pas de quoi vivre en Flandre-Occidentale, encore très touchée par la paupérisation des années 20. Il quitte son village et se refait une nouvelle existence comme mineur et briquetier au ‘pays noir’. Derrière ces simples faits se cache beaucoup de misère humaine. C'est la douleur d'un jeune homme qui doit quitter son pays natal et se retrouve dans un milieu qui lui est totalement inconnu et parfois même hostile. C'est ainsi que sont évoqués de manière passionnante, au travers du personnage principal et de son nouvel environnement cruel, un certain nombre de préjugés réciproques entre Flamands et Wallons, préjugés d'ordre social, religieux, communautaire ou même politique. Poppe parvient pourtant à surmonter ses problèmes de dépaysement et à se faire respecter dans le milieu ouvrier wallon. Avec une rapidité surprenante, il se qualifie non plus de ‘Flamand’, mais de ‘Belge’ et parfois même, ‘par inadvertance’, de ‘Wallon’. De ce fait, il devient un symbole de nombreuses générations de Flamands qui durent s'adapter tout à fait dans les mêmes conditions, et qui, malgré quelques années difficiles au début, y parvinrent sans trop de peine. Comme l'auteur l'indique au passage, certains devenaient même ‘plus wallons que les Wallons’.
Dans le même roman, Hasquin introduit de manière tout à fait inattendue un deuxième récit. Le personnage principal est soudain entraîné dans une déconcertante histoire de drame de guerre. La soudaineté du passage d'un thème à l'autre compromet à elle seule l'équilibre du développement. C'est indéniablement dans la première partie de l'oeuvre que l'on trouve les passages les plus intéressants. La sympathie et la compassion qu' éprouve Hasquin pour la Flandre comme pour le milieu particulier des ouvriers wallons donnent lieu à quelques scènes émouvantes.
Hans Vanacker
(Tr. M. Cayol)
rené-pierre hasquin, Une mouette flamande en Wallonie, Éditions Scaillet, Montigny-le-Tilleul, 232 p.