(naar Walt Whitman)
(naar Walt Whitman)
(naar Walt Whitman)
(naar Walt Whitman)
(naar Walt Whitman)
Chante ta jeunesse, toi qui es jeune et, tandis qu'autour de toi s'agite le monde multicolore, tiens-toi debout au milieu, les yeux bien ouverts; écoute ce que chaque souffle de vent t'apporte et chante, reflète, recrée. Pas de statue froide et muette! Chante quand t'illumine le rouge matin, soupire quand la brise t'effleure de son soupir, pareil à ces harpes qui dans le vent du soir marient leur plainte à la mélodie des arbres. Et si l'océan et le ciel déchaînent leurs tempêtes autour de toi, chante avec eux; et si la bataille fait fureur, lutte aussi et jette au vent l'hymne guerrier; que le cri de passion soit la chanson qui sonne! O! chante quand ton âme tout entière se soulève comme la mer, qui sent ses profondeurs bouillonner! Que ton chant anime toute ta vie active: chansons de joie et de douleur et de colère, d'amour et de haine; mais que toujours, calme et haute dans le front qui pense, la Vérité domine le poème et le chant! Pas de soupirs faux ni de larmes feintes! Pas de masque sur le visage des poètes du Nord! Ne fais pas de ton âme un instrument vain qui rit ou geint selon qu'on tourne la manivelle; mais la vie, comme tu la sens vivre en toi et autour de toi, force-la de vivre en ta chanson, ô Poète, sincère et fidèle comme un enfant!
(naar Albrecht Rodenbach)
(naar Albrecht Rodenbach)
O les immortelles étoiles, si haut au-dessus de ma tête mortelle, les saintes étoiles où la foi confiante de l'enfant me promettait un ciel, pour le jour où ces yeux se fermeront à jamais et ce corps sera porté vers la tombe; ô les silencieuses, les incompréhensibles étoiles! ô les légions de mystères de la nuit!
Cher, le jour est si bruyant et si vain, tout à ses petites mesquineries, et les hommes renient leur âme, et qui s'inquiète de la vie éternelle? Viens avec moi vers la nuit sacrée qui nous appelle de tous ses regards d'étoiles, qui nous enveloppe d'un souffle d'amour et nous verse le vin de l'espoir.
Cher, un jour nous mourrons, tous deux, ensemble ou chacun tout seul, et la tombe est si profonde et le ciel si haut, et nul ne sait si Dieu vit. Et je n'ai que la voix de mon coeur qui me promet lavie éternelle, et les saintes, les immortelles étoiles, si haut audessus de ma tête mortelle.
(naar Hélène Swarth)
Ce qui me reste de vie, je voudrais le laisser s'écouler en mélodie aussi tendre que le léger clapotis du ruisseau, las de serpenter et de jouer sur les pierres, et qui se perd enfin dans la grande eau calme... Car, à quoi bon, ce coeur, dont toute l'ardeur brûlante est à jamais inutile et qu'un seul espoir intéresse encore: la douce mort, un peu plus tôt, un peu plus tard...
J'ai tant aimé, de ce grand coeur passionné! Maintenant mon âme, qui cherchait la joie suprême et la suprême souffrance, retombe impuissante jusqu'aux bas-fonds de la vie, et après toutes ces vacillations inquiètes, elle, qui chercha toujours à se donner dans sa plénitude, elle ne demande plus qu'un peu de repos, un peu de sympathie, un peu de mélodie...
(naar Prosper van Langendonck)
(naar René de Clercq)
(naar Grégoire Le Roy)
Bénissez ce soir, mon Dieu: nos mains reposent; et si nos membres ont connu le vêtement des plus étranges voluptés et notre désir le sentier de l'illusion la plus insolite: maintenant nos yeux sont fatigués comme de ceux qui vont mourir... - Votre vie pèse doucement sur les feuilles immobiles; la paix de vos yeux entoure tous les vergers; et nous, qui soupesions chaque fruit dans nos mains et qui riions, nous voilà comme des étrangers, baissant la tête sous votre paix et la vie de vos yeux...
Bénissez ce soir, mon Dieu... Dans chaque sillon le geste de votre pitié laisse une paisible semence; de votre amour est né calmement un lac de roses; votre miséricorde fait resplendir un soleil clément; et dans mes yeux brûle la paix de votre visage... - Et nous sommes tristes, mon Dieu, malgré qu'autour des vieux plis de notre lourd vêtement de passions, vous laissiez descendre, plus douce que ne fut jamais la tendresse d'un amour, la tendre bonté de vos fluides rayons du soir...
Bénissez ce soir; bénissez, mon Dieu. Nous nous tairons. - Résigné et apaisé dans la mort, douce comme le soir, notre esprit tourmenté se penchera vers votre poitrine, comme un enfant lourd de sommeil s'abandonne bienheureux au giron de sa mère. Bénissez... La bénédiction de votre paix plane sur les rameaux ployés, qui se balancent selon la respiration des oiseaux endormis. Bénissez... La pure nuit montera autour de notre vie, et la solitude de nos jours se tournera vers vous, comme vers un jour radieux une paisible aurore.
(naar Karel van de Woestijne)
Images de ma mort, je porte en moi les regards clairs de votre tendre domination, et la chaude caresse de vos vêtements qui glissent... Je ne vous connais pas, mais me réjouis en vous, car vous restez jeunes à travers les temps, et le temps répand autour de vos chevelures les plus douces aurores.
Je vous aime. Vous êtes à moi; je vis, je vis de vous; vous, qui étendez mes jours comme une couche et laissez vaguer l'haleine tiède de votre approche autour de mes tempes... - Je voulais me reposer; mais je vois vos yeux me regarder avec tant de bonté incomprise et de triste joie, que je voudrais dormir maintenant dans votre paix éternellement.
Vous venez à moi. Vous êtes les images de ma douce mort... Que vous êtes jeunes! Je vois votre bouche s'ouvrir pour la simple parole qu'attendait cette paix nouvelle... Je suis si léger. Je suis un enfant qui suit humblement les signes de votre affable sagesse, et ma nouvelle jeunesse respire à vos côtés.
(naar Karel van de Woestijne)
(naar Karel van de Woestijne)