van der Goes, me feroient réussir auprès de MM. De Gijzelaar et Pieter Paulus, c'est à dire me vaudroit (s'ils goûtent mon idée) et la Confiance nécessaire, et le secours dont j'ai besoin de leur part.

Enfin j'ai compté aussi un peu sur le mobile puissant de l'humaine Nature, l'amour-propre, et j'ai calcule que M. de Hertzberg pour le succès d'une commission qui doit le flatter, MM. Gijzelaar et Pieter Paulus par le même motif, comme Coöpérateurs, et par les avantages particuliers que ce Plan leur offre, étoient tous trois intéressés à l'accepter; que comme

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ils avoient tous trois le même Intérêt de désirer que si cette Liaison peut se former, qu'elle fut tenue et conduite secrette, parce qua1) dans leurs Charges respectives ils ne pouvoient pas être compromis, l'un vis à vis de son Hoi, les autres de leur parti, ils feroient d'autant moins de difficulté de s'en rapporter à moi et de me fournir les moyens de réussir, qu'ils pouvoient faire à mon égard le même calcul que je faisois au leur, c'est que par amour-propre comme par intérêt personel, j'étois également intéressé à faire réussir un plan dont le succès comme Créateur ne pouvoit jamais m'être indifférent, et par conséquent, à mettre dans la Conduite de cette Affaire autant de prudence et de Secret que de Zèle; qu' ainsi liés tous les quatre par pour ainsi dire un et même Intérêt, nous aurions tous les motifs possibles de compter et de nous fier les uus aux autres.

Mes premiers pas ont été vers M. de Hertzberg. Je ne lui ai point caché mon plan, ni les difficultés; je l'ai exposé avec la même franchise avec laquelle je le détaille ici, et j'ai lieu d'être très content de ma Démarche, et de l'intimité dans laquelle je suis depuis avec lui, qui a résulté de la confiance que je lui ai marquée.

La Réponse que je recevrai par vous, décidera du Succès. Je n'ai pas voulu frapper le dernier coup sans savoir l'avis de ces Messieurs; il en a grâces à moi très bonne opinion, je le sais positivement. Si donc vous pouvez leur faire agréer mon Idée, il me semble qu'en me chargeant d'un mot de Politesse de leur Part, un Compliment du Désir qu'ils auroient personnellemont de le voir et de travailler avec lui, seroit dans les Commencemens à sa Place. Si cela se répétoit, ou que sur l'un ou l'autre objet ils puissent lui faire faire, al was het maar een blaauwe Boodschap, cela entretient toujours la Correspondance; ils n'ont pas à craindre d'être compromis, il saura toujours distinguer que c'est une Chose personelle, et n'en fera aucun Usage, j'en répons. D'ailleurs je le répète, lui-même par des Raisons particulières craint, autant qu'ils peuvent le faire, d'être compromis dans le moindre des choses.

Voilà mon Epître finie, voilà ce Plan dont je vous ai parlé; employés vos efforts à le faire recevoir, mon Ami, ce sera votre premier pas dans la Carrière.

Fait le 10 de Mai 1785.

16. - Hertzberg aan de Prinses. - Berlin le 5 juin 17852).

- M. de Reede me professe toujours le plus grand dévouement pour V.A.R., pour Mgr. le Prince et pour le Stadhouderat. Il prétend avoir des liaisons et des correspondances sûres avec quelques chefs du parti opposé, surtout avec M. Gijzelaar, et il prétend qu'étant las d'un certain joug ou pourroit les attirer dans le parti du Prince, et que surtout M. Gijzelaar étoit prêt d'y entrer, s'il étoit sûr d'y être bien accueilli et d'être recommandé

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et soutenu par le Roi. Il me paroit viser même à la place de Grand-Pensionnaire. M. de Reede croit que V.A.R. a déjà gagné le Sieur Peter Paulus et qu'en s'assurant du Sieur Gijzelaar, qui doit être la meilleure tête du parti opposé, il ne restoit que Van Berkel qui commençoit à être abandonné et détesté. Il souhaiteroit que le Roi veuille à présent se montrer et intervenir en Hollande pour opérer une réconciliation des partis. Je suis pourtant obligé de dire que personne ne peut proposer cette intervention au Roi avec espérance de succes que V.A.R., et que S.M. ne s'y résoudra difficilement avant que l'accommodement entre l'Empereur et la République ne soit conclu ou assuré.

Le Roi d'Angleterre a fait proposer au Roi de prendre entre l'Angleterre et la Prusse un concert général pour les affaires en Europe, et surtout aussi pour renouer les liaisons avec Ja Hollande, mais le Roi n'a accepté ce concert que pour les affaires d'Allemagne, et il croit ne pouvoir pas encore faire des démarches en Hollande. M. Ewart me tourmente beaucoup du plan qui paroit plaire aussi à M. de Reede, que le Roi devroit intervenir à présent en Hollande, pour y rétablir l'Union et l'ancien système, et tacher de faire accéder l'Angleterre et la République à l'association Germanique.

De Prinses moet daar niet van spreken: men is hier bang, de oostenrijksche partij aan het fransche hof gewonnen spel te geven, wat zeker gebeuren zou wanneer de Duitsche Vorstenbond zulk een uitbreiding verkreeg:

Le cas de la guerre de sept ans reviendroit, c'est l'objection qu'on me fait toujours et qui n'est pas tout à fait sans fondement.

17. - De Prinses aan Hertzberg, 17 Juni 17851).

Beleefde afwijzing van den voorslag van Van Reede:

Trop d'ardeur l'ernporte quelquefois; il ne connoit que très superficiellement les chefs de la cabale, et nommément ceux avec lesquels il est en Correspondance. Avant d'aller plus loin, ne devroit-il pas vous donner ouverture plénière de la baze sur laquelle il fonde ses espérances? elle devroit être bien solide pour que nous entrions dans ses idées.

Gijzelaar is een veel te heftig partijman voor Raadpensionaris; aan zijn, vijandige bedoelingen valt niet te twijfelen.

M. Paulus paroit être fort bien avec nous depuis qu'il est dans son nouveau poste, mais il a les mêmes défauts dont on accuse M. Gijzelaar; il faudra voir si à longue il pourra modérer son caractère fougueux. Je doute que son ambition se borne au poste qu'il occupe; en attendant nous tachons de profiter des dispositions qu'il manifeste, et le Prince en le plaçant dans son département pour les affaires de la marine lui a donné une preuve distinguée de sa confiance. Je doute beaucoup jusqu'ici que le crédit de M. van Berkel soit si fort diminué; d'ailleurs ce parti contient en-

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oore un Pensionnaire, celui de Haarlem, Zeeberg, qui jouit du moins d'autant de considération que les deux autres, et qui vraisemblablement resteroit l'âme du parti quand même Gijzelaer s'en détacheroit; celui-ci en apparence plus modéré mais plus fin, plus rusé, et au fond dans les mêmes principes, est peut-être le plus dangereux.

Vóór de vrede met den Keizer gesloten is, zal zij den koning niet om interventie vragen; hij heeft er zich te stellig tegen uitgelaten.

18. - De Prinses aan Frederik de Groote. - Maison du Bois, 1 août 17851).

- Nous avons déjà prévenu les sages conseils de Votre Majesté2) en acceptant l'invitation des Etats de Frise pour assister au mois de septembre à la Célébration du Jubilé de l'Academie de Franecker; c'est une occasion favorable de nous rendre dans cette province, une des plus importantes après la Hollande et qui dans ce moment-ci comence un peu à changer de sistème. Ce Voyage nous procure aussi l'occasion toute naturelle de revoir Amsterdam où nous n'avons pas été de 16 ans, nous nous y embarquerons pour nous rendre en Frise, et si le Prince juge à propos de retourner par terre nous passons toutes les Provinces à l'exception de la Zélande; je ne sai pas encore à cet égard au juste ses intentions parce qu'il est encore en Flandre d'où il se propose de revenir le 6 de ce mois.

19. - De Prinses aan Frederik de Groote. - Maison du Bois, 1 août 17853).

- Une conversation interessante que je vien d'avoir avec M. Harris m'oblige d'importuner Votre Majesté une seconde fois aujourd'hui; ce ministre est de retour depuis peu de jours et c'est la première fois de sa vie qu'il m'a parlé des affaires; je l'ai toujours évité soigneusement jusqu'ici, mais ayant demandé cette fois à me parier, je n'ai pu m'y refuser. Après m'avoir réitéré à plusieurs reprises les assurances les plus positives du vif intérêt que sa Cour prenoit à la République et à la maison d'Orange, du désir sincère du Roi son Maître de le prouver dans l'occasion, et de l'ordre exprès qu'il avoit de me donner cette assurance, ainsi que de son zèle à exécuter des ordres qui auroient le bien de ma familie pour objet, il ajouta qu'il voyoit avec un plaisir inexprimable le rapprochement qui avoit lieu entre les Cours de Berlin et de Londres, objet de ses voeux depuis longtemps; il ne me dissimula point qu'il regardoit ce rapprochement comme un événement très heureux pour sa patrie, et qu'il ne négligeroit rien pour resserrer ces noeuds de plus en plus; que sa Cour en même tems envisageoit ce moment comme propice pour opérer un chan-

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gement avantageux dans ce païs-ci, et qu'elle ne demandoit pas mieux que de s'entendre avec Votre Majesté sur les moyens de maintenir et d'affermir le Stadthoudérat dans ses droits légitimes.

Je repliquois en termes généraux sur le commencement du discours, et quant à la fin je lui temoignois que cela me paroissoit encore excessivement délicat, vue la grande prépondérance de la France dans ce païs; que ce seroit infiniment exposer le Prince et Sa maison si on pouvoit à juste titre lui suposer des liaisons avec l'Angleterre contraires au sistème dominant, et que je voulois bien lui dire que j'avois tout lieu de croire que mon cher oncle l'envisageoit sous le même point de vuë; qu'il falloit donc attendre du tems et des circonstances un changement que celles d'à présent ne promettoient guère d'amener. Après avoir rendu toute la justice possible aux hautes lumières de Votre Majesté et à Sa profonde sagesse, qui se montroit en ceci comme en tout, il observoit que malgré la justesse de ce raisonnement il ne falloit pas non plus perdre de vuë qui si on attendoit encore quelque tems, il ne resteroit plus de moyen de soustraire la République au joug de la France; que l'Epoque de la Paix seroit d'abord suivie de la conclusion de l'Alliance avec la France, qu'alors tout seroit dit; il ajouta divers raisonnemens pour prouver la force des liaisons et des ménagemens de cette Cour vis à vis de l'Empereur, ainsi que des vuës arbitraires et ambitieuses de ce Prince qui ne pouvoit trouver de frein que dans la convention dernièrement signée à Berlin; il finit par me prier instamment de le mettre aux pieds de Votre Majesté, et de marquer à mon cher Oncle ce qu'il venoit de me dire de la bonne volonté de sa Cour pour nous, en suppliant très humblement Votre Majesté de vouloir bien lui suppéditer le plan de conduite qu'Elle croiroit qu'il doit suivre ici, pour parvenir au but desiré, et peser murement avec Sa sagesse accoutumée les moyens à mettre en oeuvre; il observa encore que les Esprits començoient à changer ici, que les partisans du Prince étoient nombreux, mais dispersés, divisés, et craintifs; que s'ils se sentoient protégés par deux Cours puissantes et respectables telles que celles de Prusse et d'Angleterre ils reprendroient plus de courage et de consistance. H me pria de garder cette conversation pour moi seule, et de ne la confier qu'à Votre Majesté. sentant la force de toutes mes raisons de prudence, et en particulier de n'en parier ici à personne; je lui promis ceci d'autant plus volontiers que je crois mieux servir le Prince en le lui laissant ignorer, au moin jusqu'à la réponse de mon cher Oncle; Votre Majesté sentira je crois que ma délicatesse n'est pas mal fondée à cet égard, d'ailleurs m'assure mieux du secret qui est des plus nécessaires. Mon cher Oncle daignera me guider dans cette affaire délicate et importante, et voudra bien me prescrire jusqu'à quel point Elle souhaite que je fasse usage de ce qu'Elle me répondra vis à vis de M. Harris; je serois au désespoir de le compromettre; peut-être si Elle trouvoit bon de m'écrire quelques lignes séparées que je puisse lire à M. Harris, ce seroit le plus sur pour prévenir tout mésentendu; ce sera toutefois comme Elle l'ordonnera, je m'abstien de toute reflexion sur cette affaire, m'en remettant à mon' cher Oncle.

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20. - Sir James Harris aan Lord Carmarthen. - Hague, 2d august 17851).

- My Lord. I had a very long conversation with the Princess of Orange on Sunday evening. It was of her own seeking; she came into Madlle Danckelman's appartments where I was on a visit, and began immediately, of her own accord, entering into a Political Discourse.

I found she was, more or less, acquainted with what had passed lately between the Courts of London and Berlin, as well as with the signing of the Germanic League, and that Her treating me now with a degree of confidence she never shewed me when I was here before, arose from a supposition that the Courts of Prussia and London were drawing towards each other. As I had room to believe she was very fully informed from her brother the Prince of Prussia, of what had been sent some months ago to Potzdam, I thought it would be neither wise or candid to be mysterious towards Her. I therefore informed Her, as far as is come to my knowledge, precisely, the footing on which we stand at Berlin; of the friendly intercourse which had lately been carried on between the two Courts, and of every appearence of coldness between them, or ill-will, having been done away. I added that I would not conceal from Her that we had proposed to His Prussian Majesty a plan of co-operation in Holland, with a view to recover the Republic from its present State of subjection to France, and to restore the Power of the Stadtholder, and that we had not scrupled to declare we would go hand in hand on this occasion; but that the King of Prussia had declined our offer, giving for reason ‘que la Poire n'étoit pas mûre’ and that it would be better to wait till matters were made up with the Emperor before we attempted any measures here; - that as we considered this a direct refusal, we had said nothing more on the subject; - at the same time however, I would confess to Her Royal Highness, that our opinion by no means coincided with that of His Prussian Majesty, for that we were persuaded that if nothing was effected while the Negotiation with the Emperor was pending, nothing could be effected after it was concluded. I told her that I was convinced that fear was more likely to operate on the minds of men constituted like the present leaders of the faction than any other motive; - that as for any act of violence against the Prince they never would dare to attempt it, if they knew he was supported by two such great Powers as England and Prussia, and the body of his friends would then venture to appear and stand out in his behalf, which, circumstanced as the country was, they were naturally afraid to do; - that, on the contrary, I considered the giving time to the party to carry their views into execution, without opposition, as the surest means of effecting the irrevocable downfall of the Prince of Orange, and that the day when the Treaty of Alliance between France and Holland was signed, would be that which would terminate the existence of a Stadtholder in this Country.

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The Princess said: ‘she could not deny that France had always been their worst enemy, but’ added she, ‘the King of Prussia thinks differently; he has always advised us to keep on terms with the Court of Versailles, as that is the only chance of retaining any part of our Power; and abandoned as the House of Orange is by all its friends, and connected as I am, we could not but pay a due deference to His advice.’ - I owned that His Prussian Majesty rather leaned towards the interest of France in this country. The Princess said: ‘she could not pretend to contradict me; that te King of Prussia had certainly been very much encouraged by His Brother Henry to expect France was ready to enter into an alliance with Him, but that she believed He was now undeceived on this point, and that she could assure me the last letters she received from Potzdam were by no means french’1).

The last thing the Princess said, was: ‘It must not appear that we have ever had this conversation. If it leads to something, we may easily meet again. In the meanwhile our conduct must not be altered; you must continue to appear to make no Party-distinctions, and I must keep up the same appearances towards M. de Vérac and his family.’

I cannot pretend to say whether the Princess by thus speaking with me, did it in consequence of a hint from Berlin, or whether entirely from her own head; - I hope in either case, I have not said either too much or too little, and if no good, at least no harm will result from this conference. I am certain that it has made a favorable impression on Her mind. - It is to be remarked she took the advantage of the Prince's absence to speak to me.

21. - Frederik de Groote aan de Prinses. - 11 août 17852).

- Machere Nièce. De tous nos sens, celui de la vuë fait la plus forte impression. Par cette raison les Payens admettoient leurs idoles; les Catholiques leurs images, pour nourir la superstition des peuples. Montrez donc, ma chere enfant, votre Stadthouder à vos gros Républicains, pour réveiller en eux un reste d'attachement pour la maison d'Orange, et afin que vos Aristarques sachent qu'il est encore des Provinces qui conservent de la rceonnoissance pour les descendants d'une familie qui cimenta les fondements de leur liberté.

Een tweede brief van dezen datum bevatte het antwoord op het andere schrijven der Prinses van 1 Augustus, doch is niet bewaard. De inhoud valt wel te benaderen:

22. - Sir James Harris aan lord Carmarthen. - August 22d, 17853). -

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The King of Prussia's language here is a mere mockery, and his recommendation of moderation and conciliatory measures does not proceed from any sentiments of timidity or irresolution which may attend old age, but from a decided Intention to keep, at any rate, on terms with France. The last Letters He has written to the Princess of Orange are, I am convinced, of the same tendency, and though they may be couched in friendly words, amount to an absolute refusal to do anything effectual here. I am inclined to this belief because I was to have seen the Princess early this morning, and I received a note last night intimating that although the Letters she expected from Potzdam were arrived, yet, ‘comme il n'y a rien qui presse, Elle croyait qu'on ferait mieux d'attendre jusqu'à mercredi, soir du Bal, avant que d'en parier.’ It is easy to explain what this means, and that their Contents are nearer my expectations than Her wishes....

23. - De Prinses aan Frederik de Groote, 25 Augustus 17851). -

Berusting; zij zal zich tegenover Harris gedragen zooals de Koning aangeeft.

Mais qu'il me soit permis d'exprimer mon vif désir que les circonstances permettent à mon cher oncle de témoigner énergiquement les bontés et la protection dont Elle nous honore; ce ne peut être contre la France si longtemps qu'elle ne lève pas le masque, je sent que cela est très difficile; ni ouvertement avec l'Angleterre parce que cette puissance est encore en trop mauvaise odeur ici; mais il est certain que si on ne trouve pas un moyen de relever le courage des vrais amis de la constitution, et d'imposer quelque crainte à ceux qui cherchent à la renverser, l'état du Prince et de sa familie est on ne peut plus précaire.

24. - De Prinses aan Hertzberg, 25 Augustus 17852).

- Depuis ma dernière, les chefs de la cabale n'ont pas fait la moindre démarche pour se rapprocher de nous, au contraire. J'ai entendu plusieurs fois M. Paulus, étant seule avec lui; il a paru s'ouvrir à moi avec beaucoup de franchise, il a de l'esprit et j'ai trouvé de bonnes idées dans son sistème, mais d'autres très erronées, auxquelles il tient cependant fortement, par exemple il veut introduire une espèce de démocratie, et il voudroit que ce fut le Prince lui-même qui en donne l'exemple, qui commence par se dépouiller de plusieurs droits jusqu'ici reconnus légitimes; je n'ai pu entrer là-dedans d'abord parce qu'en conscience je le trouve pernicieux à la République et puis qu'il seroit inutile de le proposer à S.A.S. qui ne voudroit pas seulement entendre parier de quelque chose d'aprochant; en effet si je pouvois vous détailler tout ce plan (qui feroit plus que l'objet d'une lettre) je m'assure, Monsieur, que vous en reconnoitriez l'absurdité. Ce n'est pas cependant que je ne sente très bien combien l'affection de la Nation est une chose précieuse pour le Stadhouder, mais celui-cy doit res-

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ter neutre entre les regens et le peuple; il doit maintenir les justes droits de la régence, et garantir le peuple de l'oppression: pour jouer un si beaurôle il faut avoir cette affection qui tient en bride les Régents.

25. - De Prinses aan Frederik de Groote. - Maison du Bois, 5 septembre 17851). -

Zij zullen over een dag of tien naar Friesland gaan, maar de reis niet over Amsterdam nemen:

.... nous avons été informé sous main que les magistrats de cette Ville de tous les partis craignoient quelques désordres qu'ils n'auroient pas le pouvoir de réprimer, ce malheureux esprit de démocratie gagnant considérablement dans cette Ville, et ôtant la force nécessaire au magistrat dont il jouissoit d'ailleur; ces partisans de la democratie ne sont pas du nombre de ceux qu'on peut compter parmi les amis du Stadhouderat; ils ne veulent que l'indépendance, et quand à leurs sentimens à notre sujet ils sont d'accord avec le parti aristocrate qui nous est opposé. Nos amis se distinguent par leur attachement à la constitution établie qu'on veut à toute force renverser; .... il est bien essentiel de trouver quelque moyen de renforcer notre parti, de lui donner de la consistance....

26. Thulemeyer aan Frederik de Groote, 10 September 17852).

- Le Prince d'Orange n'a pu combattre le désespoir qui s'est emparé bier de son esprit. Il à projetté d'abandonner la partie et de se retirer. Je n'ai cessé d'employer les représentations les plus pressantes et en même tems les mieux motivées, pour le détourner d'une résolution aussi funeste. Sa resistance a été d'abord très forte, au point qu'il a exigé dans ma présence de la Princesse son Epouse, de l'accompagner dans sa retraite avec ses enfants. J'ai cru alors ne devoir rien ménager, et j'ai déclaré au Prince que je m'opposois au nom de Votre Majesté à l'éloignement de la Princesse d'Orange et des illustres rejettons de sa Maison. Qu'en tous cas si une nécessité urgente m'y appeloit, je manifesterois même ces sentimens envers le Gouvernement des Provinces Unies, afin de conserver à ses descendants une dignité qu'il paroissoit disposé à abandonner. La Princesse a appuyé mes représentations avec sagesse et cette douceur qui la caractérisent d'une manière si éminente, mais ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai obtenu avec peine que le départ fut différé de quelques jours. Le Prince d'Orange soutient que son départ du païs, pourvu qu'il fut accompagné de son Epouse et de ses enfans, perdra ses adversaires et portera la nation à le rappeler avec éclat et avec le recouvrement de toutes ses Prérogatives. Je diffère très fort d'opinion et je suis convaincu qu'une démarche aussi fausse fermeroit à la maison Stadhouderienne l'entrée du païs pour toujours. Le Prince est travaillé de l'idée qu'on en veut à sa vie, et qu'on ne songe à rien moins qu'à lui faire son procès.

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27. - Hertzberg aan Frederik de Groote. - Berlin, 18 septembre 17851).

- Si dans cette occasion on ne fait pas quelque effort vigoureux pour la maison d'Orange, elle sera non seulement perdue pour jamais, mais la Répuplique sera aussi entièrement perdue pour la Prusse et augmentera le nombre de ses ennemis, en accédant au sistème des Cours de Vienne et de France, ce qu'on pourra peut-être empêcher en conservant du moins le Stadhouderat sur un pied quelconque. Si le Prince d'Orange se laisse tant emporter par la peur que de s'en aller, il peut en résulter le bien que Madame la Princesse d'Orange restant avec sa familie en Hollande, comme Votre Majesté le lui conseillera sans doute, elle pourra se mettre à la tête des affaires, et les rétablir peu à peu, en se laissant adjoindre un Conseil des Provinces, dans lequel les chefs du parti opposé voudront sans doute se placer, mais lesquel elle ne manquera pas de regagner peu à peu par sa prudence. Je sais par des avis particuliers, que les trois Pensionnaires ne désirent pas mieux que de gouverner de cette manière avec la Princesse, croyant impossible d'aller ensemble avec le Prince. Ce ne sera pourtant qu'un pis-aller dans un cas de nécesssité.

28. - Frederik de Groote aan de Prinses. - Potsdam, 18 septembre 17852).

- Ma très chère Nièce. Je répète ma chère Enfant ce que je vous ai souvent dit, que la crise où vous vous trouvez malheureusement, me fait une peine infinie. C'est le résultat d'une infinité d'intrigues de ceux qui veulent gouverner la Hollande et qui ne sont pas délicats dans le choix des moyens qu'ils employent. Je ferai faire des remontrances chez les Hauts et Puissants Seigneurs, j'en ferai faire également à Versailles; cela vous donnera au moins quelque répit. Mais d'autre part, je conseille très fort au Prince de tenir pied à boule. S'il s'éloigne à present de son poste, il donne gain de cause à ses ennemis, et par trop de précipitation lui-même il s'exile pour jamais, avec toute sa familie, de la Hollande. Ce sont les intrigues de Harris qui est d'un naturel un peu violent, qui ont enflammé les Aristarques, leur cabale et les François. Il faut les appaiser par une conduite mesurée, et tacher surtout de conserver le tronc du Stadhouderat autant que possible....

29. - De Prins van Pruisen aan de Prinses. - Potsdam, 18 septembre 17853).

- Je vous ai écrit ma cher soeur une lettre ostensible, et me réserve de vous témoigner mes vrais sentiments par ces lignes. Si le Prince persiste à se retirer, le bien de la chose ne perdroit rien et il me semble qu'il seroit utile qu'on lui conseilla de s'absenter pour quelque tems en lui faisant envisager d'un côté sa propre sûreté et pour donner le tems aux esprits échaufés du parti patriote de se calmer.

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Autant que l'éloignement du Prince paroit nécessaire, autant il est de toute nécessité que Tous restiez me cher Soeur avec vos enfants; Tous avez la confiance et l'amitié générale, et d'après ces sentiments que Vous avez inspiré il y a lieu d'espérer que l'Harmonie se remettroit entre les différents partis dont la dissention a mis le trouble dans la République. Je suis fort content de la manière dont Tul meier a agi dans cette affaire et j'espère que Vous le serez aussi. C'est lui qui vous fera parvenir ces lignes.

30. - Joseph Ewart aan Sir James Harris. - Berlin, September 21st, 17851).

- A courier from the Hague arrived here on the morning of the 18th, and I set out for Potzdam immediately afterwards, carrying with me a Letter from the Princess of Orange to the Prince of Prussia, which I was desired, by Mr. Hertzberg, to deliver, and to communicate to Him the different intelligence, received from the Hague. His Royal Highness expressed the greatest surprise and indignation at the Stadtholder's Panic, and wish to abandon the helm. He repeated his own desire to take an active and decided part in support of his sister, but regretted the impossibility of prevailing on the King to adopt the same system. His Royal Highness desired me to return to Him in the evening, when he gave me two answers for the Princess his Sister - one of which he said was ostensible to the Prince, recommending firmness in general; the other secret, giving His own private sentiments with regard to the situation of affairs, and insinuating that if the Prince insisted on retiring, He ought not to be prevented, and that She should remain as Gouvernante.

The Prince explained himself very fully to me on this head, mentioning the Proposal made for that purpose by the patriots above eight months ago, which he said the Princess had then, very properly, refused to listen to, but, that as the Prince had given such repeated proofs of his misconduct and weakness, and now wished, of his own account, to retire, from motives of personal danger and in expectation of being recalled, He might be permitted to follow His inclination, which would at least do no hurt to the cause.

On the next day, returning to Potzdam, I had a conversation with the Duke of Brunswic. He blamed the Stadtholder for all his past imprudence and above all for his cowardice in wishing to retire from motives of personal danger. The Duke agreed that if the Prince persisted in his resolution to withdraw, he ought not to be forced to remain, and that the Prixcess would preside alone in the Council, as Gouvernante and Tutrix of Her Children. The Result of this Conversation was a Request from the Duke to get M. de Hertzberg to draw up a sketch of a plan of accommodation for Holland. I accordingly returned immediately to Berlin. M. de Reede having received the same day a long letter from Gijzlaar and Peter Paulus, repeating their anxious desire to enter into a constitutional

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arrangement with the Prince, and at the same time declaring in the most positive manner, that they would never treat with Thulemeyer, the Idea of employing another person was adopted. I returned to Potzdam yesterday, and immediately communicated the piece drawn up by M. de Hertzberg to the Prince of Prussia and to the Duke of Brunswic. I had my last conversation with the latter yesterday evening at Sanc-Souci. He came directly from the King, to whom He said the had communicated all the Ideas contained in the Plan, and that they seemed to meet with His Majesty's entire approbation. That the King had repeated the absolute necessity of the House of Orange's giving up a great deal; that His Majesty approved of the appointment and composition of the Council, and, in short, admitted all the essential points contained in the project. The Duke next told me that he had discussed fully with the King the delicate question ‘whether the Prince of Orange should be retained or not’, the Result of which was the same with that te had given yesterday, and that, at all events, the Princess and Her Children should remain, and would suffer no loss by the Prince's absence.

The Duke approved entirely of M. de Thulemeyer's being set aside, and that Baron Reede should be employed in the Negotiation, for which he considered him as in every respect the best fitted, not only on account of his attachment to the house of Orange, and his enjoying at the same time the confidence of the principal patriots, but from the opinion he entertained of his character. Being returned hither, and having communicated everything to M. de Hertzberg and to Baron Reede, the first has transmitted the project to the Princess of Orange. M. de Reede has written to Gijzlaar and Peter Paulus, to assure them of the King of Prussia's sincere wish to cooperate effectually to the reestablishment of Tranquillity in the Republic - and as a proof of H.M. 's impartiality, mentions His consenting that the different negotiations should pass trhough his hands. He has given them the substance of the plan proposed to the Princess.

P.S.1) In regard to the employment of Baron Reede, I am thoroughly convinced you would be well satisfied with him as a Negotiator, not only on account of his abilities and way of thinking, but from his extraordinary candour and prudence. I think it right to give you this particular assurance respecting him, as I know his friends at the Hague, in general, do injustice to his character in many respects.

31. - Hertzberg aan de Prinses. - Berlin, 21 septembre 17852).

- On m'a beaucoup pressé ici, de faire le projet d'un accommodement et d'un arrangement intérieur en Hollande; ou l'a montre à Potsdam à Messeigneurs le Prince de Prusse et le Duc de Bronswic, le dernier en a fait part au Roi, et on m'a assuré qu'il avoit trouvé également l'approbation

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de Sa Majesté et de Leurs Altesses Royale et Sérénissime et on m'a pressé de l'envoyer à Votre Altesse Royale.

L'entrée de V.A.R. au Conseil sera sûrement agréable à tous les partis; si V.A.R. a de la peine à proposer ce point par Ses principes de delicatesse, il pourra être proposé par le Roi. L'admission de quelques chefs du parti opposé au Conseil sera absolument nécessaire. M. de Reede croit que les Pensionnaires y sont portés,et veut s'y employer si on lui témoigne de la confiance. Une grande difficulté sera, quelle personne le Roi pourra y employer; M. de Thulemeyer, ou quelle autre personne.

J'espère que Monseigneur le Prince renoncera entièrement à l'idée funeste de quitter la Hollande, mais si contre toute attente il y revenoit, je crois que V.A.R. doit à tout prix rester en Hollande et se mettre à la tête des affaires. C'est absolument nécessaire tant pour les intérêts de la République que pour ceux de Sa familie.

Bijgevoegd:

Idée générale d'un plan d'accommodement intérieur en Hollande.

1o.Un Conseil du Stadhouder pour l'exercice de sa fonction, dans lequel il présideroit avec Madame la Princesse, et qui seroit composé de quelques personnes habiles de sa confiance, et des trois Pensionnaires ou de quelques personnes du parti aristocratique de leur propre choix, afin que le pouvoir exécutif du Stadhouderat, qu'on veut abolir ou diminuer à tout prix, soit aussi partagé et exercé du moins d'une manière qu'on ne puisse en reprocher les abus au Prince seul, qu'il ne soit pas responsable des fautes et des evenemens, et qu'il soit même aidé par des personnes habiles et laborieuses.
2o.il faut renoncer à tous les droits, et Prérogatives, qui ne sont pas inhérents au Stadhouderat comme il a été rétabli en 1747 et 48 et que les Stadhouders se sont appropriés plutot par connivence et par un certain usage que par des sanctions solennelles.
3o.il faudroit tacher aussi de faire non seulemeut un accommodement personnel entre les deux partis, mais aussi un arrangement général pour l'administration de tout l'Etat et du moins pour. celle du Stadhouderat. Il est impossible à quelqu'un qui ne connoit pas la constitution inférieure de la République et qui n'est pas en Hollande, d'indiquer tous les points qui seroient nécessaires pour un pareil accommodement général, mais ce feroit l'objet d'une discussion particulière entre les personnes qui seroient chargées de part et d'autre de cette besogne si difficile.
4o.le Roi a jette la base et a taché d'amener la voye de cette réconciliation, ou si l'on veut d'une refonte du Gouvernement, par la coalition des deux partis, en leur offrant dans les deux lettres qu'il vient d'écrire aux Etats-Généraux et aux Etats d'Hollande, ses bons offices et son intervention amicale et impartiale. Si le parti aristocratique accepte la médiation du Roi, ce qu'on verra par la réponse des susdits Etats, il s'agira alors de la mettre en exécution par une personne active, qui réunisse la confiance des deux partis et qui ait les connaissances et les talents nécessaires.
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5o.il faudroit sonder d'avance les trois Pensionnaires, pour savoir au juste s'ils veulent se prêter à une coalition, dont ils ont également besoin contre les démocrates, et pour leur mettre encore plus à leur aise, on pourroit leur demander et leur permettre de proposer eux-mêmes des conditions provisionelles d'un arrangement général à faire entre eux et le Prince Stadhouder, afin que le médiateur puisse ensuite négocier là dessus avec eux de bonne foi et sans surprise.

32. - De Prinses aan den Prins van Pruisen1).

- Je vais vous répondre, mon cher frère, à l'ouverture que vous me donnez de vos vrais sentiments. Si le Prince dans un moment de vivacité s'oublioit au point de quitter effectivement la partie, je crois que mon devoir seroit de rester avec mes Enfans, et de prendre alors pour eux tel parti que les circonstances et la sagesse me prescriroient, mais je ne puis le lui conseiller, ce seroit 1o manquer à ce que je lui dois, et 2o ne pas améliorer le sort des Enfans; quel triste état que celui d'une familie, que le chef abandonne! et que votre amitié pour moi ne vous fasse pas illusion; on fait semblant de m'aimer parce qu'on veut me mettre en opposition au Prince et qu'on cherche à diviser la familie; du moment que je serois à la tête, les condamnations pleuvroient sur moi, parce qu'on a résolu un changement de constitution, et vous savez qu'une minorité offre rarement les moyens de donner de la force à l'administration; d'ailleurs je trouverois pen de secours dans le Ministère. Je ne suis pas aveugle sur le chapitre dû Prince; il a cependant de très bonnes qualités dont ou pourroit tirer parti, mais on veut l'écraser, et c'est à moi de le défendre et le droit des Enfans, autant que je puis; la méditation du Roi pourroit renforcer mes moyens et je compte beaucoup là-dessus. Croyez vous que le Roi veuille encore tenir sa promesse et nous envoyer M. de Hertzberg? J'ai tout lieu d'être très contente de M. de Thulemeyer, et je suis charmée que vous lui rendiez justice, mais je suis obligée d'avouer qu'il n'est en général pas fort aimé ici. Ceci entre nous s'il vous plait.

33. - De Prinses aan Hertzberg. - Leeuwarden 3 octobre 17852).

- Je ne vois pas d'inconvénient de demander un plan d'accommodement à la Cabale, cela n'engage à rien, et si M. de Reede veut s'y prêter, à la bonne heure, mais au mon de Dieu qu'il ne se. fie pas aveuglement à Messieurs les pensionnaires, il en seroit infailliblement la dupe; ils ne marchent pas droit, cela est certain. Si le Prince abandonnoit la République dans un moment de désespoir, je suivrois votre conseil, et je tacherois de défendre les droits de mes Enfans, mais ne croyez pas que le Prince mis de côté les choses iroient mieux avec moi. Peut-être y auroit-il moyen de mettre une digue au torrent par cette province-cy qui est moins mauvaise,

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mais j'y compte fort peu, quoique je l'essayerai. Il n'y a à mes yeux que vous, Monsieur, qui conveniez pour être le médiateur au nom du Roi, mais je n'ose me flatter que cela se pourra encore; j'en ai touché un mot à Sa Majesté1) sans vous nommer directement, mais en lui rappelant ses promesses.

Bijgevoegd:

Considérations sur l'idée générale d'un plan d'accommodement intérieur en Hollande.

1o.On doit dire en conscience qu'on ne voit pas la possibilité de disposer le Prince à prendre ce parti, dont la simple proposition le révolteroit au delà de toute expression. Nombre de personnes du bon parti me blâmeroient de m'ingérer dans une chose que je sais lui être désagréable. L'opposition et peut-être même la plus grande partie des Régents craindroit que mon entrée dans l'administration de cette façon, donneroit trop d'influence à la Prusse, et bien des personnes qui maintenant ne seroient pas éloignées de me parier d'affaires, y répugneroient sitôt que cela seroit exigé par le Roi comme une condition expresse. Il faut néanmoins que celui qui sera envoyé ici de la part de Sa Majesté, prenne soin que le Prince change sa manière de travailler. Pourvu que le Prince s'y prête, cela est très aisé à arranger; il ne faut qu'un très petit nombre de personnes qui travaillent avec lui et l'aident dans l'expédition des affaires relatives à ses différentes qualités, mais ceci doit et peut se faire sans y mêler les Etats, et cependant de manière que le parti prépondérant en soit satisfait. Quant à un Conseil en forme, s'il doit avoir la sanction du Souverain, c'est une innovation qui rencontrera certainement de grandes difficultés, qui heurte les colleges déjà existants, qui choque le ministère de la République lequel est proprement le conseil naturel du Stadhouder; s'il avoit été mieux composé nous n'en serions pas où nous en sommes, et tant que. nous n'aurons pas un Grand-Pensionnaire capable et honnête, il est impossible que les choses se redressent. Un changement dans le ministère de la République est ainsi (selon moi) le second point que la médiation du j Roi devroit opérer, mais cela ne pourroit être arrangé et discuté qu' avec la personne que le Roi enverroit. Ce Ministère une fois bien composé, et d'accord entre soi, je crois qu'il ne seroit pas impossible d'arranger des conférences fixes avec le Prince et les ministres, où les affaires seroient discutées et arrangées d'avance, et où l'on admettroit de tems en tems l'un ou l'autre membre du Gouvernement selon que les affaires le requéroient. - Il faudroit que le nouveau Grand-Pensionnaire possédât la confiance des deux partis indistinctement; une telle personne est presque introuvable pour le moment. Il ne meneroit à rien de bon de sanctionner le pouvoir usurpé des trois pensionnaires en les plaçant à la tête d'un Conseil: le Prince et les régents de leurs villes une fois concilies, ce pouvoir tombe de lui-même. Je dois dire que leurs talens pour la direction ne méritent pas qu'on renverse pour eux les loix établies en les mettant à la tête de
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l'administration; témoin la façon dont ils traitent l'affaire avec l'Empereur afin d'avoir au plus tot les coudées franches contre le Prince.
Het tweede punt zal mogelijk minder bezwaar opleveren: al het voornaamste staat toch in de commissiebrieven, regeeringsreglementen etc. genoemd. In allen gevalle zal er een langdurige discussie uit voortkomen waarbij nauwkeurige kennis der constitutie te pas komt.
3o.Mais je crois qu'on aura beaucoup de peine à faire accepter que la médiation du Roi s'étende sur l'administration de tout l'Etat. Le principal est d'abord de faire accepter la médiation, et ceci dépend à mes yeux du succes des négociations en France. Et si on la refuse, que fera alors le Roi? de la réponse à cette question dépend peut-être la conservation du Stadhouderat ou son renversement.

34. - Lord Carmarthen aan Sir James Harris, 11 October 17851).

- Circumstanced as the Stadtholder now is, it would be extremely difficult if not impossible to devise anything like immediate assistance even to a character possessed of every degree of manly fortitude and political wisdom. Te best we can therefore hope for in the present instance is, to prevent, if possible, the Prince of Orange from contributing himself by any ill-concerted measure of resentment to accelerate his own disgrace and the ruin of his House. To return to the Hague now, would but expose him to fresh insult and oppression2). A voluntary abdication of the Stadtholderate would on the other hand compleat the measure of his disgrace not only now, but render his Character despicable to posterity3). The measure, therefore, wich appears most likely to be productive of any advantage is this: to declare his Intentions of absenting himself4) from the Hague, and to justify this his Resolution in a written exposé of his motives for having taken it. A public appeal of this sort, joined to the absence of the Prince5) from the usual place of his6) Residence, would probably render the leading party cautious in provoking the populace by

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any violent attack upon the Prince, and might produce some new and favourable circumstances in his behalf in the more distant Provinces.

35. - Sir James Harris aan Lord Carmarthen. - hague, 25th October 17851).

- The Prince and Princess remove from Leeuwarden on the 29thto Groningen and from thence, probably, to Loo. I fear there is a strong hankering to return bither, and that there are not wanting people about the Court who, from motives of pleasure, of convenience, or, perhaps, from still more interested views, are forward enough to advise this measure. I remain clear in my own opinion on this subject, and shall move Heaven and Earth to keep the Prince and Princess together and at a distance from the Hague. The pains the patriots take to bring the Court back, clearly prove the impropriety of its Peturn, and it is evident to me that the absence and neutral conduct of a Stadtholder (particularly of one like the present) would tend more to distress and unpopularize them than the best concerted Plan of activity He is capable of adopting.

My chief apprehension is from the side of the Court. If I could prevail on them to do nothing, I think much might be done for them, but if they move themselves, I dread their marring their own cause.

The Prince has received my Letter but not answered it. The Princess writes, on this occasion, these words: ‘Le Prince a reçu la Lettre du Chevalier Harris, et m'a dit qu'elle m'étoit aussi destinée, mais il ne me l'a pas donnée à lire jusqu' ici. Je sais cependant, en gros, l'opinion qu'elle renferme, mais en vérité, je ne sais encore me décider si elle est bonne ou mauvaise; et je ne crois pas que le Prince l'ait examinée jusqu'ici avec assez de soin pour pouvoir en parier pertinemment; ce qui est sûr c'est que je désire beaucoup que tout entre dans son ancien ordre.’

This Letter was dated the 21st of October, One of the 22d says: ‘j'espère que je vous reverrai dans peu, mais ce moment ne me parait plus ainsi prochain qu'il y a quelques jours; cependant plus je pense, moins je vois la possibilité d'un long exil; on peut trainer, mais finalement il faudra pourtant revenir où le Devoir nous appelle, où doit être notre Domicile; et plus ou traîne, plus ce Retour aura de difficultés.’ - It is clear to me, from these Expressions, that the Princess is inclined to return hither, and that she will not approve of my letter to the Prince. I trust however, this is only from a desire of being in a more agreeable situation, and that it does not arise from her concurring in the views of the Patriots.

36. - Sir James Harris aan Lord Carmarthen. - hague 8th November 17852).

- My Lord. - The following intelligence may, I believe, be considered as perfectly authentic; the channels through which I have

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received it leave no doubt of its being a faithful account of the plan the ruling faction have resolved on.

I must begin by premising to your Lordship that the whole of what I am going to write has been concerted with France; that it has the sanction, and will have the support, of France, throughout every part of it; and that, when I mention the ruling faction here, I consider the Court of Versailles as making a very material part of it.

Their plan is, by persecution, and by operating on the fears of the Prince of Orange, to force him to relinquish the administration of the Stadtholderate, and to retire to his possessions in Germany. They have some charges against him not totally void of foundation, and their own art and his weakness will furnish them with many specious and affected ones. They mean to bring these forward with all the publicity possible, and to terrify him with the idea that his conduct has been so highly criminal against the State, that his head is liable to be brought on the block. His imagination is already strongly impressed with this dread, and, in conversing with me, he has often said, the Patriots mean to treat him as the Republicans did Charles te First.

If they succeed in driving him out of the Republic (which I think very probable), they then intend to call upon the Princess to be Regent, and to put into Her hands so much of the fragments of the Stadtholderian Power as is necessary for their own purposes, both at home and abroad - at home, to prevent the progress of Democracy, - abroad, to satisfy the Hing of Prussia, whom though they hate, they are taught by France to treat with great management and circumspection. They do not intend to alter the hereditary succession of the Stadtholderate, but they propose taking on themselves the education of the Prince of Orange's children, and to send the two young Princes to be brought up in France (as it is said, however incredible), under the tuition of the Rhingrave of Salm. The Post of Captain- and Admiral-General is to remain with the Stadtholderate but to be put in Commission, as incompetent with a female Regency, and the power of marching the Troops, of pardoning criminals, and of recommending proper persons to fill up vacancies in the Magistratures of the different Towns, to be taken entirely and for ever, from the Stadholder. I need not point out to your Lordship the pernicious tendency of this plan, nor how completely it will answer every purpose of the Patriots, without exposing themselves and their party to the danger which would inevitably attend a direct attempt to subver t the Stadtholderate entirely, and to substitute a new form of Government in its place. It will leave strength enough in the hands of the executive power to keep the democratical faction from rising, and not enough to controul the aristocratical authority. It will satisfy France by making the House of Orange dependent on the towns of Holland, which province will be always dependent ou France; and I much fear, it will also satisfy the King of Prussia, whom I consider much less interested in the preservation of the Stadtholderate than in obtaining for his Niece such a situation as

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may not degrade Her, and which may appear to posterity as if He had not forsaken Her.

I confess, My Lord....

Het vervolg is nauwkeurig afgedrukt, Diaries II, 120.

37. - Vergennes aan Verac, 1 October 17851).

- Nous partageons pleinement, Monsieur, la façon de penser des patriotes à l'égard de M. le Stadhoulder; nous le regardons comme un ennemi secret de la tranquilité et de la liberté de la République; mais nous sommes d'avis que ce sentiment doit être dissimulé, et qu'il est nécessaire que les patriotes mettent dans ce moment-ci beaucoup de circonspection dans les procédés à l'égard de M. le Prince de Nassau: ils pourront reprendre leur s