Septentrion. Jaargang 17


auteur: [tijdschrift] Septentrion


bron: Septentrion. Jaargang 17. Stichting Ons Erfdeel, Rekkem 1988


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 i.s.m. 

Un oratorio de Vondel exécuté trois siècles plus tard

Le plus grand poète néerlandais Joost van den Vondel, dont on vient de célébrer le quatre centième anniversaire (17 novembre 1587), s'adressa avec obséquiosité à Cornelis Thymanszoon Padbrué (1592-1670), compositeur totalement oublié de nos jours. ‘Si tu veux chanter, je veux rimer’, ainsi incitait-il son concitoyen de Harlem. Les compositions suivantes furent le résultat de cette collaboration: d'un arrangement du Kruysbergh de Vondel en 1640 à ‘La louange de Jubal’ ('t Lof van Jubal) cinq ans plus tard et à ce 18 janvier où a été retransmise la représentation intégrale de l'oratorio ‘Les larmes de Pierre et de Paul’ (De Tranen van Petrus en Paulus) imprimé en 1646 chez Matthys à Amsterdam.

Malheureusement il manquait deux livrets de voix de sorte qu'en 1961, Frits Noske dut composer des voix pour une représentation presque complète. Tout récemment Bob van Asperen allait encore plus loin dans une version complète qu'il donna au Centre musical d'Utrecht. Dans sa reconstruction, il apporta des ajouts sous forme d'enchaînements instrumentaux dans le style statique de la pavane. Une très belle musique, certes, mais où manquait à mon avis l'élément dramatique. Là ne se trouve pas le point fort de Padbrué. Pourtant le sujet, un martyre, était chargé de pathos! En effet, il s'agissait plus d'un oratorio que d'un opéra. Pas assez de dissonances, trop sage. Mais, par contre, très musical. Aussi est-ce tout à fait à tort que le nom de Padbrué a sombré dans l'oubli. Sa force résidait toutefois davantage dans le style intime. Tout comme notre peinture s'est épanouie grâce à des proportions modestes, à des moments de réflexion, à la lumière qui éclaire de l'intérieur, aux jeux d'ombres, aux demi-teintes.

Padbrué a eu la malencontreuse idée de confier dans son oratorio les personnages de Pierre et de Paul à plusieurs voix: ce choix complique sérieusement l'identification de l'auditeur.

Parce que le sujet de la tragédie Pierre et Paul de Vondel (1641) est si typiquement romain, l'adaptation de Padbrué avait peu de chance de survivre. Peut-être son Oratorio aurait-il un plus grand impact de nos jours si Van Asperen intervenait davantage, je pense notamment à des décorations plus dissonantes. Mais sans doute est-il encore trop tôt. En effet, ce que Van Asperen a osé n'aurait certainement pas été admis du temps de Noske!

Ernst Vermeulen

(Tr. Ch. Gerniers)