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Busken Huet in Parijs



illustratie
De gedenksteen op het sterfhuis van Cd. Busken Huet in Parijs. (Foto: Olf Praamstra)

De gedenksteen voor Busken Huet in Parijs - een initiatief van de Maatschappij - is op 11 juni 1986 onthuld.

's Morgens tegen elf uur had zich een vijftigtal belangstellenden voor het pand 107, rue de l'Université verzameld. Dank zij de goede samenwerking tussen de Nederlandse ambassade (in het bijzonder de heer C.J. Huijbregts, hoofd voorlichting), de vereniging France-Hollande en het Parijse stadsbestuur was ter plaatse alles uitstekend voorbereid. De straat was gedeeltelijk afgezet, gereinigd en autovrij gemaakt. Vlaggen, spreekgestoelte, geluidswagen en onthullingsdoek: het getuigde allemaal van een zeer professionele aanpak.

Na een kort welkomstwoord van dr. H.L. Wesseling, voorzitter van de Maatschappij, hielden de heer Joël Lainé, conseiller de Paris, en mr. M. Vegelin van Claerbergen, de Nederlandse ambassadeur te Parijs, elk een korte toespraak. Vervolgens gingen zij gezamenlijk tot de eigenlijke onthulling over. Dank zij de gastvrijheid van de heer en mevrouw Strasser kon de Maatschappij na afloop een cocktail aanbieden in het Institut Néerlandais.

Toespraak van de heer Joël Lainé, lid van de gemeenteraad, namens de burgemeester van Parijs

Monsieur l'Ambassadeur, Mesdames, Messieurs,

 

La cérémonie qui nous réunit aujourd'hui est particulièrement agréable à un élu parisien car elle traduit la constance de l'amitié qui, au-delà de leur capitale respective unit nos deux pays. Devant son Excellence Monsieur Vegelin van Claerbergen dont la présence rehausse l'éclat de cette cérémonie, je suis heureux de porter, au nom de Monsieur le Maire de Pairs, un nouveau témoignage de ce sentiment d'amitié.

Il s'exprime au demeurant sous le plus aimable signe puisque c'est celui de la littérature, domaine où nos deux pays se sont bien souvent rencontrés. Et le nom de Busken Huet dont nous commémorons ce matin la mémoire s'inscrit tout naturellement dans cette communauté d'art et de culture qui les a réunis au cours de leur histoire respective.

C'est à Paris, semble-t-il, que cet écrivain semble avoir trouvé l'environnement propice à l'expression de ses

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idées dans un climat de liberté que, dès son plus jeune âge, il a voulu totale. Nul n'eut plus que lui le goût de l'indépendance - Pasteur protestant de l'Eglise Wallonne de Hollande, il se dégagea de ses liens sacerdotaux dès qu'il se sentit en désaccord avec les exigences de sa mission apostolique - Ecrivain consacré après le retentissant succès de ses lettres sur la Bible, journaliste renommé, il n'hésita pas à quitter son pays pour Java où il fonda un journal qu'il devait continuer à diriger de Paris où il décida de se fixer pour y passer les dernières années de sa vie.

Ce choix n'était en fait que l'aboutissement d'une lente maturation. Il nourrissait pour la langue et la culture française une dilection qui l'avait conduit à de nombreux séjours dans notre pays. Depuis toujours, les écrivains français avaient été ses auteurs préférés et c'est vers la critique littéraire qu'il se tourna pour mieux les approcher.

Si la littérature est la conscience de la vie, la critique est la conscience de la littérature. Elle ne peut donc se borner à constater et à classer, elle doit jouer le rôle d'un phare et quelquefois celui d'un moteur. Intercesseur des oeuvres auprès du public, il lui appartient de les découvrir, d'en dénoncer les taches ou d'en révéler les beautés.

Busken Huet fut pleinement fidèle à cette triple exigence. Lecteur infatigable, il passa les romans et les essais les plus marquants de son temps au crible de son ironie et de sa perspicacité. Par sa fécondité, on l'a parfois comparé à Sainte-Beuve dont il fit d'ailleurs le portrait littéraire dans un essai très élogieux - mais un Sainte-Beuve plus distant, moins soucieux de l'anecdote qui, s'il ne fut pas toujours infaillible - certaines de ses critiques ne sont pas exemptes d'un étrange aveuglement-, sut conserver intact son désir de connaître et d'admirer.

Ce besoin d'admirer, il le marqua également à l'égard de son pays d'origine dont, malgré son éloignement physique il resta toujours très proche. C'est à cette exigence que nous devons ce qui furent sans doute ses chefs d'oeuvre, Le pays de Rubens et Le pays de Rembrandt; ces deux géants de la peinture hollandaise furent pour lui une source d'inspiration lointaine et pénétrante.

Dans la maison devant laquelle nous sommes aujourd'hui réunis, Busken Huet demeura très exactement un an. Il y vécut au 4ème étage et y mourit la plume à la main. Renan, Taine, Sully-Prudhomme s'y sont croisés et, grâce à eux, grâce à lui, cet immeuble fut, le temps de quelques saisons, un des hauts lieux culturels de notre capital.

Le Conseil de Paris ne pouvait que s'associer au dernier hommage rendu à la mémoire de Busken Huet dont le nom, inscrit dans la pierre, perpétuera le souvenir.

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