Oeuvres complètes. Tome XIX. Mécanique théorique et physique 1666-1695


auteur: Christiaan Huygens


bron: Christiaan Huygens, Oeuvres complètes. Tome XIX. Mécanique théorique et physique 1666-1695 (ed. J.A. Vollgraff). Martinus Nijhoff, Den Haag 1937


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 i.s.m. 
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[p. 247]

Programmes généraux et programmes de physique.

[p. 249]

Avertissement.

L'Académie Royale des Sciences, aux jours de Huygens, se réunissait en général le mercredi pour les séances de mathématiques, et le samedi pour celles de physique1). Les mathématiques embrassaient la mécanique2) et l'astronomie, tandis que la ‘physique’, comme nous l'avons déjà dit à la p. 201, comprenait toute l'histoire naturelle. Mais on reconnaissait qu'il y a une grande liaison entre toutes ces sciences1).

Les programmes publiés aux p. 23-28 qui précèdent ont trait aux séances du mercredi; les programmes généraux I et I bis qui suivent se rapportent évidemment aux deux groupes. Huygens n'y dit rien sur la chimie, l'anatomie ou la botanique, mais il parle de plusieurs sujets appartenant à la physique dans le sens restreint qu'on donne aujourd'hui à ce mot.

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Le programme, ou plutôt le discours (en majeure partie historique), II se rapporte exclusivement à l'astronomie. La Pièce III, où l'astronomie prédomine, a un caractère plus général: Huygens y parle e.a. des machines et des modèles qu'il est désirable d'en construire1); vers la fin il y est question d'astronomie et de physique en même temps: les lunettes servent pour l'une comme pour l'autre.

Quant aux programmes ‘physiques’ IV et V, la physique, dans le sens restreint du mot, y forme avec la chimie le groupe des ‘effects naturels’ qui est le sixième dans V. A et le cinquième dans V. B (mais voyez aussi le premier groupe de V. B).

 

Puisque Huygens dit tant dans la Pièce IV que dans la Pièce V, qu'il faut ‘travailler... a peu pres suivant le dessein de Verulamius’ - en 16872) il parle encore de l'‘egregia... Verulamij methodus, et quae amplius excoli mereatur’ -, il convient de dire quelques mots de ce philosophe en tant qu'il paraît avoir eu de l'influence sur Huygens.

Le mérite de Fr. Bacon3) - baron de Verulam depuis 1618 - gît plutôt dans les généralités que dans les détails4).

Nous avons rappelé à la p. 14 que l'énumération des sujets à étudier est un des principes de Descartes; nous pouvons ajouter maintenant que Bacon a lui aussi des énumérations de ce genre.

Dans le ‘Novum Organum’ de 1620 Bacon dit e.a. que dans le domaine de la science il faut chercher la vérité dans l'étude expérimentale de la nature plutôt que dans les livres d'une certaine époque5). Dans cette étude le raisonnement doit se joindre aux expériences6). Il ne faut pas tâcher de s'élever immédiatement, comme les anciens, à des conclusions générales7). Celles-ci ne peuvent être obtenues, de préférence sous la forme mathématique, qu'à la fin8). Il faut distinguer les expériences

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instructives de celles qui visent l'utile9). Tout phénomène est dû à de fort petites particules, il s'agit donc de comprendre leur nature10).

Nous citons plus loin quelques passages qui se rapportent à la chaleur, à la lumière, à la gravitation etc.11).

Dans les expériences de 1692 de Huygens sur l'électricité12) on voit la coöpération étroite de l'expérience et du raisonnement. Il y évite l'introduction prématurée de formules mathématiques.