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Bijlagen.

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R.A.: Rijks-archief, den Haag.
H.A.: Kon. Huis-archief, den Haag.
A.E.: Affaires Etrangères, Parijs.
A.N.: Archives Nationales, Parijs.
R.O.: Public Record Office, Londen.
S.A.: Kgl. Geheimes Staatsarchiv, Berlijn.
S.A.(H.N.): idem, Hertzbergscher Nachlass.

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Bijlagen bij hoofdstuk I.

1. - Memorie van Saint-Lubin1).

De memorie verzekert dat aan Engelands macht in Indië, nog verre van welbevestigd, groote afbreuk zal kunnen worden gedaan door partij te trekken van de aan Engeland vijandige gezindheid van de Mahratten, van Tippo-Sahib, van den Soebadar van Dekkhan en van den radja van Travankore. Deze vorsten behoeven, om met goed gevolg de Engelschen te kunnen aanvallen, europeesche troepen en europeesche officieren, die de Republiek hun zou kunnen verschaffen, mits van beter gehalte dan haar gewone Compagniestroepen:

Il est essentiel de faire passer incessament dans l'Indostan au moins six mille hommes de troupes mieux choisies et mieux commandées que celles de la Compagnie Hollandaise; et que ces troupes soient distribuées entre les quatre Puissances cy-dessus dénommées en vertu de traités de subside et d'alliance qu'on établira sur les principes suivans.

1o.Tous les fraix de levée de ces troupes, de leur armement, de leur transport et de leur solde depuis leur depart d'Europe jusqu'à leur arrivée sur les territoires respectifs des souverains indiens seront remboursés par Eux.
2o.La paye ultérieure de ces troupes sera stipulée sur le pied de cent roupies par homme, à chaque lune, officiers et soldats compris. La somme entière sera délivrée, à chaque nouvelle lune, entre les mains du Commandant en Chef qui en fera la répartition à sa troupe conformément à un tarif qui réglera la proportion entre la paye des soldats et les appointemens de leurs officiers. L'entretien des habillemens, des armes, des hopitaux, chirurgiens et autres employés sera prélevé sur le total par le Commandant en Chef, ou par un Commissaire-tresorier ou par l'un et l'autre conjointement.
3o.Les souverains indiens seront tenus de fournir des chevaux du prix de trois cens roupies au moins à telle partie de ces troupes qu'ils voudraient entretenir sur le pied de cavalerie, ou de les payer au meme prix au Commandant en Chef et Commissaire qui en feraient la fourniture. Les
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chevaux tués à la guerre seront remplacés par les souverains sur le même pied, ou remboursés par eux de même.
4o.Les hommes devenus invalides par blessures ou maladies et reconnus pour tels par le Commandant en Chef et le Commissaire assistés des Chirurgiens continueront d'être entretenus à demi paye dans la proportion où était leur solde au moment de leur démission. Les souverains seront tenus d'allouer cette demi paye sur un état séparé de celui des soldats valides; et la somme totale attribuée à l'entretien des invalides sera versée à chaque nouvelle lune entre les mains du Commandant en Chef et du Commissaire qui en feront la distribution.
5o.Les souverains indiens fourniront aux Compagnies d'Artillerie les bouches à feu nécessaires à leur service et seront tenus de subvenir aux fraix de charrois, de reparation et de consommation de munition. Ils seront également tenus de payer à part les travaux de siège et de fortifications suivant l'usage qui est la double paye aux troupes qui y auront été employées pendant le tems qu'ont duré les travaux.
6o.Le recrutage nécessaire à la tenüe au complet des Corps Militaires sera remboursé par les souverains indiens sur le pied des fraix de première levée.
7o.Si les souverains désirent obtenir de la République quelque augmentation de troupes, supplémens d'armes, munitions et autres effets à leur usage, ils en feront la demande qui sera remplie avec célérité et bonne foi; bien entendu que les souverains en rembourseront le prix convenu.
8o.Les souverains qui auront traité pour les fournitures de tout genre avec la République seront tenus préalablement d'en déposer le prix convenu, entre les mains des Préposés de la République dans la Ville de Cochin ou dans tout autre de ses Etablissements qu'elle jugera convenable à recevoir et assurer le Dépôt.
9o.l'Emploi des troupes fournies aux souverains par la République demeurera entièrement à leur disposition tant que la République sera attaquée dans les Indes par aucune Puissance quelconque soit Asiatique soit Européenne, mais s'il lui survenait une guerre dans l'Inde, les souverains indiens seront tenus de lui renvoyer ces troupes armées et montées quant à la Cavalerie, dans tel Etablissement qu'Elle jugera convenable, soit en total, soit en partie, suivant la demande qu'Elle en fera et à sa première requisition. Les souverains supporteront tous les fraix de routes de ces Troupes jusqu'à leur retour sous le Pavillon de la République.
10o.La République entend que les souverains indiens ses Alliés seront tenus par des Traités d'Alliance offensive et défensive, en reconnaissance des bons offices rendus à Eux par Elle, à garantir et à protéger de toutēs leurs forces ses Etablissemens dans l'Indostan, et déclarer et faire la guerre conjointement avec Elle contre toute Puissance quelconque qui serait avec Elle en hostilité, jusqu'à complette satisfaction obtenue sur l'Ennemi commun.

Telles sont les principales Bazes sur lesquelles doivent porter les conventions à faire avec les Puissances de l'Indostan, conventions qui donneront

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à la Republique dans le continent de l'Indostan une armée de six mille Européens, dont la levée et l'entretien ne lui auront rien couté. Cependant cette armée distribuée dans les armées indiennes les mettra en état de réprimer les Anglais, de les repousser de leurs usurpations, de ruiner au moins leurs finances territoriales et leurs manufactures dans l'Inde par des guerres continuelles, d'effectuer peut-être leur expulsion totale pendant la paix et certainement de la préparer efficacement pour l'époque où la guerre déclareé en Europe armerait contre l'Angletterre les Puissances confédérées contre Elle.

Sans doute il serait oiseux d'indiquer dans ce Mémoire aucun plan d'opérations militaires pour ces troupes employées au service des divers Princes indiens. Il est plus consequent de leur en laisser l'entière disposition pour les employer suivant leurs vuës et leurs interêts respectifs; mais un Négociateur adroit et bien versé dans la conaissance de ces divers interêts pourrait aisément diriger toutes ces forces dispersées vers un but unique et commun entre la République et ces Puissances indiennes; c'est à dire vers la ruine et l'expulsion des Anglais. Ce Négociateur devrait concilier une confédération de tous ces Princes pour attaquer les Anglais par toute l'Inde en même temps, chacun de leur côté.

1o.Les Marates attaqueraient les Anglais depuis Bombay jusqu'à Barokia au fond de la Golphe de Cambaye. L'armée marate toujours sur pied dans le Guzarate suffirait pour cette expédition; tandis la grande armée marate constamment stationnée dans le Haut Indostan ferait irruption dans le Bengale.
2o.Tipou Sultan est capable d'enlever aux Anglais en quatre jours le comptoir de Tellicheri qui est situé sur son territoire au Malabar. De là il passerait aussitôt dans le Carnatik pour s'y mettre en possesion de ce Gouvernement, auquel il a un droit acquis par l'investiture qui lui en fut donnée en ma présence en 1767 au nom de l'Empereur Mogol par son vice Roi, Nizam-Alican, Soubadar de Décan. Cette opération conduirait de suite Tipou Sultan devant Madras pour l'assiéger et terminer par la reduction de cette place l'expulsion des Anglais du Coromandel.
3o.Le Soubadar de Décan, portant ses forces sur les Provinces du Nord, recouvrerait aisément ce Pays qu'il revendique sur les Anglais.
4o.Le Roi de Travancor pourrait les chasser en deux jours du comptoir d'Anjengo au sud du Malabar et se jetter aussitôt après sur les Provinces de Tinevelli, Marava, Maduré et Tanjaor qui sont occupées par les Anglais. Négapatnam qui est situé dans le Tanjaor devrait être restitué à la République, soit qu'il soit enlevé par le Roi de Travancor, soit qu'il tombe sous les armes de Tipou Sultan.

Le vrai moyen de réunir ces quatre flèches dans une même main pour les lancer à propos soit séparément, soit ensemble, suivant les circonstances, serait que ces Tronpes ainsi distribuées chez les Princes indiens, sous les ordres immédiats de leurs commandans respectifs, fussent en même tems soumises au commandement suprême d'un Général en chef qui serait chargé de diriger la Politique auprès des Cours indiennes. Le choix d'un tel

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Personage, à la fois Ambassadeur et Général, ne doit être déterminé que par le rare assemblage dans un seul homme des talens militaires et des connaissances politiques. La République en possède un de cette trempe dans la personne de M. le Rhingrave de Salm qui lui est trop bien connu dans ces deux genres pour ne pas faire désirer qu'il consente à se charger de ce double emploi pour lequel ce seigneur est d'autant mieux approvisionné que sans avoir jamais vu l'Inde il a sur cette partie de l'Asie la théorie la plus saine et la plus étenduë. C'est l'homme de la chose et à tel point qu'il ne reste plus qu' à souhaiter qu'elle lui convienne autant qu'il lui convient. Peu d'hommes en Europe, et je pourrais dire, aucun n'a été si à portée que moi de connaitre l'intérieur de l'Indostan puisque depuis trente années je n'ai fait autre chose que d'en visiter les cours, les étudier et traiter avec Elles. J'en connais personellement tous les souverains et les ministres; - les constitutions, les forces, les interêts, les vuës ont été les objets continuels de mes observations; j'y ai eu le bonheur d'être utile, de gagner la confiance et d'obtenir des succès: et cependant ces conaissances que je n'ai pu acquérir que par des travaux opiniâtres à travers mille fatigues et mille dangers, je dois avouer à ma très grande surprise que je les ai trouvées concentrées ici dans la personne de M. Le Rhingrave par le seul secours de l'étude et de la méditation. La savante théorie de ce personage appliquée en peu de tems à la pratique opérerait les plus grandes choses; et mon opinion de ses succès possibles m'est si démontrée que je suis persuadé que la France, l'Espagne et autres Puissances Européennes intéressées au sort de l'Inde ne pourraient rien faire d'équivalent à la livraison de leurs forces entre les mains du Rhingrave de Salm pour conduire à une heureuse fin la révolution désirée.

2. - ‘Déclaration du Rhingrave de Salm au comité de la besogne personelle’1).

Vu et examiné attentivement le mémoire cy-annexé2), moi, Rhingrave de Salm, suis d'opinion que cet ouvrage, calculé d'après les connaissances locales de l'auteur, présente un systême appuyé sur une Base solide et embrassant à la fois tous les objets de Politique et d'Economie relatifs aux interêts de la République dans les circonstances présentes.

Dans ce projet bien établi et parfaitement lié en tous ses points, j'ai trouvé avec satisfaction le résultat de toutes les spéculations dont je me suis occupé depuis longues années sur les affaires des Indes Orientales. Le but que l'auteur y propose est devenu non seulement indispensable mais pressant, c'est de réprimer l'insatiable ambition des Anglais dans l'Indostan et d'y détruire leur Puissance. Le moyen qu'il indique pour atteindre ce but est habilement choisi, nécessaire et suffisant: c'est d'armer les haines indiennes en faveur des inquiétudes de l'Europe sans troubler la tranqui-

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lité de celle-ci. L'exécution d'un tel Plan ne peut manquer de produire les effets suivans:

1o.d'occuper l'Angleterre pendant la Paix de l'Europe à soutenir des guerres continuelles en Asie contre les Puissances indiquées dans le projet: guerres qui l'entraineront nécessairement en des dépenses énormes qui épuiseront les revenus territoriaux que l'Angleterre recueille de l'Inde, et la forceront d'y suppléer par des envois considérables d'argent qui l'énerveront en Europe; car ces revenus territoriaux consistant dans les récoltes du plat pays peuvent être dès la première année de guerre être détruits pour plusieurs années suivantes. Les productions du sol et des manufactures qui alimentent son commerce de retour échaperaient de ses mains en passant dans celles de ses Ennemis. Ce Déficit subit causerait tout à coup la ruine de la Compagnie et sa Banqueroute qui donnerait á la Grande Bretagne une violente secousse capable de l'ébranler jusques dans ses fondemens, c'est là le plus grand coup qu'on puisse lui porter et je suis d'avis qu'on ne doit pas le manquer.
2o.L'occupation donnée à l'Angleterre par les guerres d'Asie serait vraisemblablement pour Elle une diversion puissante des mouvemens que sa Politique doit dans son état actuel s'étudier de donner à l'Europe pour y obtenir des Alliés; tandis qu'en même tems son Alliance diminuant de prix en raison de la diminution de sa Puissance serait moins recherchée par les autres Etats à titre d'utilité et peut être même serait déclinée comme dangereuse.
3o.A ces deux conséquences de la Révolution qui peut être opérée par l'exécution du Plan proposé j'en ajoute une troisième qui décide sur cet objet mon opinion et mes Resolutions: c'est que de tous ces systêmes existans et peut être même possibles aucun n'est plus propre à assurer le premier rang à la République entre les Puissances Commerçantes: la République confédérée avec les Nations du Midi de l'Europe, presque inaccessible à celles du Nord, n'aurait plus dès lors dans le voisinage et dans la rivalité de l'Angleterre que de faibles obstacles á l'extension de son Commerce et à l'accroissement de sa prospérité. Cette perspective si chère à mon coeur nen me laissera pas hésiter un instant sur le sacrifice de toutes autres espérances pour me dévouer tout entier à l'exécution d'un Plan dont les succès me pairassent démontrés à tel point que je le regarde comme la fortune de la République. Dans cette persuasion je suis prêt à m'engager de fournir et d'employer de mes propres mains les moyens indiqués pour opérer cette importante révolution; mais voici la marche que je propose pour travailler sur des bases solides.

La première Base à poser doit être celle des traités avec les Puissances indiennes: et pour les négocier je demande que l'Auteur du Mémoire cyannexé soit envoyé le plus promptement possible dans l'Indostan avec l'autorisation convenable pour remplir ce premier objet de la Part de la République avec les Princes Asiatiques. Nul autre négociateur ne pourrait me paraitre plus propre que lui à faire réussir dans son entier un Plan qu'il a si heureusement conçu.

Ce Plan est le résultat de trente années d'expérience dans cette carrière

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qu'il a parcourue avec des succès éclatants, surtout à trois époques bien connues. La première fut la guerre de 1756.

Le Comte de Lally, Général des établissements français dans l'Inde, employa cet officier de son régiment à négocier avec le Nabob de Bengale un traité d'alliance entre ce Prince et la France pour opérer l'expulsion des Anglais de Bengale. Il réussit à conclure le Traité qu'il apporta en France à la fin de 1762. La paix de 1763 ayant fait manquer l'exécution de la part de la France, le ministre Duc de Choiseul fit repartir en 1765 ce négociateur pour exciter le célèbre conquérant Hyderali-can à une rupture avec les Anglais. En moins de trois mois il réussit à leur faire déclarer une guerre qui amena le vainqueur jusqu'aux portes de Madras où il imposa aux vaincus une paix desavantageuse au prix d'immenses sacrifices. Enfin en 1776 Sa Majesté Très Chrétienne fit choix du même négociateur pour faire un traité d'alliance entre la France et le Roi des Marates, et il fut honoré de cette légation en qualité d'Envoyé extra-ordinaire. C'est à l'exécution de ce traité qu'on doit rapporter toutes les défaites et pertes que les Anglais ont essuyées aux Indes Orientales pendant la dernière guerre, ainsi que leur empressement à demander la paix pour conserver du moins l'Asie après avoir perdu l'Amerique. A son retour en France en 1781 cet Envoyé eut à soutenir contre un particulier un procès qui a dérangé sa fortune sans altérer sa considération. Il est actuellement à la Haye où il jouit de l'estime de M. l'Ambassadeur de France, et de M. le Comte de Maillebois. Son nom enfin est le Chevalier de St. Lubin. J'ai mis assez de temps et de soin à juger de ses lumières et de sa capacité par la communication que j'ai obtenue de ses Ecrits et par les entretiens qui leur ont servi de commentaire, pour me croire fondé à le regarder et désigner comme l'homme le plus capable que je connaisse, de remplir la mission préalable. Profondément versé dans la politique et dans les langues de l'Inde, connu personellement des Princes du Pays et de leurs ministres, muni de témoignages authentiques de leur estime et de leur confiance, il ne lui manque aucun des moyens de réussir à préparer la révolution désirée.

Lorsque sur la foi des Traités qu'il aura conclus, sur l'assurance des sommes qui auront été déposées pour les fraix de l'armement nécessaire, j'aurai fait mes dernières dispositions pour la fourniture des secours demandés en tout genre, je me dévouerai à partir moi-même pour aller prendre aux Indes le commandement général de l'Expédition et en faire recueillir à la République tous les fruits qu'Elle aura jugés convenables à ses Intérêts.

 

F. Rheingrave de Salm.

3. - Memorie van de Rijngraaf van Salm aan eenige bewindhebbers der Oost-Indische Compagnie1). October 1785.

De Rijngraaf betoogt:

 

1o.Que les Isles hollandaises dans les Mers Orientales sont convoitées
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depuis longtems par les Anglais et qu'elles doivent s'attendre à être attaquées à la première occasion sous les plus frivoles prétextes, et peut-être même saus prétextes.
2o.Qu'un des plus efficaces moyens de les préserver d'une attaque destructive est certainement une intelligence bien cimentée entre la République, la France et l'Espagne, sans en excepter même le Portugal, si la chose est praticable, pour une défense combinée des Possesisons respectives aux Indes Orientales.
Drie middelen moeten hiertoe bij de hand genomen worden:
1o.un bon traité entre la Hollande, la France et l'Espagne pour la Défense réciproque et calculée d' avance de leurs Possessions respectives aux Indes.
2o.mettre les Possessions hollandaises dans un état de défense respectable, par des fortifications, de bonnes troupes et une suffisante force navale, objets que je sais avoir été deplorablement négligés par l'administration de la Compagnie. Je suis actuellement occupé à dresser un Plan pour la Direction militaire, qu'on m'a demandé de la part de la Compagnie1), sur la conviction que son Militaire actuel est la chose au monde la plus misérable, que le soldat n'en vaut rien, parce que l'officier en est encore pire. Cet état de faiblesse et de désordre est d'autant plus impardonnable que je puis assurer sur le premier apperçu des dépenses, que la Compagnie païe plus qu'il n'en faut pour être une Puissance redoutable dans l'Inde.

La 3me base à poser, et que j'aurais pu nommer la première, comme plus importante, parce qu'elle peut réduire les Anglais à l'inaction au dehors de l'Indostan, est de se procurer dans le continent des alliés capables d'en imposer aux forces anglaises.

Volgen eenige gegevens uit de memorie van St. Lubin, wiens naam echter niet wordt genoemd. Men moet met de vier indische potentaten betrekkingen aanknoopen en een verbond tusschen hen vieren onderling, en van alle vier te zamen met de Republiek bewerken.

Le parfait de la réunion des quatre puissances indiennes susmentionnées pour attaquer les Anglais à la fois et de concert serait, que les troupes Européennes distribuées dans leurs différentes armées sous les ordres immediats de leurs commandans en chef, fussent en même tems soumises au commandement suprême d'un général en chef, qui serait chargé de diriger la politique et la guerre auprès des Cours indiennes.

L'auteur2), s'abandonnant à la noble confiance que lui inspire son attachment reconnu pour les véritables intérêts de la République, jointe à l'étude non interrompue et pratiquée depuis 25 ans du métier qu'il professe, offre de se charger de cette commission si on l'en juge capable et digne.

Il fournira et emploiera de ses propres mains les moyens indiqués pour opérer l'importante révolution dont il s'agit, et qu'il regarde à titre d'évidence comme la fortune de l'Etat.

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Dans le cas que le projet proposé parut à Messieurs les Directeurs de la Compagnie de nature à devoir être réalisé sans perte de tems, on croit devoir exiger les Bases suivantes:

1o.l'Envoi instantané de deux Personnages autorisés et propres à conclure les traités susmentionnés avec les Princes indiens.
2o.Une commission militaire chargée de la Direction des Trouppes et de tout ce qui concerne la partie militaire des Colonies.
3o.La cession desdites Trouppes et de tout ce qui concerne la défense des possessions de la Compagnie à l'Etat, à raison de verser dans ses caisses les deniers qu'elle a' emploïés jusqu'ici pour cette partie de son administration.
4o.Qu'il lui plaise de nommer une Commission secrette composée de quatre de ses Membres dont l'intégrité et la discretion soient connues, afin de regler avec elle tout ce qui concerne les matières qu'on vient d'agiter.
5o.Dès que cet Etablissement sera fait, ou communiquera à la France en qualité d'allié tous les arrangemens dont on aura pu convenir.

4. - ‘Mémoire sur les projets que la France et la Hollande peuvent former relativement a l'Asie, et sur les motifs qui doivent engager les deux puissances a s'unir pour y opérer une révolution’1).

Le siège de la Puissance Britannique étant aujord'hui en Asie, la raison dicte que c'est dans cette région qu'il faut principalement l'attaquer, d'autant plus qu'elle porte en Europe sur une base trop faible par ellemême pour résister longtemps à des secousses violentes et bien calculées de la part de ses ennemis. Si la France et la Hollande ont des raisons quelconques pour éviter une guerre avec l'Angleterre, elles doivent du moins se mettre en état de pouvoir dire aux Anglais: renoncez à l'exclusif que vous prétendez vous arroger en Asie, modérez votre ambition ou craignez de tout perdre.

Il parait désirable qu'un Traité particulier et secret, relatif au moins à l'Asie, suive immédiatement celui qui va réunir les deux Nations. Les administrations française et hollandaise, en se communiquant d'avance et réciproquement leurs intentions ultérieures, chacune d'elles aura le temps de réfléchir à ses intérêts particuliers et il en résultera, outre la confiance et l'harmonie qui doivent toujours regner entre deux alliés, que la signature du Traité secret dont on vient de parler ne souffrira aucun retard.

On pense que la République ne pourrait mieux faire que de mettre à la tête du militaire de ses Colonies un officier général français d'une capacité reconnue dans ce genre d'administration, et de demander au Roi qu'il voulût bien donner pour cet objet M. le Marquis de Bouillé. Ses succès joints aux talens et au désintéressement qu'il a montrés pendant la dernière guerre contre l'Angleterre permettent d'en tout attendre, car les principes qui doivent diriger une guerre en Amérique et dans l'Inde étant à peu près les mêmes, il est plus que probable que M. le Marquis de Bouillé

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aura en cas de guerre des succès aussi éclatants en Asie qu'aux Antilles. On pourrait le nommer Directeur militaire des Colonies Hollandaises en Afrique et dans les deux Indes. En attachant à leur service un général français d'une probité et d'un mérite généralement reconnus et par ces raisons digne de la plus grande confiance, les Etats-Généraux pourraient espérer qu'en cas de guerre le Roi consentirait à ce qu'il réunisse le commandement des forces de la France et de la Hollande en Asie.

M. de Bouillé, après avoir examiné: 1o. l'ensemble des colonies françaises; 2o. leurs rapports entre elles; 3o. leur position, leur valeur intrinsèque, rédigerait des projets généraux et particuliers, portans sur les spéculations militaires qu'elles permettraient de former, la quantité et la nature des fortifications indispensables à construire, le nombre et l'espèce d'artillerie, de munitions et de troupes nécessaires à leur conservation; M. de Bouillé dis-je, en ferait ensuite de même pour chaque colonie hollandaise. De la réunion de ces articles particuliers il résulterait un Plan général de guerre, offensif et défensif, pour tous les établissemens de la France et de la République, objet très capital, qni n'a pas été rempli jusqu'ici et au moyen duquel on serait à l'avenir préparé à tout événement, sans pouvoir jamais être pris au dépourvu.

In geval van oorlog tegen Engeland is de eerste aanval het best tegen de kust van Koromandel te richten:

.... on est assuré alors d'être joint par Tipou-Saëb qu'on sait avoir le projet de conquérir le Royaume de Carnate et qui par cette raison procurerait à l'armée combinée tous les secours qui dépendraient de lui. On observera que ce Prince est un allié plus utile que les Marates en ce que ses troupes sont mieux disciplinées. On peut cependant exciter les Marates - qui font la guerre comme les Tartares - à tenter des incursions dans le territoire des Anglais où ils porteraient la désolation.

De gewichtigste koloniën voor den aanvallenden oorlog tegen Engeland in Indië zijn verder: hollandsche: de Kaap en Ceilon; fransche: Ile de France en Bourbon. Van Batavia uit moet in oorlogstijd de engelsche handel op China bemoeilijkt en zoo mogelijk geheel verhinderd kunnen worden.

En tems de guerre la Grande Bretagne n'a plus d'autres lieux de relâche que les iles de Sainte Hélène et de Comorre et les établissemens des Portugais en Afrique, ressources qu'il est peut-être pas impossible de lui ôter.

Il parait convenable dans tous les cas d'entretenir à Batavia un Résident intelligent chargé d'instruire les Généraux de terre et de mer de la situation de cette importante colonie et des secours de toute espèce qu'on en pourra tirer. La proximité des détroits permettra à ce Résident d'informer également les Généraux de terre et de mer de tout ce qui viendra à sa connaissance relativement à la marine anglaise militaire et marchande. Si par ses rapports on juge que les Etablissemens de l'Isle de Java soient susceptibles d'être surpris et que par des arrangemens particuliers les Anglais puissent le tenter, il ne faudra rien négliger pour faire échouer leurs projets.

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Il est également nécessaire de multiplier la communication avec l'Europe. C'est pourquoi outre la voye ordinaire par mer, et la route de terre par Bagdad où le Roi entretient un consul, il en faudra faire reconnaître une troisième par le détroit de Babelmandeb, la Mer Rouge, Suez et le Caire où il y a aussi un consul français; les généraux de terre et de mer examineront entre eux la convenance d'avoir un agent de confiance vers ce détroit de Babelmandeb, à Moka, lieu de relâche des vaisseaux qui font la traite du café de l'Arabie.

Si l'Angleterre provoque une nouvelle guerre, la France est décidée à porter de grandes forces dans l'Inde, non dans l'objet de la conquérir pour son compte, mais afin de l'ôter aux Anglais. Le Roi se bornera à prendre les mesures propres à faciliter convenablement le commerce de ses sujets, et à remettre le pays sous la puissance des naturels, après que la République aura choisi et retenu les Etablissements susceptibles de la rendre la puissance dominante en Asie.

5. - Grimoard aan Vergennes1). - Paris le 18 septembre 1785.

Schrijver bespreekt thans met den minister van marine de Castries de memorie die Vergennes kent; zoodra die besprekingen tot een resultaat hebben geleid zal schrijver dit aan Vergennes mededeelen.

M. le Maréchal de Castries m'a dit provisoirement qu'il désiroit qu'on dressât nn projet de traité, dans lequel on spécifierait les opérations générales à exécuter en Asie en cas d'une guerre avec l'Angleterre, ainsi que les principaux arrangemens à prendre en Hollande relativement au projet qui pourra être arrêté entre les deux nations. Il fonde cette demande sur la difficulté qu'il éprouva lorsqu'il fut question de prendre des mesures avec les Sieurs Boers et Van de Perre qui n'entendoient rien à ce qu'ils étaient chargés de regler, et qui lui firent les raisonnemens les plus ridicules. M. le Maréchal ajoute qu'il n'a pas plus de confiance dans la capacité militaire des Etats-Généraux que dans celle de ces deux Hollandais, et q'en comprenant dans le traité les stipulations dont je viens de parler, on sera en droit de presser la Hollande de s'y conformer, et qu'on se mettra ainsi à l'abri des lenteurs et des inexactitudes qu'on pourrait éprouver de la part de cette République.

6. - Grimoard aan Vergennes2). - Paris le 30 septembre 1785.

Monsieur le Comte,

Je quitte M. le Maréchal de Castries avec qui j'ai eu une assez longue conférence sur l'objet que je me dispose aller remplir en Hollande; il me parait approuver en tous points les bases établies dans le mémoire que j'ai eu l'honneur de vous remettre. Il ne m'a pas parlé du projet de traité et s'est borné à me prescrire trois choses: 1o. de ne rien négliger pour

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faire sentir en Hollande la nécessité d'ôter aux compagnies de commerce l'administration militaire des colonies; 2o. de disposer ceux avec qui j'aurai à traiter à prendre des mesures pour que la République entretienne dans la mer de l'Inde une escadre supérieure s'il se peut, à celle qu'y auront les Anglais; 3o. d'insister pour que la République se décide à faire pour ses troupes des colonies un meilleur arrangement que celui qui existe, et surtout former un directoire colonial dans lequel l'officier général que j' ai eu l'honneur de vous nommer ait l'autorité convenable.

Vous voyez, Monsieur le Comte, que ces trois articles rentrent absolument dans l'esprit du mémoire.

M. le Maréchal a ajouté que je devrais avoir l'honneur de correspondre avec vous, et que vous auriez la bonté de l'instruire de ce qui le concernerait directement.

7. - ‘Observations relatives a la Hollande’1). - 8 Octobre 1785.

La Paix faitte entre l'Empereur et la Hollande, le traité projetté entre cette dernière puissance et la France n'éprouvera plus vraisemblablement de retard, et on n'apperçoit rien qui doive en arrêter la conclusion.

Avant que Sa Majesté ne donne sa derniére sanction à ce traité, je la supplie de permettre que je mette sous ses yeux des observations, qui ne tendent qu'à en assurer l'exécution en liant les dispositions militaires à celles dont la politique est dèjà convenue.

Le Traité projetté avec la Hollande stipule des Conditions générales qu'il faut considérer comme les bases des conventions particuliéres qui restent à conclure, sans lesquelles les conditions premières resteraient sans effet.

Les Articles de cette nouvelle alliance consistent dans une garantie resspective de nos établissements en Europe et dans les autres parties du monde pour la sureté de laquelle on s'est engagé à un secours de 6.000 hommes et de 6 vaisseaux.

On n'aurait rempli qu'imparfaitement les vues qu'on a eu en détachant la Hollande de l'Angleterre, si par notre réunion avec cette première puissance, on ne parvenait à mettre en Sureté nos établissemens dans l'Inde.

La France seule contre l'Angleterre auroit de trop grands efforts à faire à la guerre pour ébranler la puissance angloise, mais réunie à la Hollande, elle peut tout espérer de la combinaison de leurs forces et de la nature des établissements que les Hollandois occupent en Asie, si on veut faire d'avance toutes les dispositions qui peuvent ajouter aux avantages de leur situation.

Quoique tous nos établissemens extérieurs soient compris dans la garantie exprimée par le traité, les observations comprises dans ce mémoire ne porteront que sur ce qui concerne les établissemens de l'Inde, parceque la sureté des autres n'a pas la même importance, et parceque le siège de la

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puissance angloise étant en Asie, c'est sur cette partie intéressante qu'il faut rassembler toute notre attention et toutes nos forces.

Dans cette région, la Hollande a tout à perdre, lorsque la France n'y possède que des établissemens peu intéressans à conserver, ainsi cette première puissance a l'intérêt de son existence à deffendre, lorsque le Roi n'a qu'un objet politique à remplir.

Ce double intérêt quoique plus pressant en apparence pour la Hollande est également grand pour la France par la nécessité d'abaisser la puissance angloise; ainsi tout sollicite un concert entre la France et les Etats Généraux pour mettre les établissemens de cette République à couvert des entreprises que la compagnie angloise formera, au moment où les facultés de l'Angleterre en Europe lui permettront de recommencer la guerre.

La Hollande ne peut nous en imposer sur la situation de ses Colonies ni sur ses moiens de défense; l'expérience de la dernière guerre nous a convaincu qu'on ne pouvoit prendre confiance ni dans ses citadelles ni dans ses troupes ni dans ses commandans.

Nous avons eu également la preuve de la mauvaise foi du Stathouder; c'est lui qui en retenant au Texel les six vaisseaux de guerre destinés pour l'Inde, a voulu déconcerter nos opérations en Asie1); c'est lui qui par des ordres secrets a laissé passer des convois importans qui venoient et alloient des mers du Nord en Angleterre2); c'est lui enfin qui la dernière campagne a empêché la réunion à Brest des Escadres hollandoises à celles de France pendant l'expédition de Gibraltar. En voilà plus qu'il n'en faut à la sagesse du Roi pour l'engager a ordonner qu'en traitant avec les Etats-Généraux les objets politiques de l'alliance, on cherche à régler des stipulations particuliéres qui puissent prévenir tous les dangers attachés à la constitution de cette République.

De toutes les stipulations, la plus importante est celle qui atténuera

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davantage l'influence du Stathouder dans l'exécution des ordres des Etats-Généraux dont il est l'organe.

Pour remplir ce grand objet, il paroît que le plus efficace de tous les moïens consisteroit à déterminer les Patriotes à créer une commission pour la direction des affaires maritimes et coloniales, telle qu'il en a été créé une pour les affaires de la guerre de terre1); mais cette première disposition seroit encore insuffisante, si à la tête de cette commission on n'y plaçoit un officier assez éclairé pour préparer et diriger les opérations qu'il faudra développer à la première guerre, et si sa réputation n'étoit pas telle à pouvoir inspirer une confiance egale au Roi ainsi qu'aux Etats-Généraux.

En énumerant avec l'ambassadeur de Hollande il y a un an ou 18 mois les conséquences désavantageuses qui étoient resultées dans la dernière guerre et des mauvaises dispositions du Stathouder et de l'abandon des colonies hollandaises, nous conclûmes que si un traité cimentoit notre alliance, elle seroit sans fruit, si elle n'étoit accompagnée de dispositions préparatoires les plus efficaces et les plus promptes pour la guerre suivante, et si d'avance on ne les conduisoit au point de n'avoir plus qu'à les développer à l'époque des premières hostilités. On est donc autorisé à pressentir aujourd'hui les Etats-Généraux sur la nécessité d'emploier quelques moiens extraordinaires pour la formation et l'exécution d'un plan de défense maritime dont le but principal est de mettre leurs propres établissements d'Asie à l'àbri de toute insulte.

De tout ce qui a été précédemment dit, il resulte qu'il seroit à désirer en terminant avec les Etats-Généraux sur les objets compris dans les traités, qu'on parvint à les faire prononcer sur les trois points suivants, sçavoir:

1o.d'obliger les Etats-Généraux à se charger de la protection des établissemens coloniaux de l'ancien et du nouveau monde, et à ne plus les laisser dans les mains des Compagnies de commerce.
2o.de former une direction particulière pour les affaires marines et coloniales qui seront dirigées par un officier général qui aura également la confiance des deux puissances.
3o.de régler le nombre des troupes et des vaisseaux qui seront entretenus en paix ou en guerre dans l'Inde, et distinguant les troupes des garnisons des troupes de campagne.

Observations sur ces trois points.

1o.Les établissemens hollandois dans l'Inde sont deffendus par 3000 hommes de troupes et par 3000 Malais. Ce nombre de 6000 hommes suffiroit, si les troupes étoient bonnes, et si on pouvoit prendre confiance dans les commandans; mais sur ces 6000 hommes, on ne doit compter que sur 3000, nombre insuffisant pour mettre en sureté le Cap,
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Ceylan et Batavia, et ces 3000 hommes encore sont-ils formés de bien mauvaises troupes.
Quoique le privilège de la Compagnie la rende souveraine en Asie, on doit croire que les Etats-Généraux parviendront à anticiper sur la fin de l'octroi qui lui attribue le droit de protection, pour rependre le leur, si on leur en fait sentir l'importance, et s'ils y rencontroient des difficultes, il est vraisemblable qu'ils obtiendroient au moins le droit d'ajouter de nouvelles forces, comme pendant la guerre, à celles que Compagnie y entretient.
2o.Les mêmes principes qui ont déterminé les Etats-Généraux à porter M. de Mailllebois au commandement de leurs troupes sous le Stathouder; et la commission militaire que les Patriotes ont fait créer pour balancer la puissance Stathouderienne1) sont également applicables aux opérations maritimes, et on ne peut se dissimuler que sans une commission chargée en particulier des dispositions à faire pour la défense des colonies, ensemble un chef de confiance pour les faire mettre à execution, il est à craindre que les avantages de notre alliance ne s'évanouissent, et que les Anglois ne se soient emparés des principaux établissemens hollandois en Asie, avant que nous en soyons instruits en Europe.
3o.Si le Traité reste sur le pied d'un secours mutuel de 6000 hommes d'infanterie, ils paroissent devoir être destinés à la défense de l'Inde; la Hollande n'a pas besoin d'une armée considérable pour mettre ses frontières en sûreté; la France lui aura garanti ses provinces; moins il y aura de troupes en Europe, moins de Stathouder aura de puissance.

Se donc ces 6000 hommes étoient entretenus depuis le Cap jusques dans les Moluques, indépendamment d'un fond de garnison qu'il sera indispensable d'ajouter au commencement de la guerre, si les commandans pour le Roi et les 4000 hommes qui sont dans ses établissemens d'Asie avoient ordre de se concerter avec le commandant hollandois et d'agir pour leur sûreté respective sans attendre de nouveaux ordres d'Europe, le Roi n'auroit plus, soit dans ce moment-ci, ou au premier moment de la guerre, que 2000 hommes à envoyer, dont la moitié auroit pour objet de porter les trois régiments coloniaux sur le pied de guerre, et l'autre consisteroit à y faire passer un régiment d'Europe.

Par ces dispositions les deux Puissances alliées auront 10000 hommes en état d'agir avec d'autant plus d'avantage que de Ceylan nous pourrions nous porter en force dans les points les plus foibles de l'Indoustan, et que les 7 à 8000 hommes que l'Angleterre peut y entretenir sont insuffisants à la garde des trois places principales, qu'ils ont à deffendre2), et à la conservation de tous les pays et comptoirs répartis sur plus de 1500 lieues de côtes.

Quant à la quantité de vaisseaux dont il faudroit fixer le nombre, il est nécessaire de distinguer les deux situations de la paix et de la guerre.

Dans la première les deux Gouvernements françois et anglois sont con-

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venus verbalement de ne pas entretenir de vaisseaux dans les mers des Indes pendant la paix; mais la Hollande n'ayant pris aucun engagement, et ne devant pas en prendre, elle doit rester la maitresse d'y entretenir une escadre; alörs de deux choses l'une, ou les Anglois n'en recevront aucun ombrage, et dans cette hypothèse l'alliance sera plus forte du nombre des vaisseaux que la Hollande aura dans ces mers; ou inquiète de cette supériorité maritime, l'Angleterre demandera à rompre les conventions qu'elle a proposées à Votre Majesté, alors le Roi devenu libre de former la station de l'Inde du même nombre de vaisseaux que l'Angleterre, les forces combinées resteront dans une proportion égale de supériorité.

Dans la supposition de la guerre au contraire, il seroit à désirer que les 12 vaisseaux que les deux nations se sont mutuellement promis soient assignés d'avance pour l'Inde, et qu'il soit dit que si ce nombre ne suffisoit pas à la sûreté des possessions hollandoises, les deux escadres seroient doublées, et qu'un plus grand nombre de vaisseaux y seroit ajouté si les circonstances l'exegeoient.

 

Si en traitant avec les Etats-Généraux on peut parvenir à les déterminer à admettre les trois acticles dont il vient d'être question et d'en faire une convention particulière; on aura remplé toutes les conditions que la prévoyance peut exiger dans ce moment-cy de la part de cette République.

Je crois que c'est à ces trois bazes qu'on doit réduire les objets de la nouvelle négociation qu'on proposeroit.

Tous les détails qui en sont les suites résulteront de ces premiers points. Il n'est pas nécessaire de les développer encore, et on se bornera à faire connoître qne la Hollande est en état de satisfaire aux demandes cydessus énoncées.

Les circonstances de la paix avec l'Empereur favorisent l'action actuelle des secours qui sembleroient réservés pour la guerre. L'Etat militaire de la Hollande monte à 30.000 hommes en tems de paix, et avoit été porté à 45.000 pour la guerre. Il est à présumer que le traité avec l'Empereur la ramenera au premier état, ainsi les Etats-Généraux peuvent également prendre 6000 hommes ou sur les troupes qu'ils réformeront, ou sur l'Etat ordinaire de paix, s'ils ne veulent pas faire la dépense de l'entretien de 6000 hommes de plus.

Les forces maritimes de la Hollande peuvent étre appréciées à 40 vaisseaux, et c'est sur ce nombre qu'elle s'est engagée à fournir une escadre de 6 vaisseaux.

Il seroit à désirer que par une combinaison différente, la Hollande eut promis de fournir 12 vaisseaux sans troupes et la France 12000 hommes sans vaisseaux; mais si ce changement rencontre des obstacles, on ne tirera pas moins un grand avantage des engagements que la Hollande a pris, mais à la condition, 1o. de les mettre en mouvement le plutôt possible; 2o. de former en Hollande une commission militaire de marine et des Colonies à la tête de laquelle seroit placé un officier général de réputation,

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en état d'inspirer de la confiance dans les opérations qu'il prépareroit et qu'il auroit à diriger.

 

de Castries.

8. - Vergennes aan Castries1). - Versailles 9 octobre 1785.

J'ai reçu, Monsieur le Maréchal, vos observations relatives à la Hollande. Elles sont d'une grande force, et présentent des points de vuë très intéressants, mais je doute que le moment soit favorable pour les proposer et pour les faire réussir. Daignez vous rappeler, Monsieur le Maréchal, que tout ce que nos amis en Hollande appréhendent est que l'alliance soit soumise à une nouvelle délibération; elle seroit cependant indispensable, s'il failloit y insérer les trois points que vous indiquez comme baze essentielle. Ces points out été discutés en partie lorsque la rédaction de l'alliance a été mise sous les yeux du Roi dans son Conseil, et y a reçu Sa sanction. Il a été convenu que ces mêmes points feroient la matiére de nos insinuations à la Haye. En effet il n'a été perdu aucune occasion depuis pour faire sentir aux bien intentionnés par la voie de M. de Brantzen la nécessité de changer le régime de leur administration militaire dans leurs colonies d'Asie, et d'y porter plus de prévoyance et plus de force. Je ne doute pas que M. de Brantzen qui a paru goûter ce système ne l'ait recommandé à ses amis, et c'est aparemment pour les y affermir qu'il a encouragé le travail de M. de Grimoard dont vous avez connoissance.

Les trois points, Monsieur le Maréchal, que vous recommandez sont susceptibles d'une discussion à laquelle je ne puis me livrer dans ce moment; je la réserve pour Fontainebleau où je me flatte que votre santé vous permettra de vous rendre. En attendant, aiez agréable de considérer que nous avons deux écueils à éviter, celui d'égarer la confiance des Hollandois, et celui d'exciter une trop grande défiance de la part des Anglois qui se porteroient à renouveller la guerre, si des mesures trop ostensibles annonçoient de notre part des vuës offensives sur l'Inde. Vous n'ignorez pas, Monsieur le Maréchal, que le secret avec les Républiques est impossible. D'ailleurs notre alliance étant purement défensive, il faut éviter soigneusement tout ce qui pourroit en altérer l'essence et lui donner un caractère plus allarmant. Le Roi ne veut point la guerre; l'intérêt et la situation de son Royaume justifient son amour pour la paix; nous ne pouvons donc éviter trop soigneusement tout ce qui pourroit contrarier une vuë aussi noble et aussi nécessaire.

J'espère, Monsieur le Maréchal, que votre santé bien rétablie vous permettra d'assister au Conseil jeudi; ce sera avec bien de la satisfaction que je vous féliciterai sur votre rétablissement, et que je vous renouvellerai l'assurance.... etc.

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9. - Castries aan Vergennes1). - Paris 10 octobre 1785. -

Je n'ai jamais entendu ni pu entendre, Monsieur le Comte, qu'il fallut retarder le traité à conclure avec la Hollande en se livrant à des négociations préalables qui en retardent la signature. Je suis bien loin de le penser, mais je désirerois qu'en le terminant ou put couvenir de la nécessité de statuer sur les moyens d'exécution.

Les moyens préalables se rapportent tous aux trois articles consignés dans le mémoire que j'ai eu l'honneur de vous adresser, et qui doivent précéder tous les autres, parceque sans eux, on mettra sur le papier ce qu'on voudra, mais lorsque les circonstances rendront le traité utile, il se trouvera sans effet par l'impuissance dans les moyens, et par ignorance dans leur emploi.

M. de Grimoard dans le mémoire qu'il m'a remis de votre part entre dans beaucoup de détails auxquels les patriotes n'entendent rien, et qui seront choqués de toutes les précautions qu'une guerre éloignée exige. Je me propose donc de lui conseiller de persuader les amis de M. de Brantzen de la nécessité indispensable de mettre leurs colonies en deffense, de les convaincre que l'Inde sera perdue en trois mois et avant qu'on ne le sache en Europe, s'ils ne s'y préparent par des dispositions différentes de celles qu'ils employent dans ce païs-cy et dans l'Inde, à ne pas craindre les attaques de l'Angleterre.

C'est toujours dans des vues de défensive qne j'ai dicté le mémoire que j'ai eu l'honneur de vous adresser; c'est pour prévenir la guerre qu'il faut se mettre en état de la soutenir et c'est parceque je suis convaincu que vous ne maintiendrez la paix qu'en ôtant aux Anglois l'espérance d'avoir du succès contre nous et contre l'alliance que nous sommes prêts à contracter.

Ce principe posé, c'est à la prudence à diriger les moyens qu'il convient d'employer, sans perdre de vue que l'Angleterre sera encore trois ou quatre ans impuissante et que cette espace de tems est précieuse à employer. Vous pouvez mieux que personne, Monsieur le Comte, combiner toutes ces considérations.

Ma santé ne me permettra pas de me rendre à Fontainebleau avant huit ou dix jours; vous aurez vraisemblablement signé le traité avec la Hollande à cette époque, et convenu avec M. de Brantzen des vues ultérieures qui doivent marcher à sa suite. Pour moi je me bornerai à dire à M. de Grimoard qui est pressé de partir, qu'il doit se réduire à inspirer de bonnes dispositions générales et à les diriger dans les vues que M. de Brantzen lui a données. J'ai l'honneur.... etc.

10. - Vergennes aan Vérac2). - Fontainebleau 12 octobre 1785.

Cette lettre, Monsieur le Marquis, vous sera remise par M. le Comte de Grimoard qui se destine à entrer au service des Etats-Généraux et qui aspire à

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y être placé en qualité de major général. Le mérite reconnu de M. de Grimoard, les recommandations qu'il s'a procurées, notamment celle de Mgr. le Prince Henry de Prusse, doivent lui faire augurer un succès favorable à ses vues.

M. de Grimoard m'a communiqué un mémoire relatif à la deffense des possessions de la République dans l'Inde, qui semble réunir tout ce que la prévoyance la plus éclairée peut désirer; c'est sans doute l'objet capital qui doit l'occuper de préférence à tout, mais elle n'atteindra pas le but, si elle ne soulage pas la compagnie des Indes de la garde et conservation de ses principaux établissements tel que le Cap de Bonne Espérance, Trinquemale et même Batavia. Je ne m'expliquerai ministériellement, M. le Marquis, sur ces différents objets que lorsque l'alliance conclue nous donnera le droit d'exciter la vigilance des Etats-Généraux, mais notre façon de penser est si analogue avec ce que M. le Comte de Grimoard propose, que vous pouvez sans inconvénient accréditer et appuïer ses insinuations. Je suis persuadé que M. de Brantzen qui paroit avoir fort goûté ses idées, le recommandera fortement à ses amis. Je vous prie de vouloir bien lui donner également l'appui qui sera en votre pouvoir.

Grimoard (vervolgt Vergennes) had om een cijfer gevraagd, maar om geen argwaan in Holland te wekken is het beter dat hij zijn mededeelingen door Vérac laat overbrengen; Vérac moet daar afzonderlijke aanhangsels van maken opdat afschrift kan worden overgelegd aan Castries, ‘que tout ce qui a rapport à l'Inde regarde principalement’.

11. - Vergennes aan Grimoard1). - Fontaineblau 12 octobre 1785.-

Hij zendt hem bovenstaanden aanbevelingsbrief aan Vérac en een anderen aan Maillebois.

Votre objet, Monsieur, étant d'être admis au service des Etats-Généraux, rien ne peut mieux en prépaper la réussite que l'ouverture que vous y ferez de vos idécs comme étant le résultat de votre zèle pour la prospérité de la République. J'ai d'autant plus lieu de croire qu'elles seront bien accueillies qu'il est déjà question de mesures préparatoires dirigées à la vue de la formation du concert qu'il est important d'établir; mais pour qu'il ait toute l'utilité dont il doit être susceptible, il est de toute nécessité que les Etats-Généraux reprennent toute l'autorité sur les principaux établissements de l'Inde et qu'ils ne se reposent plus de leur deffense sur une Compagnie dont l'essence est l'économie et le gain. C'est, Monsieur, ce que vous ne pouvez mettre trop en évidence.

12. - Grimoard aan Vergennes2). - La Haye 18 novembre 1785. -

Hij is den 15den aangekomen, heeft Vérac en Maillebois bezocht, en met De Gijselaar en Van Berckel gesproken, die alle punten van de memorie
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(waarvan hij hun copie gelaten heeft) goedkeurden. De Gijselaar heeft hem bij zich verzocht te Dordrecht om de zaak nog nader te bespreken.

Les Hollandais ont pour M. le Marquis de Bouillé une si grande vénération que je ne doute pas que l'espoir de le voir à la tête de leurs forces dans l'Inde si la guerre se renouvelle, ne les fasse consentir à tout ce que la France exigera d'eux et qui pourra s'accorder avec la forme de leur gouvernement; elle est telle qu'il est souvent impossible de conclure les affaires avec la promptitude qu'on pourrait désirer.

13. - Grimoard aan Vergennes1). - La Haye 2 décembre 1785. -

Monsieur le Comte. - J'ai demandé le 30 de novembre aux patriotes leurs observations sur le mémoire que je leur ai remis le 17 du même mois; ils m'ont répondu que les affaires courantes ne leur avoient pas permis de les rédiger encore, mais qu'ils me les communiqueraient dans le courant de la semaine prochaine.

Ils sentent bien que le projet donne les moïens, si la guerre se renouvelle, de chasser les Anglais de l'Inde, de réduire la Grande Bretagne au même état de faiblesse que le Dannemark et la Suède, et de rendre les Provinces Unies la puissance dominante dans l'Inde, ce qui les fera monter au premier rang en Europe. Je sais, Monsieur le Comte, que les principaux patriotes sont d'avis de soulager les compagnies commerçantes de l'administration militaire des Colonies, et qu'ils agiront en conséquence dès que les circonstances le permettront. Vous avez eu la prévoyance de rédiger l'article X du traité d'alliance de manière qu'immédiatement après la ratification dudit traité, vous pourrez, Monsieur le Comte, autoriser ministériellement M. le Marquis de Vérac à demander des éclaircissements relatifs à la situation militaire des Colonies de la République. Cette demande fournira le prétexte de faire rendre compte aux administrateurs, et comme ils n'auront rien de satisfaisant à alléguer, on sera autorisé à expulser de l'administration ceux contre lesquels on a des griefs. Le sieur Boers et trois ou quatre autres mauvais sujets se verront congédiés sans pouvoir se plaindre raisonnablement. Alors on s'occupera de la révolution à opérer dans le système colonial de la République. Je crois qu'il serait déraisonnable et dangereux d'exiger des patriotes plus de promptitude que leurs formes ne le comportent, d'autant plus que leur crédit parmi le peuple n'est fondé que sur l'opinion qu'ils gouvernent suivant les loix fondamentales des Provinces Unies sans se permettre la moindre démarche inconstutionelle.

14. - Grimoard aan Vergennes2). - La Haye 9 décembre 1785. -

Monsieur le Comte. - J'ai eu le 6 de ce mois avec M. van Berkel une longue conférence dans laquelle nous avons examiné à fond les bases du projet relatif aux Colonies. M. van Berkel témoigne moins de défiance que

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M. de Geyslar. On ne pourrait lui reprocher que de ne pas sentir assez l'importance de quelques mesures militaires proposées dans mon mémoire, mais il n'est pas du métier. La première objection a porté, Monsieur le Comte, sur ce que l'arrangement relatif aux colonies de la France et de la République ne devait pas être offensif. J'ai répondu, que comme ledit arrangement ne serait qu'une suite du traité d'alliance, on ne pourroit le considérer comme offensif. M. van Berkel m'a dit ensuite que je faisais plusieurs demandes auxquelles les formes du Gouvernement et les principes de la République pourroient mettre quelqu'obstacle. Ces difficultés portent principalement sur les moyens de régler en cas de guerre le service militaire de l'armée française et celle des Hollandais.

M. van Berkel ne m'a point dissimulé que si l'on voulait agir précipitament, on courrait risque de tout gâter; qu'il connaissait mieux que personne les obstacles à surmonter, et qu'il s'occuperait soigneusement des moyens d'y parvenir. Il ne révoque pas en doute qu'il ne soit indispensable de soulager les Compagnies de Commerce de la défense des Colonies, et le Sr. Boers et consorts de leurs fonctions; il m'a dit en riant qu'il n'ommettrait rien pour opérer cette bonne oeuvre....

J'ai communiqué à M. van Berkel que m'étant aperçu qu'à différentes époques des quidams vêtus de Redingottes et coeffés de chapeaux rabatus observaient mes démarches, que M. le Chevalier Harris seul pouvait les mettre à ma suite; qu'il importait que je n'inspirasse ni ombrage ni soupçon, et que le seul moyen d'y réussir était de m'occuper de mon affaire: d'être admis au service des Etats-Généraux.....

Van Berckel dacht echter dat de Staten-Generaal bezwaar zouden maken, tenzij Vérac te kennen gaf dat zijn koninklijke meester het verlangde.

15. - Grimoard aan Vergennes1). - La Haye 12 décembre 1785. -

Monsieur le Comte. - Il y eut le 11 chez M. le Marquis de Vérac une conférence dans laquelle on arrêta le plan de conduite à suivre pour l'affaire des colonies. On convint qu'après avoir notifié le mémoire par lequel le Roi demandera à Leurs Hautes Puissances communication de l'état de leurs établissements coloniaux dans les différentes parties du monde, l'ambassadeur de Sa Majesté observeroit verbalement qu'il paraitrait conforme à la prudence de nommer ad hoc une commission secrète, afin que la situation des Colonies de la France et de la République ne parvint pas à la connaissance des ennemis naturels de la cause commune. On fera en sorte que les Etats-Généraux composeront cette commission des principaux patriotes, et qu'ils lui donnent le pouvoir de prendre avec le ministère français tous les arrangements susceptibles de mettre les établissements hollandais à couvert des entreprises qui pourroient être formées contr'eux. La commission sera ainsi autorisée généralement à conclure un traité ou arrangement secret, qu'on fera ratifier par les Provinces seulement quand

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les circonstances l'exigeront. Au préalable on se disposera à soutenir vigoureusement la guerre si elle se déclare....

M. van Berkel m'a dit qu'il était assuré de la pluralité des voix dans l'assemblée des directeurs de la Compagnie des Indes à la Chambre d'Amsterdam. Un autre patriote m'a démontré en présence de Monsieur l'ambassadeur qu'il était possible d'amener les Compagnies de commerce à demander elles-mêmes à Leurs Hautes Puissances de les soulager de la défense des Colonies, moyennant un abonnement dont elles verseraient le montant dans une caisse formée à cet effet.

Het zal nu gewenscht zijn, Vérac de noodige machtiging tot het indienen der bedoelde memorie te doen toekomen, alsmede een aanbeveling van Z.M. voor hem, Grimoard, om te worden in dienst genomen als generaal-majoor.

On m'a encore assuré aujourd'hui qu'il était essentiel que le sujet de mon voyage ici fut masqué ainsi, et que même on pourrait pour cette raison et de concert avec les patriotes m'envoyer à Loo visiter le Prince-Stadhouder. Ce voyage sans utilité réelle, entrepris dans la saison la plus froide de l'année, est plus propre à enrhumer qu'à instruire.

16. - Grimoard aan Vergennes1). - La Haye 16 décembre 1785. -

Ter begeleiding van een memorie over den Rijngraaf van Salm, die in Februari naar Parijs komen wil.

J'ai pensé, Monsieur le Comte, de vous instruire d'avance de ses vues particulières. Il a le dessein de voir M. le Marquis de Bouillé, pour qui il m'a déjà demandé une lettre que je ne lui ai pas encore remise, mais comme la conduite que M. de Bouillé doit tenir à son égard n'est pas indifférente, je lui mande de prendre à ce sujet vos ordres, que le mémoire ci-joint vous permettra d'établir sur des bases certaines. Je suis convaincu, Monsieur le Comte, que si on soupçonne que la révélation de ces secrets soit mon ouvrage, on me fera quitter le pays avec désagrément.

Mon mémoire2) a été envoyé aux principaux patriotes qui habitent Amsterdam; il n'y a pas d'autre manière de faire les affaires. M. van Berkel n'en donne communication qu'à ceux sur la discrétion desquels il peut compter.

Je prends des mesures afin que le traité ou la convention qui auront lieu pour les colonies, soient partagés en deux parties: l'une contiendra les stipulations politiques et sera en entier de votre ressort; l'autre uniquement relative aux objets militaires se discutera avec le Ministre de la Marine. Ce qui s'est passé avant mon départ m'a convaincu de la nécessité de cet arrangement; bien entendu, Monsieur le Comte, que la partie qui vous concerne directement doit être arrêtée et signée avant l'autre. Il y a un article portant, que les Commissaires de la République convien-

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dront avec le ministre du Roi chargé du département de la Marine d'un réglement relatif au service des troupes combinées et autres objets militaires, et que ce réglement, suite immédiate du traité, aura la même force que s'il y était inclus mot à mot.

Je présume, Monsieur le Comte, que vous trouverez que je n'ai pas perdu de tems.

Het is nu tijd dat Vérac bedoelde machtiging ontvange, en de zaak een aanvang neme. Vérac heeft evenwel niet het rechte inzicht in de militaire onderdeelen van het plan.

Je crois utile que vous ayez la bonté de m'employer à la discussion des objets de cette nature. M. de Vérac pourrait bien de lui-même m'en confier le soin, mais M. Caillard, quoique galant homme, paraissant d'un caractère jaloux et ombrageux, il serait possible qu'il en détournât l'ambassadeur, si vous n'avez la bonté de lui faire connaitre votre intention.

Pendant un voyage que j'ai fait dernièrement à Amsterdam, j'en ai visité l'amirauté, dans laquelle il n'y a pas de quoi armer trois frégates, cela fait pitié. C'est la faute du Sr. van der Hoop, fiscal de de cette amirauté (c'est à dire ministre de la marine) qui est un Anglomane fanatique. Les patriotes l'attaqueront incessamment: ils ont le projet de lui ôter son emploi, du moins M. van Berkel me le dit. Tandis que j'étais à Amsterdam, on commençait seulement à réparer les dommages, que le vaisseau l'amiral Ruiter a éprouvé au combat de Dogers-Banck!

Bijlage: memorie van Grimoard aan Vergennes over Salm:

Lorsque le Comte de Grimoard arriva à la Haye, M. le Marquis de Vérac lui dit, qu'il était indispensable de communiquer le projet de l'Inde au Rhingraf de Salm; qu'il avait la confiance entière des patriotes qui lui en parleraient certainement, et qu'il fallait se réserver à ses yeux le mérite de la confidence.

Le Comte de Grimoard ne put joindre le Rhingraf que deux jours après: les patriotes l'avaient déjà prévenu. Il accueillit M. de Grimoard poliment mais avec beaucoup de froideur; lui dit qu'il serait difficilement admis au service de la République, que les recommandations de la Cour de Prusse pour le Stadhouder ne lui serviraient à rien; que le projet relatif aux colonies ne paraissait pas de nature à réussir sans les plus grandes contradictions; qu'il ne le connaissait encore qu'historiquement, mais que celui qu'il avait conçu lui-même depuis longtemps paraissait plus analogue à la situation de la République.

Le Comte de Grimoard s'apparcevant que son arrivée inquiétait le Rhingraf, il ne négligea rien pour le calmer. Cet entretien furt court et l'ambassadeur du Roi en ayant été instruit, pria à diner le Rhingraf à qui on fit lecture du projet. Il l'écouta avec beaucoup d'attention, dit franchement qu'il ne pouvait rien objecter, mais que le dit projet lui coupait la gorge, puisqu'il était seur le point d'obtenir le commandement en chef des Indes hollandaises, et que toutes ses vuës seraient renversées par l'arrivée

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d'un général français de la capacité et de la réputation de M. le Marquis de Bouillé; qu'au surplus il craignait que sa démission ne déplut à une partie de la nation et n'inquiéta l'Angleterre au point de la décider à la guerre. Que lui, Rhingraf, avait toujours bien servi la France et les patriotes, qu'il jouissait de la confiance absolue de ceux-ci; que son crédit était inébranlable, et qu'il ne dissimulait pas le dessein de l'employer pour arriver à la tête du militaire de la République; que quand il avait fallu donner un successeur au Duc de Brunswick, dont l'expulsion était son ouvrage, il avait eu la précaution de n'employer l'influence du Roi de Prusse qu'en faveur d'un général assez âgé pour ne pas le priver longtemps du fruit de ses peines, et qu'en décidant S.M. Prussienne à proposer au Prince et à la Princesse d'Orange M. le Comte de Maillebois, il savait très bien que ce militaire fort avancé en âge et rongé de goutte était à peu près hors d'état d'agir. Le Comte de Grimoard observa au Rhingraf que sa politique pouvait compromettre le salut de la République, dont l'embaras eut été extrême si dans le courant d'une campagne son général se fut trouvé hors de combat. Le Rhingraf répondit en stile de corps de garde, qu'il s'en moquait, qu'au surplus, puisque la France voulait amener la République à un arrangement pour ses colonies, il ferait tout ce qui dépendrait de lui pour faire réussir les vuës du Roi; qu'elles ne pouvaient avoir de succès que par son crédit personnel; qu'il sacrifiait beaucoup puisqu'il valait M. de Bouillé; qu'il en savait autant que lui sur la guerre des colonies et sur celle qu'on peut faire en Europe; qu'il ne lui avait manqué que les occasions de manifester ses talens; qu'il s'était trouvé à cinq batailles ou combats; qu'il avait consacré sa vie à l'étude de la guerre, qu'il n'était pas né modeste mais très franc; que si M. de Bouillé conquérait l'Inde pour le compte de la République, la nation hollandaise le considérerait comme une divinité et lui accorderait une autorité sans bornes; mais que lui Rhingraf ne négligerait rien pour écarter ce rival dangereux; qu'il arrangerait les choses de manière que rien ne manquerait du côté de la République pour l'expédition de l'Inde; que M. de Bouillé aurait une commission très honorable pour commander en chef dans tous les établissements hollandais à l'exception de Batavia parcequ'on ne pouvait sans les plus grands inconvénients soustraire cette place à la compagnie des Indes; que c'était son sanctuaire et que la nation était trop ombrageuse pour y laisser jamais penétrer des étrangers. Que le Roi était assez puissant pour dédommanger lui Rhingraf des sacrifices qu'il était forcé de faire: qu'il réfléchirait aux prétentions qu'il se croyait fondé à établir; qu'il servirait avec zèle Sa Majesté, mais que si on cherchait à le tromper ou à lui susciter un concurrent, il croiserait efficacement toutes les mesures qu'on tenterait de prendre.

Ce discours jetta le Comte de Grimoard dans le plus grand étonnement. Il demanda à M. le Marquis de Vérac, quand le Rhingraf fut sorti, s'il avait réellement un pouvoir aussi étendu dans la République. L'ambassadeur répondit que rien n'était plus vrai et que sans lui on serait journellement fort embarassé, mais qu'il servait bien la France. M. de Grimoard

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observa, qu'on avait fait une très grande faute de laisser acquèrir à un simple particulier assez d'ascendant pour contrarier à son gré l'influence de la France, et que cette couronne n'avait que peu gagné à l'expulsion du Duc de Brunsvick, puisque les discours de son successeur futur annonçaient qu'il était déjà non moins puissant et non moins machiaveliste. On répliqua à M. de Grimoard que l'interêt du Rhingraf était de s'attacher à la France; il répondit que cela pouvait être, mais que la France n'était pas assurée pue l'intérêt du Rhingraf ne changerait pas.

Depuis cet entretien le Comte de Grimoard n'a rien négligé pour se rapprocher du Rhingraf, le voir fréquemment, connaitre à fond son caractère, gagner sa confiance et tenter de pénétrer ses vuës secrettes. Il croit déjà avoir réussi en partie et pouvoir le représenter jactant, imprudent quoique soupçonneux et défiant, et incapable, par orgueil, de dissimuler.

Le Comte de Grimoard pense s'être suffisamment assuré que les talens militaires du Rhingraf se bornent à bien discipliner et organiser un corps de troupes, qu'il est très ignorant sur le mécanisme de la grande guerre; qu'il n'a convaincu les patriotes de son habileté que par de grands mots et des lieux communs qui jettent de la poudre aux yeux de ceux qui ne savent pas les apprécier. Quand on lui observe qu'il se trompe sur un principe fondamental de la guerre, il répond: j'ai travaillé toute ma vie; j'ai été à cinq batailles, ainsi j'ai le droit d'avoir mon Opinion. -

Voici le détail des prétentions du Rhingraf. Il observe:

1o.que depuis que la France a formé le projet de s'unir avec la République il n'a cessé d'employer son influence sur l'esprit des principaux membres du gouvernement pour concourir au succès des vuës du Roi; que ses démarches ont toujours produit l'effet desiré, et qu'il peut prouver avoir refusé plus d'un million qu'on lui proposait pour embrasser les intérêts de la Grande Bretagne; refus d'autant plus généreux dit-il, qu'il est fort pauvre. Il ajoutte que la Cour de Londres consentait à lui sacrifier le Stathouder.
2o.que le projet relatif aux colonies lui est personnellement d'autant plus nuisible, qu'au moment que le Comte de Grimoard est arrivé, il allait conclure avec les Compagnies de commerce une convention par laquelle il s'engageait à leur fournir un corps de troupes allemandes de 6000 hommes, qui joint aux forces que les dites compagnies ont déjà dans les colonies, eussent formé un corps d'armée dont on lui confiait le commandement en chef; et que la rupture de cet arrangement néeessité par le projet apporté par le Comte de Grimoard, prive évidemment lui Rhingraf des avantages énormes qu'il était certain d'en retirer; qu'il ne balance pas à en faire le sacrifice au Roi, mais que la justice de S.M. ne lui permet pas de douter qu'elle ne lui procure les justes dédommagements qui sont à sa disposition. Qu'en conséquence, il se croit fondé à esperer:
1o.que la Cour de France employera toute son influence pour lui assurer la succession militaire de M. le Comte de Maillebois en Hollande; qu'il a personnellement la certitude de l'obtenir, mais que la protectien du Roi ne peut que produire un effet avantageux pour lui;
2o.que comme sa fortune n'est proportionnée ni à sa naissance, ni aux
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dépenses que nécessitent le rôle qu'il se trouve jouer dans la République, il espère que le Roi voudra bien lui accorder une pension ou rente viagére1) dont il puisse toucher annuellement le montant en secret, de manière qu'on ne puisse le soupçonner d'être pensionnaire de la France, ce qui lui serait personnellement préjudiciable et entraverait d'ailleurs la ferme résolution où il est de concourir dans tous les temps et dans toutes les circonstances à l'exécution des vuës particulières du ministère de France;
3o.que si la guerre a lieu, et que les circonstances dans lesquelles le dit Sieur Rhingraf pourra se trouver lui permettront de passer dans l'Inde, il demande à commander l'armée de la République sous les ordres de M. le Marquis de Bouillé et à le remplacer dans le commandement des deux armées, s'il se trouvait dans l'impuissance d'agir2);
4o.qu'on lui laisse le soin de composer l'armée hollandaise destinée pour les Indes des troupes et des officiers qu'il indiquera, et qu'il promet que les uns et les autres seront l'élite de ce que la République a de meilleur ou de ce qu'elle tirera de l'etranger3);
5o. (een detail betreffende de naar Indië te zenden troepenmacht);
6o.que dans le cas ou le Rhingraf resterait en Europe, il ne serait pas moins utile à la cause commune, soit en faisant réussir les demandes que la France pourrait faire à la République, soit en s'occupant de l'exécution d'un projet qu'il a formé, et qui consiste (si la guerre se déclare) à débarquer à la tête d'un corps de troupes en Irlande, qu'il prétend qu'on pourrait engager à une coalition avec les Provinces Unies des Pays-Bas. Le Rhingraf observe qu'il se charge de rassembler les troupes nécessaires, mais qu'au préalable il serait à propos que la cour de France lui fit connaitre son intention à cet égard et les moyens soit ostensibles soit secrets qu'elle jugerait à propos de lui procurer4);
7o.que la réussite du projet apporté par le Comte de Grimoard est
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absolument à la disposition du Rhingraf1); que les patriotes lui ont enjoint de leur communiquer ses considérations sur le mémoire apporté par le Comte de Grimoard, mais que d'avance il a voulu en faire part à ce dernier, ajoutant qu'il se prêterait à tout ce qui ne serait pas trop nuisible à la République et essentiellement contradictoire avec les formes du Gouvernement.

Le Comte de Grimoard a répondu à tout cela, que tout ce qu'il pouvait faire était d'instruire l'ambassadeur de France de ces demandes. Ce mot demande a été relevé par le Rhingraf. Il a prétendu que ses principes et sa situation ne lui permettaient pas de rien demander, mais qu'on pouvait lui faire des offres.

Le Rhingraf avait d'abord persuadé à l'ambassadeur du Roi que l'admission de M. de Grimoard au service de la République aurait de très grands inconvénients. Depuis il est venu trois fois chez M. de Grimoard uniquement pour l'assurer qu'il saurait triompher des difficultés, qu'il se chargerait de lui procurer incessamment le grade de général-major, et le priait de se reposer sur lui. Le Comte de Grimoard est persuadé que le Rhingraf peut réellement ce qu'il promet, mais qu'il veut moins lui rendre un service personnel que le capter, et le mettre dans ses intérêts. Le Rhingraf lui fait aujourd'hui des confidences; il lui a dit notamment qu'il travaillait à ôter l'armée au Stathouder, que la plupart des principaux officiers étaient déjà gagnés; que sous deux ou trois mois le Prince d'Orange serait sinon chassé, du moins réduit à rien, que c'était le projet des patriotes, et qu'il avait intérêt de les seconder, puisqu'ils voulaient mettre lui, Rhingraf, à la tête du militaire. L'objet d'un voyage secret qu'il fera incessamment en France, est de savoir au nom des patriotes les instructions définitives du ministre du Roi sur le Stathouder. Il dit que M. de Brantsen n'est qu'un garçon d'ambassade qu'il fera sauter quand il le voudra; il s'attribue la gloire de tout ce qui se fait ici. Une ville précédemment contraire aux patriotes se range-t-elle de leur parti, à l'entendre c'est son ouvrage. Le Prince d'Orange fait-il une fausse démarche, ce qui arrive souvent, c'est lui que la lui a fait suggérer. Si le Rhingraf fait le quart de ce qu'il s'attribue, il faut convenir que c'est l'homme le plus puissant de la République, et que très incessamment il y aura une influence au moins égale à celle de Guillaume III.

Le Comte de Grimoard a observé que le Rhinegraf malgré son esprit a beaucoup de singularités. Il a par exemple la manie de se croire un grand homme. Souvent il parle comme un inspiré, et du même ton qu'employerait la Providence si Elle s'entretenait avec des hommes. S'il voulait être de bonne foi, on est persuadé qu'il avouerait croire à la métempsychose et que l'âme d'un héros defunt est passée dans son corps. Il est toujours botté et éperonné, porte un grand sabre, une coëffure et un vêtement extraordinaires, assez semblables à ceux avec lesquels on représente Charles XII. La plus grande partie de ses idées sont romanesques.

L'influence du Rhingraf est-elle réellement aussi grande qu' il veut le

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faire croire? Dans le cas où elle le serait, il n'y a que deux partis à prendre: l'un de décrediter le Rhingraf pour diminuer son influence qui est de nature à inquiéter; l'autre de le gagner, et de le mettre dans la dépendance absolue de la France, de manière qu'il ne puisse jamais se tourner contr'elle.

17. - ‘Examen du mémoire de M. de Grimoard’1).

On établit sans façon: 1o. l'assertion singulière qu'un général français doit être chargé préférablement à tout général hollandais du commandement des troupes; 2o. que ce général doit être M. le Marquis de Bouillé. On peut répondre à la première assertion qu'elle est injurieuse au militaire hollandais, et qu'elle pourrait bien paraître tout aussi déplacée à la République, qui en bonne politique ne saurait adopter une mesure tendante à livrer une si grande et si importante partie de son existence à la direction d'un étranger.

Au second membre de la proposition on peut objecter, sans déprécier M. de Bouillé, qu'on ne conçoit point que ce général ait plus d'aptitude qu'un autre pour commander aux Indes Orientales. Sans doute, les principes généraux qui doivent diriger une guerre dans l'Asie sont à peu près les mêmes qu'en Amérique; marcher, camper, combattre, appartiennent à tous les tems et à tous les lieux, mais les connaissances topographiques et politiques sont distinctement locales, et M. de Bouillé n'a jamais été à portée d'acquérir celles de ce genre qui doivent faire la provision d'un général destiné à militer dans l'Inde. D'ailleurs en le désignant à la fois pour l'Afrique, l'Asie et l'Amérique, ne lui assigne-t-on pas un département trop vaste pour un seul homme qui ne peut être en tant de lieux en même tems? Un tel projet serait chimérique! il n'y faudrait pas moins de trois Bouillé et on ne nous en offre qu'un! apparamment, parce que c'est un homme unique!

18. - Vergennes aan Vérac2). - Versailles 15 décembre 1785. -

Je joins ici une réponse pour M. de Grimoard; cet officier est tout à fait sorti du cercle dans lequel il devoit se renfermer, et comme il ne nous convient point qu'il s'érige en négociateur, vous verrez que je lui mande de s'arrêter. Les Républicains sont trop susceptibles de méfiance et il peut en résulter trop d'inconvéniens pour que nous n'en préservions pas les patriotes en mettant beaucoup de réserve et de mesure dans notre conduite.

19. - Vergennes aan Grimoard3). - Versailles 15 décembre 1785. -

Il ne s'agissoit d'autre chose que de faire sentir aux patriotes la nécessité de retirer des mains de la compagnie les forts situés dans l'Inde, et cet objet ne devoit être effectué que par des insinuations. Vous avez vu par vous-même le mauvais effet qu'ont produit les autres ouvertures que

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vous avez faites aux deux pensionaires. Comme il nous importe d'empêcher que l'on prenne en Hollande de l'ombrage sur nos intentions, et que l'on ne nous soupçonne de vouloir régenter la République, il est nécessaire que vous arrêtiez toutes vos négociations parceque quelque réserve que vous y mettiez, on les regarderoit toujours comme notre ouvrage, ce qui ne sauroit nous convenir en aucune manière. Ne perdez pas de vue, Monsieur, que c'est d'accord avec M. de Brantzen que vous vous êtes rendu en Hollande, et que ce sont ses idées combinées avec les vôtres que vous avez dû présenter, et nullement celles du ministère du Roi: on a dû suposer le contraire d'après le projet de mémoire1) que vous avez redigé.

Een aanbeveling kan Z.M. hem niet geven:

Le Roi peut consentir que ses sujets servent d'autres puissances, mais il ne peut ni veut les recommander pour cet effet.

Ook zou een aanbeveling hem slechts verdacht maken:

.... vous manqueriez le but de votre voyage qui est de vous concilier la confiance des patriotes en entrant au service de la Republique sous les auspices de M. de Brantzen.

20. - Grimoard aan Vergennes2). - La Haye 26 décembre 1785. -

Zelfverdediging:

.... je n'ai pû user de la voie d'insinuation, parceque les patriotes n'allant jamais dans la societé, on ne les voit que très rarement, et seulement quand on a obtenu un rendez-vous, de manière qu'il m'eut fallu dix ans pour remplir mon objet.... Je rappelle à ce que m'a dit M. le Maréchal de Castries: que si les Hollandais tardaient à se décider, il retirerait de l'Inde la plus grande partie des troupes françaises, dont l'entretien était fort dispendieux pour le département de la marine.

La dernière fois que je vis M. de Brantzen, il me recommanda de cacher à ses compatriotes qu'il eut connaissance du projet qui m'a fait venir en Hollande, car, ajoutait-il, ce serait le moyen de les prévenir contre le projet et contre vous. Les patriotes se méfient de lui au point que je me compromettrais absolument en faisant ce que vous désirez de moi. Je convins avec l'ambassadeur du Roi que nous dirions l'un et l'autre aux patriotes que le projet en question qui était mon ouvrage, ne devait être regardé actuellement que comme une confidence particulière et amicale, mais que s'ils le jugeaient digne de leur attention, on pourrait dans la suite s'en occuper plus sérieusement. J'alléguerai en outre qu'à l'époque de mon arrivée à la Haye il était question pour les colonies de la République de plusieurs projets peu analogues aux vues du ministère francais, et qu'on ne pouvait en prévenir l'admission prochaine qu'en prouvant sans délai aux

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patriotes qu'il existait des idées plus avantageuses pour la Hollande que celles dont ils étaient occupés.

Depuis le 12 de ce mois j'ai suspendu toute discussion relative au projet des colonies; ainsi j'ai prévenu les ordres contenus dans votre lettre du 15. Les voies sont préparées de manière que si l'ambassadeur du Roi reçoit ordre d'entrer en négociation, il aura la certitude de n'être exposé de la part des patriotes à aucune discussion longue et difficile à terminer.

Als een openlijke aanbeveling van zijn persoon door Z.M. onmogelijk is, verzoekt hij ‘de bons ofices secrets,’ want de invloed van Brantsen is veel te gering.

21. - Grimoard aan Vergennes1). - La Haye 27 décembre 1785. -

Mistroostige brief, gesteld na het lezen van eenige schrijver betreffende regels uit een particulieren brief van Vergennes aan Vérac. - Verzoek om naar Parijs te mogen gaan; over een maand of wat kan hij dan misschien als generaal-majoor terugkeeren, zonder achterdocht op te wekken. Vóór dien tijd kan de zaak van zijn indienststelling niet geregeld zijn.

22. - Vérac aan Vergennes2). - La Haye 23 janvier 1786. -

Het vertrek van Grimoard biedt gelegenheid hem dezen brief mede te geven. Wat de hoofdzaken betreft, het sterker maken van Indië en het overleg met Frankrijk aldaar, is de memorie van Grimoard uitstekend opgenomen door de patriotten, maar in de détails was veel dat niet toepasselijk was. Salm is door de patriotten gemachtigd de gansche zaak met Vergennes te bespreken.

On entrera ici en négociation sur ce point lorsque vous jugerez qu'il en sera temps; mais vous avez dû voir que nos amis avoient une sorte de répugnance à traiter ici une affaire de cette importance par une voie qui ne seroit pas ministérielle, et il sera nécessaire alors que vous ayez la bonté de m'envoier les instructions, dont j'aurai besoin. L'opération préliminaire et indispensable, comme vous l'avez jugé vous-même, Monsieur le Comte, est de retirer des mains de la compagnie des Indes la partie d'administration relative au militaire. Les patriotes s'en occupent avec zèle et sont même dans le cas de se flatter que ce ne sera pas sans succès.

23. - Beraadslaging in het personeel besogne van Holland3).

Besoigne O.I.C., 25 Mey 1786.

Praesentibus omnibus.

Op missive O.I.C. van 17 December 17854) nopens defensie.

Gijzelaar: ibi5) breed de etablissementen verhandeld. Quaeritur of raedzaem dat Leden Besoigne kwamen in gedetailleerde nagang van dit werk,

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die 't métier militair raken, - te meer daer etablissementen zeer geëxtendeerd zijn en in slegten staet. Etablissementen Engeland zijn in beter staet als Republicq, en die zouden ons kunnen overvallen.

Ergo te zeggen etablissementen zijn groot, slegt, veel kosten nodig alvorens te herstellen, men heeft geen adminiculen, 't welk en détail te developperen.

En dan maken tot object St. Lubin en Salm, niet tot direct onderwerp, want is secreet, met wien men ook verder met St. Lubin1) gesproken heeft.

Daerom in generale termen voor te dragen, dat ondertusschen zich een middel opdeedt, 't welk bij provisie moet worden genomen bij de hand, en waer door defensie was te herstellen.

Berkel: 't middel zou daer op neer komen dat men van officien St. Lubin zal gebruik maken, die allersecreetst zijn, en anders zou men van erger nature worden; zo dra in Engeland men hier iets van merkt, zal men in de voorbaet zijn.

Noodzaeklijk hun Ed. Gr. Mog. voor te slaan om 't middel te doen afhangen van 't diepst geheim -, en of in dit singulier geval qualificatie of commissie om met St. Lubin werkstellig te maken.

Bij O.I.C. te behandelen was goed, maar kunnen geen geheim bewaren en moeten vallen in de handen van veele kamers.

Van Wijn: ik begrijp alles hangt af van secretesse.

ik weet geen beter middel,

maer ik vrees ik zal 't moeten overneemen2),

en die overneeming zelfs zal eclateren, zaken doen navorschen, en ons dit wel eens nadelig zijn.

Nederburg: weet geen beter middel, - maar met Van Wijn.

Rijser: zaek moet secreet worden behandeld. Secreete commissie te benoemen. Maer die secretesse zal nieuwsgierigheid gaende maken.

Raedpensionaris conform met voorzittende heeren nopens nuttigheid van van het plan, 't geen hem alle hoop zou kunnen doen opvatten voor 't nut Compagnie, maer kan het geschieden door geheime praeparatie in de steden, om niet over te nemen, - dan zal deliberatie elimineren.

24. - ‘Mémoire sur les Indes Orientales, remis par M. le Rhingrave de Salm’3). - (Mai 1786). -

Met afschrift der onder no. 3 afgedrukte memorie, welke de Rhijngraaf zegt in October 1785 te hebben aangeboden ‘aux principaux Directeurs bien intentionnés de la compagnie des Indes Orientales en Hollande.’ - Om het geheim te bewaren, hadden zijn vrienden en hij bedacht, door de Compagnie zelve vier heeren te doen aanwijzen, ‘autorisés à pourvoir à la Défense de ses Possessions’:

L'esprit et les formes de la compagnie rendent l'établissement de ce

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comité très difficile. Nous avons été arrêtés par le membre que la Zéelande doit y fournir, et nous touchons au moment de nous procurer sous peu de tems l'individu sur lequel nous avons jetté les yeux.

Daarna, had men voor, zouden twee vertrouwde personeu naar Voor-Indië vertrekken om de subsidietractaten te sluiten; de te leveren troepen zouden volgen:

Je me suis engagé d'avance à tirer ces Trouppes d'Allemagne, ce dont j'ai prouvé avoir la facilité par les fortes levées que j'y ai faittes en dernier lieu, et en fort peu de tems. Pour dérober ces Envois extraordinaires à la vigilance anglaise, on songeait à couvrir leur destination par des capitulations feintes avec la France et l'Espagne, afin de les expédier des ports de ces Couronnes par des Vaisseaux frettés à cet effet, sans compter ce que nous pourrions faire partir ouvertement et clandestiment de la Hollande même. La compagnie croiait d'ailleurs pouvoir se mettre à couvert des récriminations anglaises en faisant passer les Trouppes en question sans son aveu formel à la solde des Princes indiens, sous mon nom, comme spéculation de commerce, semblable à celle que plusieurs Princes allemands ont faite pendant la dernière guerre en Amérique.

Le Projet devait être appuyé par une meilleure direction des affaires militaires de la Compagnie aux Indes. Le plupart des Emploïés, qui pillaient impudemment sur cet article, ne voulaient pas en entendre parler. On força leurs répugnances dans un moment d'Embarras: il leur fallait 10 millions pour s'en tirer; sans crédit ils recourrurent à la Provincie de Hollande qui garantit cette somme sous la clause expresse que la compagnie se soumettrait à ouvrir au plustôt ses Livres à une commission de l'Etat nommée pour cet effet, et surtout à pourvoir à une meilleure défense de ses possessions, seules hypothèques du capital garanti ou avancé. Depuis ce moment, quelques-uns des principaux Directeurs plus traitables me demandèrent un Plan d'après lequel on pourrait former, recruter et discipliner les Trouppes de la compagnie, fortifier ses places, et garnir convenablement ses arsenaux. Je suis actuellement occupé de ce travail, et j'ai vu avec plaisir qu'il y a de quoi entretenir 9 à 10 mille hommes de bonnes trouppes. Les opinions des principaux Directeurs de la compagnie commencent à se réunir sur un point important, qui est de verser le fonds des dépenses militaires dans les Caisses de l'Etat.

Après avoir disposé toutes choses de manière à être mûres pour l'exécution, les Membres de notre Gouvernement dont l'influence entraine la multitude, se proposaient de communiquer leurs vues au Cabinet de Versailles, afin de convenir d'un plan de défense commune contre l'ennemi commun. Le comité secret de la compagnie était destiné pour sanctionner cc concert.

Nous en étions à ce point, lorsque le comte de Grimoard nous apporta un projet qui, quoique différent du nôtre dans les détails, nous convainquit à notre grande satisfaction, que la Cour de Versailles s'occupait alors d'un objet dont le commerce et par conséquent le salut de la République

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dépend évidemment. La Hollande divisée en factions et gênée par les longueurs des formes républicaines doit être entrainée aux mesures nécessaires à sa propre conservation. Pour cet effect on supplie:

1o.que l'ambassadeur du Roi soit chargé de demander à notre compagnie des Indes Orientales communication de tout ce qui concerne l'état de défense de ses Possessions, en offrant la réciprocité de la part de la France, afin d'établir pendant la paix un concert d'opérations en cas de guerre.
2o.il faudra emploïer tous les moïens de persuasion et d'influence pour déterminer la compagnie à se dessaisir le plustôt possible de l'administration militaire de ses possessions coloniales entre les mains de l'Etat.
3o.il sera indispensable d'établir une commission militaire pour diriger tout ce qui concerne la défense des colonies.
Ten slotte geeft de Rijngraaf te kennen dat hij gaarne met de opperste leiding der gansche zaak zoude worden belast.

25. - ‘Résultat des mémoires respectifs remis par le Rhringrave ou qui lui ont été remis’1). - 19 juin 1786. -

Men verlangt: 1o. overdracht van het militair bewind in Indië aan de Staten-Generaal; 2o. benoeming in Nederland eener staatscommissie tot de defensie van Indië, op voorwaarde dat een kundig militair aan het hoofd sta. Deze commissie moet uitgebreide macht hebben en niet belemmerd worden door een commissie van Compagnie's wege te stellen tusschen eerstgemelde en de Staten-Generaal:

Si ce comité intermédiaire a lieu, il aportera certainement de la lenteur dans les opérations et peut-être des embarras; mais à cet égard on se borne à faire connaitre ses craintes, sans se permettre de prononcer sur les circonstances intérieures qui peuvent rendre cette commission intermédiaire plus ou moins utile à rejetter ou à accepter.

Men maakt uit 's Rijngraafs memorie op, dat