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Bijlagen bij hoofdstuk IV.

1. - Uit opstellen van markies de Saint-Simon over Utrechtsche zaken1).

Dat van 30 October 1786 begint met een terugblik op het gebeurde der vier laatste jaren. Naar schrijvers overtuiging zijn eenige weinige regenten voor de omwenteling aansprakelijk:

Quelques personnes offensées, mécontentes et d'un génie ardent profitent de l'irrégularité de la conduite et de la politique du Stadhouder pour lui susciter des ennemis, joindre l'animosité générale à la leur, confondre leur vengeance dans celle de la nation, et opérer dans la République un changement qui les mettra à la tête du gouvernement.

Les moyens emploïés pour opérer cette révolution sont si neufs et si singuliers, amenés de si loin, qu'on les a vu mettre en usage pendant un terme assés long, sans en prévoir les conséquences. Le secret a couvert une grande partie des insinuations qu'on faisoit aux acteurs qu'on vouloit introduire sur la scène.

Qui pourroit imaginer que quatre ans à l'avance ou préparoit l'esprit -des bourgeois les plus aisés et les plus tranquilles, des marchands les plus sages et les plus opulens, des artisans les plus industrieux et les plus raisonnables, pour en faire un jour les plus violens acteurs des scènes les plus tragiques? C'est cependant ce qu'on trouve sans équivoque en recherchant tout ce qui s'est passé depuis un si long tems dans la ville d'Utrecht.

On a commencé par des plaintes très fondées et des murmures sur les abus du crédit et de l'autorité du Stadhouder: qu'il ne réservoit aucun emploi pour les bourgeois, qu'il les donnoit tous à des laquais ou des cochers, même à des étrangers, quoiqu'ils fussent destinés pour la bonne bourgeoisie. Des magistrats ont tenté de réformer cet abus; ils ont réussi sans trop d'opposition. Les bourgeois ont obtenu les emplois déstinés pour eux. Les magistrats enhardis ont osé davantage, les bourgeois les ont soutenus; ils ont attaqué d'autres abus, des usages, et enfin des droits du

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Stadhouder; ils ont encore réussi. Les bourgeois, flattés du succès et de la part qu'ils y avoient, se sont laissé persuader de faire des associations libres, de s'exercer aux armes, de se lier entr'eux par des serments, d'inviter les bourgeois des autres villes d'entrer dans leur confédération pour contribuer à la réforme de tous les abus et au retour de la plus parfaite liberté. Les magistrats appuyés si solidement se sont occupés à réformer l'état de leur magistrature et à se donner une consistance assurée, pour ne plus dépendre du Stadhouder qui pouvoit les renvoyer quand il vouloit, et ne leur accordoit de titre et d'emplois que pour un an. C'est alors que pour opposer un parti puissant à celui du Stadhouder, les magistrats ont employé tous les moyens possibles pour s'assurer des bourgeois; ils les ont accablés de propos, de gazettes, et de brochures qui toutes redisoient que dans une République la voix du peuple est celle du Souverain, que la véritable Souveraineté résidoit dans l'unanimité des citoyens, qu'ils devoient rentrer dans leurs droits, avoir part à toutes les élections, toutes les charges n'étant occupées que par des représentants du peuple, qui devoient naturellement dépendre d'eux. On eut soin de designer qu'un Stadhouder n'étoit qu'un représentant du peuple dont il tiroit toute son autorité.

Les magistrats employoient tous les moyens possibles pour élever l'âme des bourgeois; on en a vu la nuit aller eux-mêmes trouver les bourgeois dans leurs lits, les presser de se rassembler le lendemain et de donner leurs voix dans des délibérations de fort peu d'importance, les exhorter à se former un régime de gouvernement, à se classer, à établir des comices, des assemblées régulières dans lesquelles ils pussent traiter des affaires publiques; on leur distribua gratis des petits livres d'instruction; enfin on réveilla si bien leur ambition, qu'ils allèrent fort au delà de ce qu'on attendoit d'eux et prirent connoissance de tout ce qui se passoit dans la régence de la ville, et prétendirent se comporter en Souverain, abolir les loix anciennes et en créer de nouvelles, en établissant une constitution nouvelle.

Volgt een verhaal van het indienen der bezwaren, van de volksbewegingen van 11 Maart, 2 Augustus en 19-20 December 1785, en van 20 Maart 1786. Over deze laatste evenwel is het opstel van 4 Juni 1786 uitvoeriger:

Deux mille bourgeois en armes sous le prétexte d'écarter la contrainte et le tumulte (car des villes et des campagnes tout un peuple innombrable étoit accouru pour voir la scène du jour) se placèrent devant l'hôtel de ville, sur la grande place et à d'autres postes, et prirent toutes les précautions possibles pour empêcher les discordes et laisser aux magistrats la liberté de leurs suffrages. On leur déclara cependant qu'ils ne sortiroient point qu'ils n'eussent donné à la bourgeoisie la satisfaction qu'elle attendoit d'eux, c'est à dire d'abolir l'ancien Reglement et d'introduire le nouveau. Les bourgeois établirent un comité dans l'hôtel de ville à côté de la salie du conseil: les deux chambres s'envoyèrent réciproquement des députés avec des propositions ou des réponses, qui se rapportoient aux bourgeois assemblés sur la place, où ils tenoient conseil et décidoient ce

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qu'on devoit dire à la Régence. La négociation se suivit avec une grande vivacité depuis les 8 heures du matin jusqu'à 10 heures et demi du soir, qu'enfin trois magistrats se rendirent à la clarté des flambeaux sur la grande place et furent introduits clans le cercle des bourgeois armes, et firent serment au nom de 14 membres de la Régence, qu'ils souscriroient au nouveau Reglement au 12 octobre. Un 15me magistrat ne voulut pas faire serment, mais donna sa parole d'honneur en place de serment de s'y soumettre au 12 octobre s'il étoit encore en place. Les bourgeois n'en exigèrent pas davantage, mais déclarèrent qu'à compter de ce jour ils regardoient l'ancien Reglement comme aboli et le nouveau cemme établi; qu'ils souffriroient que ceux qui n'avoient pas prêté le nouveau serment fissent encore les fonctions de leurs charges jusqu'au 12 octobre qui seroit le dernier terme de leur patience, et qu'ils auroient des magistrats prêts à remplacer ceux qui ne voudroient pas faire le serment exigé. On craignoit d'autant plus une révolution sanglante ce jour-là qu'on vit Van den Berg, ancien ministre de Deutekom, monter sur un tonneau et le sabre à la main faire un serinon très violent au public dans un cabaret ouvert de tous les côtés, pour prêcher l'abolition de l'ancien Reglement. Des femmes furieuses, le couteau dans la main, courroient les rues, menaçant de massacrer les bourgeois qui manqueroient à leur devoir et ne garderoient pas leurs postes. On savoit qu'il y avoit plus de 500 soldats étrangers dans la ville, qu'on enivroit dans des cabarets payés à cet effet depuis le commencement de l'hyver, pour faire du tumulte, tandis que d'un autre côté outre les 2000 bourgeois armés il y en avoit 13.000 [1300?] des différentes villes de plusieurs provinces et surtout de la Hollande, venus en vertu de la confédération pour soutenir ceux d'Utrecht; on avoit un magasin de 20.000 fusils et des munitions de toute espèce prêtes à leur distribuer, mais on n'en fit aucun usage. La garnison consistant dans deux escadrons de cavallerie eut ordre de rester dans ses quartiers; les bourgeois se chargèrent des patrouilles et d'entretenir partout le bon ordre. On voyoit courir des patriotes étrangers à la ville, exhortant le peuple à forcer l'hôtel de ville, à contraindre les magistrats à faire ce qu'on exigeoit d'eux, et enfin à commettre toutes les violences possibles. Aucun bourgeois armé ne quitta son poste et ne souffrit autour de lui le moindre mouvement de tumulte et de sédition, et ne donna l'exemple de la plus légère indiscipline.

De tout l'hyver on n'avoit pas essuyé un tems si rigoureux. Outre un vent froid et violent il tomba de la neige si abondamment et si constamment pendant toute la journée qu'il y en avoit un pied et demi de hauteur partout où elle n'avoit pas été foulée. Les bourgeois cependant se piquèrent de ne point quitter leurs postes et de conserver la plus grande sobrieté, ne buvant pas un seul verre de vin ni d'eau de vie, mais seulement du thé ou du caffé qu'on leur apportoit, sans qu'on entendit le moindre murmure de leur part, et que leurs officiers eussent la moindre peine à les contenir. Le bon ordre ne fut pas troublé même après leur retraite, et l'on n'entendit aucun bruit dans les cabarets que l'affluence du monde remplissoit. On trouvera peu d'exemples d'une pareille discipline, d'une

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telle patience et d'un sang froid si soutenu dans une épreuve de cette nature .... Ce ne sont point ici des émeutes populaires comme on en a vu si souvent dans la République et de nos jours à la restauration du Stadhoudérat: c'est un mouvement universel dans une nation; ce sont des menées sourdes qui vont produire un grand changement dans la République .... Ce sont des hommes libres qui défendent leur liberté .... Leur enthousiasme, leur secret, la profondeur de leurs conseils qu'on ne pénètre point, leur force, leur discipline, les conduiront à leur seul but, qui n'est pas seulement de diminuer la prépondérance du Stadhouder, mais d'avoir part au gouvernement et d'en écarter quiconque les contrariera .... Ce ne sont pas les régences des villes qui pourront arrêter les bourgeois; Dieu veuille que les troupes n'ayent point ordre de les contraindre; le ciel préserve la République d'une guerre civile! le moment est peut-être si proche que la moindre étincelle peut allumer ce feu; qui pourra se flatter de l'éteindre!

Maar de Staten van Utrecht durven het teeken niet geven, gaat het opstel van 4 Juni 1786 voort. Zij zouden niet enkel met de utrechtsche burgers maar met de gansche macht der patriotsche partij ook buiten Utrecht, en met die der provincie Holland te doen krijgen:

Dans la crise actuelle la Hollande affecte une telle supériorité et cabale si publiqnement pour allumer le feu, qu'il s'en faut de beaucoup que la confiance ne soit établie entre ces deux provinces. Les Etats d'Utrecht se sont plaints à ceux d'Hollande de l'autorité qu'ils affectoient de vouloir exercer dans leur province, en prétendant disposer à leur gré des troupes que la province balançoit d'appeler à son secours, ce qui devient malgré ses inconvénients de jour en jour plus indispensable, tant la bourgeoisie abuse des armes qu'elle porte. Les choses en sont même au point qu'outre la défense que la province d'Hollande a faite aux troupes qui sont sur sa repartition de passer dans la province d'Utrecht, et au Stadhouder de les employer contre cette province, on ne doute pas si la province d'Utrecht appelle celles qui sont à sa repartition pour contraindre la bourgeoisie, la Hollande pour favoriser la bourgeoisie n'envoye les régimens à sa solde et ceux des autres provinces qui voudront s'unir à elle, pour opposer régimens à régimens, et commencer une guerre civile.

Cette considération n'est pas la seule qui rende la province d'Utrecht si lente et indécise sur ses délibérations et si circonspecte dans la marche de ses troupes.

La confédération bourgeoise a pris un tel point de consistance, par le nombre, le zèle et l'ardeur, et par la manière dont les bourgeois sont aguerris, qu'on ne peut plus regarder cette troupe comme une assemblée de peuple ou de milice que le premier coup de fusil ou de canon pourroit disperser; elle est composée des plus riches et des principaux bourgeois de chaque ville, exercée depuis près de quatre ans aussi régulièrement que les troupes reglées dont elles imitent toutes les manoeuvres et évolutions, liés ensemble par les serments et les engagements les plus sacrés que peu de personnes connoissent, mais qui leur inspirent une résolution

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et une intrépidité dont la petite ville de Wijck te Duurstede donne en ce moment l'exemple le plus frappant et le plus incroyable. Toute cette bourgeoisie, outre ses chefs particuliers, reconnoit des citoyens des plus distingués de la République pour ses protecteurs, et témoigne la plus grande déférence pour leurs conseils.

La confédération bourgeoise est une union dont les fondements ont été jettés dans une assemblee tenue à Utrecht le 6 décembre 1784, dans laquelle sont invités les bourgeois de toutes les villes de la République qui s'engagent par les termes les plus solennels à faire cause commune, à sacrifier leurs biens et leurs vies les uns pour les autres, aux conditions convenues entr' eux et de la manière qu'ils ont fixée. Quoiqu'on n'aie pas percé tout le mistere de cette association, on sait les principaux devoirs qu'elle leur impose et les liens qu'ils se sont donnés, qu'ils étendent à mesure que l'association s'accroit. L'on peut estimer que le nombre des confédérés aujourd'hui n'est pas loin de celui de 50.000 hommes auquel dans son établissement on avoit l'espérance de le porter. Une correspondance mutuelle et fort animée fait passer toutes les choses intéressantes et toutes les nouvelles d'une ville à l'autre avec une promptitude et un secret qu'on a peine à croire et qu'il semble impossible d'empêcher.

Les dissensions de la province d'Utrecht ont fourni l'occasion de connoitre toute l'importance de cette confédération, et la nécessité de prendre des mesures pour qu'elle ne bouleverse pas la constitution non seulement de la province d'Utrecht, mais même de toute la République.

L'espèce d'armistice et le silence qu'observe la bourgeoisie depuis le 20 de mars, sa discrétion actuelle après tous les abus qu'elle s'est permise, la discipline à laquelle elle s'assujettit, sa fermeté, sa patience et son courage dans les circonstances présentes, dont les bourgeois de Wijck donnent l'exemple le plus incroyable, les conseils secrets et les comités qui s'établissent, le calme enfin qu'on affecte, annoncent que la tempête qui doit suivre sera des plus violentes et des plus dangereuses, si l'on n'en prévient pas les effets.... L'espèce d'insurrection ou d'émente qui menace la province d'Utrecht sera si bien ourdie et adaptée aux privileges des villes ou des provinces, sera si solidement appuyée par la bourgeoisie et le peuple, qu'il sera presqu'impossible d'en empêcher l'effet et les suites.

De medeplichtigheid der Staten van Holland is onloochenbaar:

Les membres du gouvernement de la province d'Hollande envoyoient publiquement à Utrecht des députations pour s'aboucher avec la bourgeoisie et pour animer le peuple à s'opposer à ses régens. Ainsi la confédération bourgeoise étoit appuyée dans ses prétentions, avouée et soutenue par les Etats de la province d'Hollande; ils choisissoient dans les autres provinces des membres du gouvernement distingués par leurs lumières et venoient avec ceux de la Hollande tenir des conférences à Utrecht avec la bourgeoisie, qui de son cöté s'établissoit elle-même des conseils, des comités, des institués et tout une suite dé forme de gouvernement, qui non contente de s'être arrogé l'empire sur la Régence de sa ville, a plus d'une fois

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menacé les autres ordres de l'Etat de réformer leur constitution et même de l'anéantir, si ces deux corps n'entroient pas dans leurs vues et refusoient de s'entendre avec eux.

Jamais ou n'a vu des têtes plus opiniâtrement s'echauffer que celles du peuple d'Utrecht, dont on ne parloit plus l'hyver dernier sans y joindre le titre fastueux de majesté: La majesté du peuple étoit un mot répété dans tous les discours par ceux qui cherchoient à l'animer. Ses prérogatives étoient portées à l'extrême et l'on n'entretenoit le peuple que de sa dignité, de son essence, de ses droits, de son pouvoir, de la souveraineté résidant uniquement dans son assemblée. Les trois ordres de l'Etat, le premier membre, la noblesse et la régence, n'étoient au dire des flatteurs du peuple que les représentants de leur suprême puissance; que le peuple seul les avoit établis dans leur origine, et que le peuple seul avoit le droit de les réformer ou de les annuller.

De confederatie beschikt over veel geld; schrijver gelooft niet minder dan twee millioen gulden per jaar. De laatste algemeene vergadering heeft een belangrijk besluit genomen, ‘plan simple et sans difficulté’:

L'on établira dans toutes les villes et endroits considérables de la République un bureau de souscription où chaque patriote souscrira pour fournir tous les ans à la caisse de la confédération depuis un florin par an jusqu'a cinq, et même au delà si l'on veut. Chaque bourgeois qui ne contribuera pas ne sera jamais regarde comme patriote et n'aura jamais de part aux gratifications que la caisse de la confédération répandra pour tous ceux qui auront recours à elle, et que le service de la confédération détourneroit de leurs occupations ordinaires ou de leur métier, en sorte que la perte du tems qui devroit causer la ruine des Bourgeois malaisés ou des artisans, deviendra la source de leur bien-être et de l'aisance de leurs maisons. Cette bourse n'empêchera pas l'effet des prodigalités insensées que l'on continue tous les jours soit pour payer les frais des exercices, les uniformes, les armes, et les corvées extraordinaires que les bourgeois fout avec d'autant plus de plaisir qu'elles sont toujours bien payées....

Het opstel van 4 Juni heeft een iels later geschreven aanhangsel (een datum wordt niet gegeven):

L'assemblée des Etats de la province d'Utrecht a eu lieu le 10 juin, jour auquel on l'avoit fixée. Les debats ont été poussés avec vivacité de part et d'autre. Les bourgeois qui avoient plusieurs membres de l'assemblée à leurs ordres, savoient de moment en moment tout ce qui se passoit, moyennant les signes qui se repetoient de la Chambre des Etats aux huissiers et autres personnes extérieures qui les expliquoient sur le champ à la bourgeoisie qui devoit regler sa conduite en conséquence des résolutions qui seroient prises dans l'assemblée. Les bourgeois craignoient que les Etats n'ordonnassent la voye de contrainte par les troupes. Résolus de tout sacrifier plustot que de voir la ville de Wijck soumise aux Etats, ils avoient pris toutes les précautions en cas que cette résolution fut prise, de fermer les portes de la ville, d'empêcher aucun membre des Etats d'en sortir, et

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de les forcer à changer cette résolution, et à les tenir en arrêt jusqu'à ce qu'ils fussent satisfaits. Le gazetier hollandois de la Haye donna le lendemain dans la gazette le détail de toute cette conjuration; ce détail est très vrai et très circonstancié. Comme les membres de l'assemblée des Etats sont si peu d'accord que rien ne s'y peut résoudre, et que les uns coöpèrent à ce dont les autres se plaignent, cette conjuration n'a pas même pu servir de fondement à une plainte. Les murmures et les propos publies n'ont point empêché que l'on ait passé sous silence et qu'on n'ait fait aucune recherche à ce sujet....

Si l'on considère la nature de cette révolution, elle est à mon gré plus dangereuse qu'aucune autre, et conduite par d'autres principes. Les conjurés ne sont pas quelques chefs qui s'assujettissent quelques créatures; ce n'est pas le peuple qu'on met en mouvement; ce n'est point un orage qu'on prépare; c'est un plan fait à tête reposée par nombre de conseillera, qui ne paroissent point et n'ont pas besoin de paroitre; ce ne sont point des vagabonds, des libertins ou des scélérats qu'on arme et qu'on mène au pillage; ce sont les magistrats des villes qui s'opposent à d'autres magistrats, qui font tous leurs plans à tête reposée, qui séduisent par leur extérieur des gens ordinairement sages et prudens: ce sont de paisibles bourgeois, de bons marchands, de riches fabriquans qui deviennent membres du conseil des conjurés et les meilleurs soldats, s'exerçant avec patience et assiduité, les plus riches soutenant les plus indigens, tous s'assurant les uns des autres par des serments, par des services réciproques et par une union qu'ils se rendent sacrée, union à laquelle ils repetent tous les jours qu'ils sacrifieront leurs biens et leurs vies. Cette union va jusqu'au point de se soumettre à la discipline la plus sévère, à la plus prompte obéissance à leurs chefs, et à tous les sacrifices personnels. Une correspondance incroyable fait passer rapidement tout ce qui se passe d'un moment à l'autre, partout à la fois. Tous les bourgeois également ardens; les femmes mêmes entretiennent les hommes dans cet esprit de séditon qu'elles partagent avec eux, leur mettant sans cesse sous les yeux leur force et leur courage. L'argent venant de tous côtés au moindre besoin apparent, et toujours par des mains inconnues, semble indiquer une source intarissable, l'économie d'un autre côté ne fournissant rien à la débauche et à l'oisiveté; tous les conjurés se croyant gens sages et raisonnables, tenant une conduite très reservée, et s'occupant à contenir le peuple, et à ne point donner des scènes violentes, semblent rechercher la réussite de leur entreprise que par des moyens honnêtes et décens, et dans leur courage, leur union et leur force.

Het opstel van 30 October 1786 eindigt met een uitvoerige schilderij van den toestand der stad na de gebeurtenissen van Augustus, waarin de pensionarissen uit Holland de hand hebben gehad, vooral De Gijselaar en Pieter Paulus, die er voor in de stad zijn geweest, de eerste tweemaal.

J'ai vu moi-même des magistrats avouer qu'en raisonnant avec M. Gijzelaar sur la constitution de la ville et de la province d'Utrecht, ce chef qui commande toutes les grandes manoeuvres lui avoit avoue son ignorance

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de cette constitution, mais qu'il trouvoit indispensable le bouleversement qu'ils ordonnoient.... Lorsqu'on les pressoit de faire voir l'ordre qui devroit suivre le changement proposé, et de présenter un plan de gouvernement plus avantageux à chaque province et à la République, ils gardoient le silence. Aussi fort peu des magistrats d'Utrecht sont-ils entrés dans leurs vues.

De pensionarissen hebben de revolutionnaire beweging met talent geleid. Zullen evenwel de burgers hun op den duur gehoorzaam blijven gelijk zij thans ongetwijfeld nog zijn?

Si la misère dont la perspective est devant leurs yeux, si leur ruine qu'ils voyent s'opérer tous les jours, les rendent une fois indociles, s'ils perdent cette discipline que la communication de tant de bourgeois étrangers et volontaires1) altère tous les jours, l'anarchie auroit bientôt opéré de grands désordres dans la ville ....

Het nieuwe bewind wekt sterke antipathieën op onder de burgers:

....tant d'ouvrages inutiles de fortification, où l'on les employe (quoiqu'à la vérité on paye les travailleurs); mais tant de batimens détruits, de terrains bouleversés sans aucune indemnité actuelle, excitent de grandes clameurs et de violentes rumeurs chez un peuple qui n'est pas accoutumé à voir un bourguemaitre prendre le ton d'un dictateur; et celui qui commande aujourd'hui dans Utrecht2) agit en César, et son lieutenant le Sieur Gordon n'est pas moins redoutable qu'un Labienus. Ces deux hommes, soumis aux pensionnaires comme les lions qu'on tient en cage obéissent à leurs conducteurs, ne contrarieroient pas leurs opérations pacifiques. La plus grande partie des bourgeois soupirent après l'heureux moment de la pacification. Les magistrats expulsés souffriront tout et se contenteront de tout, les nouveaux ne sont pas en ètat de faire la moindre impression sur le peuple, et les bourgeois ont déjà fait sentir le mors, dont ils firent les rênes de tems en tems pour les tenir dans la subordination de leur majesté .... Les bourgeois accourus de toutes les villes de Hollande commencent à ne plus observer la discipline qui distinguoit ceux d'Utrecht. Le commandant de la ville, le Sieur Gordon, non moins déterminé qui celui de Londres3), et le bourguemaitre Van Eyck, traitent la ville comme le maréchal de Belle Isle fit à Metz: sous le prétexte de faire des fortifications, pour faire des batteries, des retranchements et des lignes, ou détruit les maisons et les arbres, on creuse de larges fossés à travers les jardins; voilà bientôt deux millions dépensés en préparatifs reconnus universellement pour inutiles, même par les gens qui les ordonnent. La Hollande prête l'argent, les bourgeois s'épuisent de toutes les manières pour montrer

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leur patriotisme. Quelques-uns cependant commencent à sentir leur mal qu'un hyver rigoureux rendroit difficile à soutenir.

Le Rhingraff de Salm est venu passer huit jours à Utrecht à l'occasion de l'installation des nouveaux magistrats au 12 octobre et aussi pour être présent à la societé des 80 patriotes et regens1) qui, dans un repas où ils se sont rassemblés, ont beaucoup blamé la bourgeoisie, et en sont venus au point que M. Abbema d'Amsterdam a foule aux pieds et maltraité cruellement le Sieur Ondaatje, l'un des principaux chefs des bourgeois, ce qui a fait un très mauvais effet pour l'union des Hollandois et des bourgeois qui redoutent des les voir dans leurs murs et qui ne veulent pour garnison que des corps francs. Le Rhingraff s'est montré d'abord dans toute sa gloire, accompagné d'officiers à cheval, des hussards, des cuirassiers et des chasseurs de son corps; il a reçu des bourgeois tous les honneurs possibles, a recherche la bienveillance publique par sa popularité, louant tout ce qu'il voyoit, approuvant la conduite de chacun, admirant les précautions prises pour la sureté de la ville, et finissant enfin par sortir de la ville la bêche sur l'épaule, suivi de trente ouvriers qu'il conduisoit à la batterie qu'on dressoit sur le chemin pavé du Bilt à 400 pas de la ville, offrant aux bourgeois le secours de sa légion; mais plus il avoit l'air de rechercher la confiance, moins on en a témoigné pour sa troupe et pour lui-même ....

Het wantrouwen tegen Holland en haar privaat legioen is bij alle provinciën sterker dan ooit:

On se demande quelle est cette nouvelle Hollande qui méprise Amsterdam, et semble vouloir la fraire traiter par ses bourgeois comme Wijck et Utrecht l'ont été par les leurs. On cherche d'où elle tire ses forces. Est-ce de l'alliance de la France? Mais la France ordonne-t-elle sous main un tel bouleversement? L'approuve-t-elle seulement? et comment le sage ministère de la France pourroit-il favoriser des irrégularités de la nature de celles qu'on voit? Les Rhingraff, les Coëtlouri sont-ils des ministres de la France dont ils annoncent la volonté publiquement dans toutes les villes qu'ils parcourent sans cesse? Y a-t-il donc deux ministres en France agissant à l'insu l'un de l'autre? Quel autre que vous peut exiger quelque complaisance des pensionnaires qui décident de tout, tant qu'ils auront l'air d'être appuyés par vous? qui pourroit les relever de l'abime où ils tomberoient, si vos soins ne leur donnent pas la majorité de voix dont ils ont besoin? où trouveront-ils de l'argent, et sans argent que feront-ils? s'ils veulent persuader qu'ils en auront malgré la ville d'Amsterdam, ils doivent compter sur des moyens inconnus et sur des ressources étrangères. S'ils veulent persuader à l'Europe que l'alliance de la France et de la Rèpublique ne tient qu'à leur existence, ne seroit-ce pas avancer que cet édifice est fondé sur le sable?

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Quant au Stadhouder qui seroit réduit à l'échec et raat qu'il ne peut éviter, il se trouveroit bien contraint de garder ce qu'on voudroit bien lui laisser. C'est de vous seul, Monsieur le Comte, qu'il peut attendre en ce moment une existence décente: vous saurez bien contenir les Anglois qu'il chérit si passionnément, et son beau-frère adhérera plus à vos raisons qu'aux siennes. Le moment devient pressant pour terminer cette pénible situation où tout est forcé. Toutes les provinces en ce moment inquiètes de leur liberté, sont jalouses de la Hollande, seule en force et en armes, et prenant un ton de supériorité qui les désespère. L'une veut abandonner toutes ses isles à l'Angleterre, l'autre donner ses terres au Roi de Prusse. Le Stadhouder souffle le feu de tous les côtés, n'attendant rien que du désordre qu'il voudroit rendre partout extrême.

Ter vergelijking met den tekst van ons vierde hoofdstuk, en met boven afgedrukte berichten van de Saint-Simon, volgen hier aanteekeningen van twee utrechtsche aristocraten, Maximiliaan Louis d'Yvoy en D.J. Martens, de eerste een jonger broeder van het raadslid P.H.J. d'Yvoy, de ander zelf lid van den raad. Een aantal brieven van den eerste en van diens jonger broeder Cornelis Frederik, officier bij de Hollandsche Gardes te voet, deels gericht aan Mr. I.F. Pottey Turcq, lid van den Hoogen Raad en van de hollandsche staatscommissie naar Rotterdam (zie onzen tekst, blz. 70 noot), komen voor in de Kroniek van het Historisch Genootschap te Utrecht, 30ste jaargang, 1875. Uit een brief van Maximiliaan van 17 Maart 1785 (Kroniek blz. 294 vv.) valt op te maken dat het nevens Ondaatje vooral Gordon en Liebeherr, twee vocalen van het Vrijcorps, geweest zijn, die de stadhuisbelegering op 11 Maart doorgedreven hebben. De meerderheid van geconstitueerden, beweert d'Yvoy, zou zich wel tevreden hebben gehouden met een resolutie als waarin de raad op den ochtend van 11 Maart bewilligde (zie onzen tekst, blz. 208), maar den 4den en 5den Maart liet zij zich door dit drietal bepraten. Duidelijk blijkt uit d'Yvoy's schrijven, dat de raad Maandags den 7den reeds voldoende gewaarschuwd is geweest, en het alleen aan eigen zwakheid te wijten heeft gehad, zoo hij heeft moeten zwichten. Aan maatregelen van voorzorg tegen een volksoploop op den 11den schijnt men niet te hebben durven denken, althans hij zwijgt er geheel over. - ‘Eindelijk verschijnt die soo zeer fatale vrijdag, wanneer Geconstitueerden reeds ten 8 uuren des ogtends vergadert waaren, en de toeloop van gemeen, getrokken door het gratis schenken van genever in Stadskelder, vergaderplaats der Geconstitueerden, en communicatie hebbende in het stadhuys, ongemeen was....’ - Ochtendresolutie, waarmede Ondaatje c.s. geen genoegen nemen: ‘als er dit niet doorgaet, ben je voor altijd slaaf.’ - Geconstitueerden decerneeren wederom een commissie, ‘en verzoeken vergadering teegens 's avonds ten ½7, dewelke den Praesiderenden Burgemeester van Mussenbroek, sonder eenige voorgaande precautiën, laat beleggen. Hier zijn wij nu aan dat oogenblik welk alles afdoet. Deese vergadering was niet belegd, of men verneemt nu, dat zelfs Directeuren van het Genootschap geheele rotten burger-compagnien teegens agt uuren in het stadhuys hebben geconvoceerd, - dat er 80 scherp gelade geweeren bij en omtrend het stadhuys zijn gebragt, - dat er mandens met ijzere gelaade handgrenaden
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als meede voetangels, ook daaromtrend in gereedheid gestaan hebben, - dat alle de Canonniers van het Genootschap bij en omtrend daar hunne canonnen staen, zijn geweest, - en eindelijk, soo als de ondervinding zulks bevestigt heeft, er 100 man met de sabel onder de rok in het stadhuys hadden post gevat, gelijk meede een detachement van diergelijken, ter getallen van 30, aen de agterdeur van het stadhuys geweest zijn, en dat teegens half negen, soo de zaak niet afgedaan was, eene compagnie onder de wapenen gecommandeert was, om de optrekkende rotten, van welke men niet verzeekert was, te beletten in het stadhuys te koomen.... Alle voorsz precautien waren gemaakt, ingeval de Regeering, ferm blijvende, de goede burgerij en 't garnisoen had in de wapenen willen trekken, waar van men des te meer verzeekert word, als men na gaat de ijzer voetangels, die alleen teegens de cavalerie geschikt waaren.... Wie kan nu nog kwalijk vinden, dat Regenten, die op sulk eene wijze behandelt worden, hunne plaatzen verlaaten? .... Wij kunnen ons niet begrijpen dat men in Holland omtrent dit point soo singulier denkt, en niet inziet, dat zulks ook in die steeden zal kunnen overslaen....’
De zeer lijvige aanteekeningen van den raad D.J. Martens, voor het grootste deel bekende zaken behelzend, zijn afgedrukt in de Kroniek van het Historisch Genootschap te Utrecht, 26ste en 27ste jaargang, 1870 en 1871. Ik neem enkele passages over, die dienstig kunnen zijn om van het gebeurde een aanschouwelijke voorstelling te wekken. Sommige van zijn berichten verschillen van die bij de Saint-Simon; zie bv. al dadelijk de mededeeling omtrent de rol van de jenever bij de utrechtsche volksoploopen, overeenkomende met boven afgedrukt getuigenis van d'Yvoy.

Kroniek H.G. 1870.

Blz. 348. [Beschrijving van den 19den December 1785]. ‘De Advoct Lidt de Jeude, Ondaatje en andere heethoofden hadden 't volk dien ganschen dag sterk opgewonden; er wierd vrij genever geschonken ... Een verbasend groot aantal van vreemde genoodschappers waren in de stad gekomen, om kracht bij de onderneming bij te zetten, sig onder de vergaderde burgers te mengen, en om de burgers te animeeren en de zaak even zo uytevoeren als of zij medeburgers van deze stad waren. Onder anderen was alhier tegenwoordig een Chastelein, Secrs van de Academie te Leyden en Schout van Leyderdorp1); deze heethoofd proponeerde aan de Geconst. en Gecommitt. om de Vroedschappen, die niet na de zin van de burgers stemden, vogelvrij te verklaren, dog 't welk bij de Geconst. en Gecommitt. wierd afgeslagen ...’
   
Blz. 350. [20 December 1785]. ‘Men versekert, dat eenige dagen van te voren een aantal geweeren en scherpe patronen, zo in de Stadskelder, als in de nabij gelegen huysen in alle stilte gebragt waren, en dat ten huyse van de Hr. Gordon, Collonel van 't exercitie genootschap, een groote mand met zogenaamde Friesche ruyters en andere ammunitie van oorlog was. H. Edm. Gedeputeerden2) waren op dien dag, zijnde haare ordinaris dag van vergadering, ook vergaderd. Burgemeesteren konden wegens de lange sessie in Vroedschap, en omdat H.Ed. niet van het Stadhuys konden komen, in de vergadering van Gedeputeerden niet present zijn. Er was onder de samengevloeide burgers en vreemdelingen een groote vrees, dat Hren Gedeputeerden zoude ordonneeren, dat de ruyters, alhier in guarnisoen leggende, zoude

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  opsitten. Het guarnisoen was hier zeer klein, leggende alhier maar twee esquadrons van 't regiment van den Gener1 van Tuyl van Serooskerken. Verscheide burgers hadden de wagt om en bij de ruyterstallen om op de beweging onder de militairen te letten, en die aan 't volk bekend te maken, om sig intusschen in staat van dafensie te brengen. De bovengemelde friesche ruyters, welke een soort van voetangels voor de paarden zijn, en langs wegen of straten gestrooid worden in geval van attacque, diende om te beletten, dat de ruyters niets te peerd zoude kunnen uytvoeren....’
   
Blz. 351. [20 December 1785. - Vóórdat zij aan het verlangen der burgers geheel toegaf, beproefde de vroedschap eerst nog een uitvlucht, en resolveerde] ‘pogingen te zullen aanwenden om in eene buytengewone vergadering van de Hren Staaten deser Provincie staatsgewijse te worden ontslagen uyt den eed op 't regeringsreglement van 1674,.... en dat de Vroedschap wijders, indien oneerhoopt het ontslag van den eed .... ter staatsvergadering niet konden worden geobtineerd, en de gewenschte veranderinge in 't provinciaal reglement binnen den tijd van de eerstkomende 4 maanden niet mogte worden geëffectueerd, zij, na verloop van dien tijd, bij continuatie alles zal blijven in 't werk stellen, om so veel eenigsints met de gronden van billijkheid en regtmatigheid bestaanbaar is, aan 't gemanifesteerd verlangen der burgeren en ingesetenen te voldoen. Welke Resolutie omtrent 1 uur, na voorafgaande klokluyding, aan de toegevloeide menigte des volks door de Secretaris v. Voorst, more solito, van den stadshuyse is gepubliceerd. Toen 't Volk dese Resolutie hoorde, was het in 't eerst zeer vergenoegd met deselve, en riepen hoezee; dog P. Ph. Jurriaan Ondaatje, vooraan bij 't stadhuys staande, gaf een seyn met sijn hoed, 't welk vooraf bestemd was, indien de Resolutie niet na genoegen was. Het volk dat ziende, veranderde in een oogenblik, en gaven met gebaarde en woorden te kennen, in voors. gepubliceerde Vroedschaps Resolutie in 't geheel geen genoegen te nemen. Het is bijna onmogelijk te begrijpen, dat een vreemdeling, een Oostindische, zo veel vormogen op zo menigte burgers en vreemdelingen heeft.’
   
Blz. 357. ‘Den 20en Maart met rasse schreden naderende, deed de Hr Borgr v. Bronkhorst een propositie, of niet de Vroedsch. tot voorkoming van commotie en desordres, welke op den 20en Maart zoude konnen voorkomen, gelieven goed te vinden een publicatie te laten doen tegens 't attroupeeren van een menigte volks bij en omtrent het stadhuys .... communiceerende een conceptpublicatie. Heeft de Vroedsch. gepraefereerd geen gebruyk te maken van voors. conceptpublicatie, maar 't Geregt geauctoriseerd, om, zulks nodig vindende, een waarschouwing in zagte termen te concipieeren en publiceeren, tegen alle verhinderingen en belemmeringen, welke aan de deliberatien van de Vroedschap.... op den 20en Maart en vervolgens zoude worden toegebragt.... 't Geregt begreep .... omdat het zulk een waarschuwing zullende doen, geen magt had om deselve te maintineeren en daardoor deszelfs auctoriteit in de waagschaal stellen, dat men moest supersedeeren met zodanige waarschouwing te doen, beschouwende deselve vrugteloos, vermits men deselve niet konde maintineeren.’
   
Blz. 359. ‘Den 20en Maart (maandag) vergaderde smorgens ten 8 uuren de 8 burgercompagniën, met eenige weynige wagtvrijen en uytkopers, yder op hare bijsondere loopplaatsen; terwijl het de geheele dag zeer sterk sneeuwde, trokken de burgercompagniën in de naastgelegene kerken. De compen Turkijen met de Handvoetboog bleef den geheele dag in de open lugt op hare loopplaats voor het stadshuys staan; de comp. 't Papenvaandel trok na het

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  academie; de comp. 't Fortuyn trok na de Janskerk; de comp. de Bloedkuyl trok in de stal van de Hr Ontfanger Kien, staande over de Wittewrouwebrug, alwaar de loopplaats der comp. is; de comp. de Swarte Knechten waren vergaderd in de Mariekerk; de comp. de Oranjestam trok na de Weeskerk; de comp. de Pekstokken na de Geertekerk.’
   
Blz. 364. [Avond van den 20sten Maart]. ‘De vergaderde burgers wierden door verscheide vreemdelingen en heethoofden opgestookt, waaronder uytmuntede de Hr Hamelsveld, Prof. Theologiae, welke van compagnie tot compagnie onder het ligt van een flambouw ging, en de burgers aanzettede tot 't vorderen van den eed aan beide zijde, zo van regering als van burgerij; hij stond op een grote sneeuwbal, geadsisteert met 2 jongens met flambouwen agter hem en hitste op dusdanige manier het volk tegens de regering op. Eenige vrouwlieden schoolden zig te zamen op de Neude, voeren hevig uyt tegens de regering, en wilden na het stadhuys gaan om de Vroedsch. te noodsaken de wil van de burgers te doen. Voor het stadhuys was er ook een hevige beweging; een hoop volk wilde het stadshuys en vroedschapskamer indringen, dog wierd door de wagthebbende Officieren en eenige schutters daarin gehindert.’
   
Blz. 374. [2 Augustus 1786. Beëediging van het nieuwgekozen college van burgergecommitteerden. Hun stand en geloofsbelijdenis]. ‘Uyt Turkijen: G.C. Brouwer (Gereformeerd, hoedemaker), Hanenbrink (Roomsch, Collecteur van de Utrechtsche loterije); uyt Papenvaandel: J.I. Blekman (Gereformeerd, Notaris en Makelaar), Liender (Gereformeerd, apothecar); uyt 't Fortuyn: L. de With Hoevevaar (Gereformeerd, en Schout van Achttienhoven), v. Rijn (grossier in koffy en thee, Gereformeerd); uyt de Bloedkuyl: W.v. Soesbeek (Gereformeerd, Schout van Oostveen), Adr. v. Schermbeek Jasperz. (Gereformeerd, Exploicteur van den Leckendijk); uyt de Swarteknechten: Kreylkamp (Roomsch en winkelier in gaarn en lint), Bresser (Gereformeerd, Silversmit); uyt de Oranjestam: L.v. Swartendijk (Arminiaansch, Secretaris van 't Capittel van St. Marie), Coenr. Vermeulen (Gereformeerd, chirurgijn); uyt de Pekstokken: L.v. Heyningen (Menist, fabrikeur), J.v. Schalkwijk (Gereformeerd, rentmeester van de diaconie); uyt de Handvoetboog: G. Bettinck (Gereformeerd)1), V. Westhuysen (Gereformeerd, grutter).’
   
Blz. 380. [Den 7den Augustus 1786 zijn de burgers opgeroepen] ‘tot 't nomineeren van 40 kiesers, om volgens het nieuwe stedelijk reglement te treden tot het maken van nominatiën van Raden. Dog moet vooraf aanmerken, dat men bij iedere nominatie gemeenlijk van te voren wist wie tot Raad moest verkoren worden; hebbende een burger-man, mede Kieser zijnde, mij verklaard dat hij in het kiesen geene vrije stem had, hebbende twee heeren, welke hem het nuttigste en bequaamste voorkwam, dog niet van die drijvers waren, op een der nominatiën gesteld. Maar wat gebeurt er? Hem wierd gezegd, dat zij geen van beide dier heeren moesten hebben, en zijn vervolgens niet op de nominatie gebragt. De kiesers wierden onder de hand geinduceerd, wien zij op de nominatie brengen, en wie zij verkiezen moesten; daarenboven waren telken reyse zo weinig burgers, die tot kiesers, volgens het nieuwe reglement, konden gemaakt worden, op de loop- en vergaderplaatsen present, dat of dezelfde burgers moesten yder reys kiezer worden, of de burgers, welke tot kiesers gequalificeerd waren, moesten telkens ge-

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  waarschouwt worden, dat haar beurt was om kieser te worden, en dat zij derhalven op de loop- en vergaderplaatsen op dien dag moesten komen.’

2. - Acte van verbintenis ter verdediging der Republicainsche Constitutie1),

aangegaan op de derde Algemeene Vergadering van Gewapende Burger-Corpsen te Utrecht gehouden den 14den Juni 1785 en volgenden dag.

Wij ondergeschreeve Gecommitteerde en Leden van de correspondeerende Burger-Corpzen binnen deze Republiek, verklaaren tot onderlinge verzekering omtrent onze waare oogmerken en goede intentie, met de inrichtinge onzer onderlinge correspondentie geen ander oogmerk te hebben, dan om den Lande tegens alle buiten- en binnenlandsch geweld en overheersching zo veel mogelijk te dekken en te beschermen, verbindende ons dierhalven bij dezen op het plegtigste, ons nimmer te zullen laten employeeren tot het invoeren van eene andere Regeeringsvorm dan de waare Republicainsche, gegrond op de Wetten van den Lande, namentlijk, eene Volksregeering bij Representatie, met een daar aan ondergeschikt Erfstadhouderschap in het Doorlugtig Huis van Oranje; - zonder dat wij immer zullen tragten mede te werken tot het invoeren van een alleenheersching, of onafhankelijke, hatelijke en de Vrijheid drukkende Aristocratische Familie-Regeering, met versmooring van de billijke en eerbiedige Volks-stem, even zo min als tot eene volstrekte Democratie, of Volksregeering buiten Representatie, maar dat wij dezelve door raad en daad en alle mogelijke gepaste middelen zullen tragten tegen te gaan en te weeren, en zo wij ontwaar wierden dat men eenige toeleg smeden mogt, om 's Lands grondwettige constitutie te veranderen, verbinden wij ons daarvan terstond kennis te zullen geeven aan de Leden der correspondeerende Burger-Corpzen, en zo veel in ons is, de Bronnen op geeven waaruit wij die verderfelijke toeleg zijn gewaar geworden. Gelijk wij ons ook hoofd voor hoofd op het plegtigst verbinden om elkander en een elk, die zig verder met ons vereenigt, in alle opzigten met goed en bloed te ondersteunen en te beschermen, indien een onzer uit hoofden van deze plegtige Verbintenis, tot handhaving der Vrijheid en onaf hankelijkheid dezer Republiek en van der Ingezetenen Rechten ingericht, of nit hoofden van eenig bedrijf, tot het welke hij door deze Verbintenis verpligt mogte worden, in het meeste of in het minste gekrenkt of gemoeid wordt2). Betuigende wij ondergetekende bij alles wat

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ons dierbaarst is, dat wij met verzaking van alle eigenbelang, met deze onze Verbintenis alleen 's Lands welzijn beoogen.

3. - Aanhangsel op Valckenaer's ‘Petit mot sur le stemrecht de la Frise’1).

Na lezing van Valckenaer's opstel zond Dumont-Pigalle hem enkele vragen, die aldus beantwoord werden:

Demande. - De quelle manière devient-on Grietman?

Réponse. - Dans une vacature les citoyens ayant droit de suffrage (stemgeregtigde) sont convoqués dans leurs paroisses et ils forment la nomination de trois Candidats, à la pluralité des paroisses. Le Stadhouder en élit un pour Grietman. Il n'y a que la grietenie du Bildt dans laquelle le Stadhouder élit un Grietman de son chef, sans aucune nomination préalable des citoyens.

Demande. - S'ils choisissent leur secrétaire?

Réponse. - En cas de vacature du secrétariat, les citoyens aiant droit de suffrage s'assemblent et forment la nomination de trois prrsonnes, parmi les quels le Grietman a le droit d'élire celui qu'il veut pour secrétaire de la Grietenie, mais ordinairement cela est arrangé d'avance, et les Grietman vendent les secrétariats.

Demande. - Quelle est la dépendance où est un secrétaire vis à vis de son Grietman?

Réponse. - Le Grietman est non seulement président du tribunal de la Grietenie, mais dans bien de placards, et encore plus dans la routine ordinaire, la personne seule du Grietman constitue le tribunal; d'où il s'ensuit qu'un Grietman qui sait ses affaires, a le pouvoir le plus absolu sur le secrétaire.

Demande. - Si le Grietman choisit lui-même ses assesseurs dans le cas où il en a besoin?

Réponse. - Oui2); la loi dit qu'il doit en avoir trois ou quatre, qui sont ad vitam, mais très dépendans du Grietman, qui a grand soin de choisir ceux qui lui sont très dévoués, par exemple, de ses fermiers.

Demande. - S'il en peut choisir d'autres, en d'autres cas?

Réponse. - Je ne le crois pas; ils sont permanens, et j'estime qu'il n'est pas au pouvoir du Grietman de les démettre sans jugement légitime, mais il a mille moyens de les chagriner et de les forcer d'abdiquer, ce qui équivaut à la faculté de les remercier. Les assesseurs jouissent de quelques petites prérogatives, que le Grietman leur distribue3); pour peu

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qu'un d'eux ose faire ia mine, le Grietman lui retranchera ces revenans bons, et les donnera à ses collègues plus soumis et plus dociles au despotisme du Grietman, lequel dans bien d'endroits surpasse toute idée. Par exemple, dans toutes les Grietenies où les églises paroissiales, ou la table des Pauvres, sont richement dotées (et il y en a un grand nombre de cette espèce), le Grietman se fait choisir administrateur des Mens de telle ou telle église, et il n'en rend jamais compte à qui que ce soit. Les revenus affectés à l'entretien d'un Prédicateur, et qui montent dans beaucoup d'endroits à 12, 13, 14 ou 1600 florins d'Hollande par an, y sont rarement employés. Ils marchandent avec les candidats, et leur offrent la cure à la moitié du revenu, tandis que le Grietman empoche l'autre moitié. Par exemple, dans la Grietenie de Westdongeradeel, où le Baron d'Aylva le cadet étoit Grietman et M. Beima secrétaire, ces abus se pratiquoient aussi bien qu'ailleurs, malgré tout le patriotisme si vanté de ces Messieurs. Je me souviens qu'il y avoit dans cette Grietenie un village nommé Holwerd, où le Grietman d'Aylva faisoit sa résidence, et dont le curé protestant, appelé Van Steenwijk, étoit excellent Patriote. Le revenu de cette paroisse pour la Cure montoit à 1200 florins. Le curé susdit n'avoit que 700 florins. Où restèrent donc les 500 florins restans? C'est ce que ces Messieurs pourroient nous dire plus pertinemment. - Ex ungue leonem!

1)Correspondance de Hollande 567 en 569. (A.E.).
1)Even te voren heeft schrijver verhaald dat er nu 2000 vreemde vrijcorpisten in de stad zijn.
2)De raad (sedert 42 October burgemeester) Eyck, den 2den Augustus tot gouverneur aangesteld.
3)Lord Gordon, de beruchte leider van het antipapistische straatoproer te Londen in Juni 1780.
1)De (zesde) Algemeene Vergadering van Vaderlandsche Regenten, 13 en 14 October 1786 te Utrecht gehouden.

1)Zie onzen tekst blzz. 75 en 212 noot.
2)Gedeputeerde Staten der provincie Utrecht.
1)Elders geeft Martens hem op als ‘rentenier.’

1)R.A. - notulen der algemeene vergaderingen van gewapende burger corpsen te utrecht, in de verzameling Dumont-Pigalle, letter QQQQ.
2)Naar believen mogen de departementen hier al of niet doen volgen: ‘hetzij dan door Aristocratische rechtspleging, hetzij door de uitspatting eener woeste menigte.’ Ook zullen zij vrij zijn in het bij hun te teekenen exemplaar aan het gansche stuk zulk een considerans te doen voorafgaan als zij zullen meenen te behooren.

1)R.A.: verzameling Dumont-Pigalle, letter AAAAA.
2)Valckenaer vergeet te zeggen: uit een drietal, op dezelfde wijs als den secretaris.
3)Vgl. Post van den Neder-Rhijn No. 504 (deel X, blz. 345): ‘de Grietman ontfangt 's jaarlijks eene zekere som van de Provintie, onder de benaming van Deels-kosten, om daar uit te betaalen de Mederechters, vacatien etc. als mede de Dienaars van het Gerecht, waar van in sommige Grietenijen een goede som oyerschiet.’
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